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[critique] Cannibal Holocaust

Écrit par Wesley

Une équipe de journalistes composée de trois hommes et une femme se rend dans la jungle amazonienne à la recherche de vrais cannibales. Bientôt, la troupe ne donne plus aucun signe de vie. Le gouvernement américain décide alors d’envoyer une équipe de secours sur place. Celle-ci retrouve, grâce à une tribu amazonienne, les cassettes vidéos de la première équipe, qui renferme le terrible secret de leur disparition…

Note de l’Auteur

★★★★★★★★★☆


Date de sortie : 22 avril 1981
Réalisé par
Film italien, colombien.
Avec , ,
Durée : 1h 26min
Bande-Annonce :
http://www.dailymotion.com/videox8qgaw

Voilà un film qui me tient particulièrement à cœur : . Film culte pour certains, une abomination pour d’autres mais injustement méconnu par certains car très peu distribué à l’époque dans notre cher pays qui le trouvait vide de sens et beaucoup trop tendancieux pour être montré. Et tendancieux n’est qu’un bien faible mot une fois le film vu. Je précise qu’il ne s’agit pas réellement d’une critique mais plus d’une récapitulation, d’une rétrospective de faits inconnus de beaucoup qui ont accompagné le film pendant des années et nourrit ainsi un mythe indémodable.

Pour la petite histoire, est un film italo-colombien réalisé en 1980 par qui fut entièrement filmé dans la forêt amazonienne. Dans cet enfer vert somptueusement mis en scène, le spectateur suit les pérégrinations de quatre reporters qui s’enfoncent dans cette moiteur suffocante, moiteur palpable à chaque instant, pour réaliser un documentaire sur les tribus aborigènes cannibales. Le groupe disparait et deux mois plus tard, une expédition de secours part à sa recherche.

Le film est donc divisé en deux parties : nous suivons dans un premier tant les recherches de l’équipe de secours envoyée sur place puis le mystère est levé sur le dénouement mais surtout (fait le plus intéressant du film) les raisons qui ont poussé à ce dénouement lorsque les bobines de tournage de leur film sont retrouvées. Je dis très intéressant car , accompagné de ses scénaristes et , ne se gênent pas pour dresser une critique ouverte du métier de journaliste et notamment sur la notion de propagande et de manipulation des faits. Là réside l’une des grandes forces de .

En plus d’avoir inventé les concepts de télé-réalité avant l’heure et de caméra embarquée (et non n’a rien inventé, loin de là !), dresse une critique féroce de notre société dite civilisée, critique grinçante qui nous laisse devant notre propre reflet du miroir, un reflet que l’on a bien du mal à admettre. Ainsi, remet certes en cause nos actes par rapport aux amazoniens mais remonte beaucoup plus loin dans l’histoire car il remet en cause tout notre fonctionnement d’homme blanc : du massacre des mayas en passant par celui des indiens d’Amérique, tout nous revient en pleine gueule. Au passage, si la littérature sur le sujet vous intéresse, un très bel ouvrage, peut-être le plus grand qui existe sur le sujet, est disponible : Enterre mon cœur à Wounded Knee de (un peu de pub ne fait pas de mal, surtout quand c’est éducatif !).

Pour en revenir au film, on ne peut bien évidemment parler de sans évoquer la grandeur de ses effets spéciaux. Resituons les faits dans leur époque : 1980. Très controversé vous l’aurez compris à force de le répéter, deux choses font parler de ce film dès sa première en Italie. D’abord, l’arrestation pour délit d’obscénité du réalisateur puis la saisie du film par un magistrat italien. Les raisons de cette saisie sont plutôt surprenante : Deodato est accusé d’avoir réellement tué les protagonistes de son film, un tel réalisme paraissant impossible pour l’époque. Le réalisateur devra donc refaire devant le tribunal les scènes marquantes du film (celle du poteau en particulier) et ramener les acteurs présumés morts. Le problème était donc de taille puisque les protagonistes étaient soit des habitants de l’Amazonie soit des acteurs américains quasi méconnus. Les retrouver ne fut donc pas une simple affaire.

Ajoutons à ces faits la mort (réelle cette fois) de six animaux (deux singes, un rat d’eau, un cochon, un serpent et une tortue géante) dont dû répondre le réalisateur. Sa réponse fut claire, expéditive et pour la moins surprenante : ces animaux auraient été tués et mangés quoiqu’il arrive par les tribus cannibales et les quotas de chasse ont été respectés. Pas de quoi en faire tout un plat donc.

C’est pour ces diverses raisons que fut le film le plus censuré de l’histoire du cinéma. Durant à peine plus de 80 minutes, le film a été censuré de plus de 30 minutes dans certains pays et continue, encore aujourd’hui, à susciter de vives réactions chez les réfractaires de cette violence dite gratuite (viols, castration, amputation, cannibalisme, pornographie…) et sans intérêt (ou en tout cas qu’ils prétendent comme tel).

Heureusement, ou malheureusement, ces réactions en chaîne n’ont pas eu raison de l’engouement du public, ou plutôt des cinéphiles, pour puisqu’elles n’ont réussi qu’à renforcer le mythe, et un mythe bien ancré dans les mœurs. C’est peut-être le secret de la durabilité d’un film comme qui est un chef-d’œuvre de la série B. Et ce n’est certainement pas la magnétique B.O. de (mélodie sublime qui contraste avec les scènes d’horreurs se déroulant devant nous et qui reste graver dans notre mémoire à tous jamais) qui viendra nous dire le contraire.

En clair, si vous n’avez pas vu un film de ce gabarit, honte à vous ! Vous savez désormais ce que vous allez regarder ce soir à la télé.

BlogBang

Vous, qu'avez-vous pensé du film ?

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8 commentaires »

  • 1... serge milon dit :

    Tombé dessus par hasard, en colo, à 13 ans, l’année de sa sortie
    non seulement j’ai été scotché ce soir là mais depuis maintenant 30 ans, je le considère comme un film culte, tout à la fois grandisoe et malsain.
    Aucun pote cinéphile ne le connaissant, je croyais jusqu’à ce soir être tombé sur un obscur opus jamais réellement sorti
    Puis, en allant voir Paranormal Activity, j’évoquai Blair Witch, of course mais aussi, ce Cannibal Holocaust, comme une sorte de mythe fondateur, incroyablement inconnu
    Enfin, il y a une justice : je vois qu’on le cite abondamment dans les références de paranormal activity (qui possède plusieurs chuttes, attention)
    du coup, je ne sais si je dois me commander le cannibal Holocaust ou si je ne dois pas rester sur ce fabuleux et terrifiant souvenir d’adoleescence, sorte de dépucelage du film d’horreur (pour une première, il y a pire !!!)

    serge milon n’a pas noté cet article.
  • 2... Wesley (auteur) dit :

    @ Serge Milon : un conseil, achète ce film tu ne le regretteras nullement et je pense même que tu le regarderas avec un œil encore plus admirateur.

    Wesley n’a pas noté cet article.
  • 3... intelligent fix dit :

    dans le même genre il y avait aussi le trop rare « Cannibal World. »

    intelligent fix n’a pas noté cet article.
  • 4... SERGE MILON dit :

    Merci du conseil
    A vrai dire, je l’ai déja commandé sur price minister, presqu’aussitôt ma question posée sur ce blog
    j’ai hâte de le revoir
    mais j’appréhende un peu d’être déçu, comme quand on retrouve un copain d’enfance
    En tout cas, grâce à vos commentaires, je vais le voir avec un oeil plus mûr & plus informé
    MERCI !!!

    SERGE MILON n’a pas noté cet article.
  • 5... Wesley (auteur) dit :

    @ Serge Millon : j’espère juste que le DVD que vous recevrez n’est pas une version censurée du film, version qui n’a bien évidemment aucun intérêt à être visionné.

    Wesley n’a pas noté cet article.
  • 6... SERGE MILON dit :

    DVD enfin reçu
    Avec, sur la jaquette la mention suivante : « version non censurée »
    ouf !!
    le problème, c’est qu’avec mes 4 gosses à la maison, ma femme ne veut pas que je le regarde dans la journée
    et le soir, j’ai peur de flipper au point de ne plus pouvoir en dormir
    d’autant que j’habite à la lisière d’une fôret (à Angoulême, mais quand même) d’où l’on entend parfois la nuit d’étranges bruits
    même si l’on ne recense aucun cas de disparition …

    Bon, tr^ve de plaisanterie : je trouve un moment pour le mater et je reviens sur ce blog si sympa

    SERGE MILON n’a pas noté cet article.
  • 7... Serge MILON dit :

    Wouahou !
    Quelle claque !
    On ne sort assurément pas indemne d’une telle séance !
    Mais je ne serais pas aussi dithyrambique que la critique ci-dessus

    Certes le principe de la caméra embarquée, bien avant Blair Witch (qui est à Cannibal Holocaust ce que Céline Dion est aux Beatles, c’est à dire pas grand chose) nous met carrément dedans
    (au sens propre, puisque l’on se sent parti dans la fôret mangeuse d’hommes avec nos jeunes explorateurs mais aussi au sens figuré car on est piégé par le procédé de la caméra subjective)

    D’autant que rien ne nous est épargné : les soubressauts d’une caméra à l’épaule pendant que le filmeur marche ou court, les problèmes de son, de lumière, les mauvais cadrages, les coupures, les scènes sans intérêt ou au contraire, celles où le caméraman arrive en courant, mais trop tard, sur un incident, ou encore quand l’un des jeunes aventuriers, en l’occurence Tina, demande au filmeur de ne pas filmer (ou plutôt au voyeur de ne pas mater) en se fâchant et en bousculant la caméra

    Même les marques disgracieuses de coups de soleil sur les corps de nos aventuriers rendent encore plus criant ce petit côté « documentaire réellement réel et donc sans mise en scène esthétique »

    C’est cette caméra subjective qui avait dû tant me secouer, à 13 ans : je me demande même si je n’ai pas cru, à un moment, être face à un réel document

    Sur le fond, 8 ans avant, John Boorman et son (aussi) cultissime « Délivrance » nous démontait déja en flèches, (c’est le cas de le dire ici -Cannibal Holocaust- comme là -Délivrance-) le mythe de la Nature ( et ses autochtones) forcément belle et gentile contre la Ville (et ses résidents) forcément moche et méchante; mais ici, on franchit un cap : celui d’une horreur insoutenable

    Délivrance, à côté, c’est les Bisounours

    Maintenant, la question qui se pose est : était-il nécessare d’en faire autant (dans l’horreur) pour faire passer ce message de la cruauté de la Civilisation sur les êtres dits primitifs, sur les risques de la course à l’audience pour les producteurs ou de la course à la notoriété et à l’argent pour les acteurs-réalisateurs (séance dramatiquement drôle quand nos héros, sur le point de se faire massacrer, pensent surtout à filmer pour concourir dans la course aux statuettes)

    Peut-être,
    mais n’y a-t-il pas néanmoins un peu de complaisance dans ces images, souvent insoutenables, de violence gratuite ?

    On peut penser que les animaux égorgés , émasculés, dépecés, décapités et dont l’agonie ne nous est pas épargnée par une caméra zoomeuse, sont là pour faire monter la sauce et préparer progressivement le spectateur au pire des spectacles

    Il est vrai que l’horreur, d’abord douce, commence à monter, crescendo, vers le plus en plus insoutenable, les scènes finales étant le « comble du paroxysme » de l’horrible horreur

    Admettons donc pour l’ultra violence et n’écoutons pas les pisses-froid qui se pâment devant leurs séries ou films asseptisés où la cigarette est bannie

    Mais n’y a-t-il pas alors quelque chose de kitch dans la réalisation ?
    A commencer par la bande son, qui donne certes encore plus de force aux images insoutenables par contraste mais qui fait bien pâle figure en début de film : ce synthé froid , caractéristique des séries B des 80 ‘s et qui annonce systématiquement et donc un peu lourdement toute scène de violence
    On est même au paroxysme du kitch lors de la scène des naïades : je croyais avoir zappé par mégarde et être tombé sur un bien fadasse « Emmanuelle en Amazonie » quand je les ai vus s’ébrouer dans la marre, sur fond de musique d’ascenseur

    Mais reconnaissez que les premières images sont kitchissimes avec ce professeur et ce chef de guerre qui s’expriment de manière doctorale et quelque peu sur-jouée pour permettre au spectateur de comprendre que :
    1. le curare est un poison mortel
    2. la dose d’antidote est insuffisante
    3. ils veulent venger Oliviera…
    On se croirait ici dans un roman photo ou dans un « Tintin en Colombie » filmé dans l’esprit de la BD
    et encore, je ne parle pas du pouce levé du professeur Monroe, et son coup d’oeil en coin, au moment de partir, pour montrer son optimisme

    Procédés un peu rudimentaires aussi que d’entre-caler des images d’animaux sauvages en nous faisant croire qu’ils font face à nos aventuriers (on se croirait ici dans les 1ers Tarzan, si cultes mais si kitchs aussi)

    D’un autre côté, cela donne du charme à ce film de série B, qui, s’il avait disposé de plus de moyens, serait devenu une super-production avec acteurs oscarisés et gominés et scènes censurées

    ENfin, quelques surprises, tout en décalage :
    par exemple,
    les interviews que mène l’anthropologue de l’équipe de recherche auprés des proches des jeunes disparus : chacune est extra, nous plongeant dans un univers différent, avec le papa meurtri et soulagé de reparler de son fils, l’autre père, qui lui, a mieux à faire que de répondre aux questions de la Télé qui a déja tué son fils ou la soeur souer (ouah ! j’y crois pas : comment peut-on être soeur et aussi différentes…je blaaaaague…) : la scène de l’interview de la bonne soeur-soeurette est extra, avec les enfants de la chorale qui chantent devant la mare au cygne, accompagnés d’un joueur de flute : enfin un peu de poésie, en centre ville, das ce monde sauvage des sauvages de la forêt

    Mais je suis dur
    je me doutais que je n’aurais peut-être pas dû revenir sur ce souvenir (forcément enjolivé) de mon adolescence :
    du coup, j’ai été obnubilé par une sorte de démysthification …

    c’est quand même un sacré p.. de bon film qui fait froid dans le dos & chaud aux miches, qui rend mal à l’aise et fait réfléchir,
    un choc, quoi !

    Serge MILON

    Serge MILON n’a pas noté cet article.
  • 8... Lenox dit :

    L’absurdité même du cinéma dans toute sa splendeur.

    Mais bon, si ça vous fait bander de voir des gens se faire massacrer gratuitement en sachant que certaines images sont réelles, c’est que vous avez un sacré problème…

    Mais je ne suis même plus étonné du niveau de perversion morale des humains lorsque je vois 9 étoiles pour cet étron de la part d’un soit disant critique de cinéma.

    Lenox a noté cet article : Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1Lenox a donné la note de 1

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