[critique] 4h44 Dernier Jour Sur Terre

Rédigé par Maxime

Publié le 14 janvier 2013     Critiques, [critique] Drame, [critique] Fantastique, [critique] Science-Fiction Aucun commentaire |     1 896 lectures

Affiche du film 4H44 DERNIER JOUR SUR TERRE

New York. Cisco et Skye s’apprêtent à passer leur dernier après-midi ensemble. C’est l’heure des adieux, l’occasion d’une ultime étreinte. Comme la majorité des hommes et des femmes, ils ont accepté leur destin. Demain, à 4h44, le monde disparaîtra.

Note de l’Auteur

★★★★★★★★★☆

Date de sortie : 19 décembre 2012
Réalisé par
Film Américain
Avec ,
Durée : 2h22min
Titre original : 4:44 Last Day on Earth
Bande-Annonce :

La fin du monde selon  : New York évidemment, un loft, un couple ( et , compagne du réalisateur), des écrans. Le dispositif est épuré sans être minimal. Beaucoup de professionnels de la critique cinématographique ont reproché la pauvreté du film, dans l’écriture comme dans la mise en scène (cf. Le masque et la Plume du 30.12.2012). Ici, nous pensons tout le contraire. Le spectateur se doit d’être actif, partie prenante d’un film fourmillant d’idées, bien qu’inégales.

Photo (1) du film 4H44 DERNIER JOUR SUR TERRE

La force principale de l’œuvre est son idée de l’apocalypse. Oubliez, si ce n’est pas déjà fait, 2012, sa grandiloquence et son sensationnalisme. Dans 4h44. Dernier jour sur Terre, la fin est programmée, pas de lutte pour la survie. L’issue est scellée dès les premières minutes du film, la fin est factuelle, scientifique. Pourtant, rien ne change. Les livreurs livrent, les voitures roulent et respectent le code de la route, les piétons marchent et ne courent pas. Le monde va, sans soubresaut, vers sa fin. La fatigue de soi à son paroxysme. Calmement, prend à contre-pied un certain fantasme de fin du monde (que représenterait 2012) pour en filmer une réalité bien morne. Nous ne sommes pas si loin de la phrase d’Albert Camus : « L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ». L’idée inconvenante que ma mort (et celle du monde accessoirement) peut advenir une journée tout à fait ordinaire.

Photo (2) du film 4H44 DERNIER JOUR SUR TERRE

est cinglant, face à une mort imminente et certaine, les hommes demeurent très exactement les mêmes. Aucune spiritualité ne leur tombe dessus, nulle révélation ni épiphanie ; les personnages restent au chaud dans leur amertume, leurs regrets, leur culpabilité. Les vieilles rancunes d’ex-amoureux rejouent une ultime partition, les démons de l’addiction ressurgissent et ainsi de suite.

Si le constat est âpre, le réalisateur conserve un ton moqueur et ironique (cf. la conversation déphasée et hallucinée entre et le Dalaïlama ou lorsque le présentateur du JT rend définitivement l’antenne).

est cinglant, face à une mort imminente et certaine, les hommes demeurent très exactement les mêmes.

Les écrans, le film en est rempli. Tous différents, ils sont partout car adaptés à chaque usage, le smartphone dans le canapé, la tablette sur la table de la cuisine, l’ordinateur baladé et enfin la télé trône. La bande sonore est sans cesse saturée d’une ou plusieurs sources d’informations. Brouhaha. Toute information est ainsi au même niveau, sans hiérarchie, imperceptible. Une profonde angoisse nait ici, quelque chose que nous ressentons tous et qu’ met en images et en sons. Dans cette cacophonie, quelque chose d’essentiel se joue. Sur-sollicité émotionnellement et intellectuellement, l’information véritable devient inaccessible. Tout est là mais indiscernable.

Nous pourrions pousser plus loin la critique tant le film, loin d’être parfait, est original et dévoile beaucoup de pistes de réflexion. La mise en scène est inventive et pédagogue, est parfait (alors que  en est loin).

A voir et à prolonger…

Auteur de l'article : Maxime

Né le 03.12.1985 | Profession : Volontaire International | Réalisateurs préférés : Joel et Ethan Cohen, Stanley Kubrick, Woody Allen, Quentin Tarantino, Tim Burton, David Fincher... | Films préférés : A serious man, No country for old man, Barton Fink, 2001 l’odyssée de l’espace, Manhattan, You don’t mess with the Zohan, Reservoir Dogs, Kill Bill 1& 2, Inglorious Basterds, Big Fish, Edouard aux mains d’argent, Retour vers le futur 1, 2 & 3, Le parain, Forrest Gump, Le seigneur des anneaux (trilogie), Usual Suspects, American Beauty, Fight Club, Bienvenue à Gattaca, Il était une fois en Amérique, Le bon, la brute et le truand, Star Wars 3, 4, 5 & 6, Black Swan, Apocalypse Now, Eternal Sunshine of the spotless mind... | Séries préférées : Lost, Dexter, 24, How I met your mother, The big bang theory, Misfits, Friends...

Voir mes autres articles

Mots clés : , , , ,

Et vous, qu'en pensez-vous ?

1/102/103/104/105/106/107/108/109/1010/10 Votez !
Loading ... Loading ...


Nous vous conseillons ces articles :

  • [box-office] Analyse de la semaine du 19 au 25 décembre 2012 – France
    Un an après la sortie d'INTOUCHABLES, revoici Omar Sy en tête d'affiche de DE L'AUTRE COTE DU PERIPH qui prend la seconde place d'un top hebdomadaire toujours dominé par LE HOBBIT UN VOYAGE INATTENDU, c'est la moind...
  • [critique] Bad Lieutenant
    Un flic pourri et drogué accumule les dettes. Lorsqu'une nonne est violée par deux hommes dans une église, celle-ci place une récompense sur la tête des deux criminels. Le Lieutenant voulant payer les dettes qui m...
  • [critique] Le Chasseur
    Martin, un mercenaire européen à la solde d'une société de biotechnologie anonyme est envoyé en Tasmanie pour capturer le dernier spécimen de tigre de Tasmanie. Cette mission remettra en cause son travail et sa mo...
  • [critique] Daybreakers
    En 2019, les vampires ont pris le contrôle de notre planète. Les humains ne sont plus qu'une petite minorité, entretenue uniquement pour nourrir la population dominante. Edward Dalton est un vampire qui travaille ...
  • [critique] Anonymous
    C’est l’une des plus fascinantes énigmes artistiques qui soit, et depuis des siècles, les plus grands érudits tentent de percer son mystère. De Mark Twain à Charles Dickens en passant par Sigmund Freud, tous se de...