[critique] Return

7 septembre 2011 Critiques, Prochainement, [critique] Drame Aucun commentaire •••     151 lectures

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Affiche du film RETURN

De retour après avoir accompli son service, Kelli meurt d’impatience de retrouver son ancienne vie, son paisible quotidien dans une ville de la Rust Belt américaine. Mais peu à peu s’installe le sentiment que ce quotidien n’est plus ce qu’il a pu être. Un fossé se creuse entre Kelli et son mari Mike, qui ne comprend pas ce qu’elle a traversé. Ses amis sont affectueux mais semblent préoccupés par des broutilles. Sa fille Jackie réclame plus d’attention qu’elle ne peut en accorder, et son employeur ferme boutique…

Note de l’Auteur

★★★★★☆☆☆☆☆

Date de sortie : inconnue
Réalisé par
Film américain
Avec , ,
Durée : 1h38min
• Bande-annonce (VO) :

Image de prévisualisation YouTube

, artiste et vidéaste issue de l’Ontario College of Art and Design, écrit et réalise ici son deuxième film après FernWeh – The opposite of homesick : . Ce second opus a déjà été remarqué au par ses quatre nominations : Caméra d’Or, Prix Europa Cinéma, Prix SACD et l’Art Cinema Award. Il concoure à présent au . Se rajoute à ce remarquable parcours un synopsis attrayant qui semble nous promettre un film d’auteur fin, dont la force résiderait dans le jeu d’acteur. Les apparences sont parfois trompeuses.Si nous pouvons facilement lui trouver des qualités, ce film, malheureusement, n’en reste pas moins fade.

Une déception qui trouve sa cause principalement dans l’écriture des personnages et surtout dans celle du protagoniste principal, Kelli, une femme qui revient du front. La construction de ce personnage semble se proclamer « subtile ». Nous pouvons estimer que les interminables silences et l’inaction la plus totale ont pour mission de définir les émotions de Kelli. Je veux bien l’admettre théoriquement, mais il y a un gouffre entre un personnage qui est triste et qui dit « je suis triste », tout en l’écrivant sur son journal intime que nous voyons grâce à un gros plan explicite… et un personnage au visage neutre durant 1h30. Justement, opte pour cette seconde voie. C’est un choix. Un choix qui offre à ce long-métrage une apparence intellectuelle. Ainsi, les nombreuses nominations qu’il a reçu ne sont pas une surprise. En réaction aux déclarations de qui cite notamment comme l’une de ses influences, certains écriront même que est un «  au féminin ». Et à mon sens, c’est excessif. Nous sommes très loin de l’œuvre de .

Si nous pouvons facilement lui trouver des qualités, ce film, malheureusement, n’en reste pas moins fade.

Tout simplement, le film est ennuyant. Ennuyant parce qu’il tente de trop bien faire. Ennuyant parce que l’actrice n’exprime rien, ne dit rien, ne vit rien. Impossible de s’attacher à ce personnage et ce, malgré la forte proximité de la caméra sur Kelli. En parallèle, les actions de son mari () sont un peu excessives : lui qui n’a pas attendu sa femme du front, qui a trouvé une maîtresse, saute sur la première « faute » de sa femme pour divorcer et avoir la garde de ses enfants. En tant que spectacteur, je suis propulsée d’une certaine manière, comme Kelli, dans un monde que je ne comprends pas et qui ne me comprend pas. Néanmoins, il était agréable de retrouver pour la seconde fois cette année durant le (). Un acteur remarquable qui nous prouve qu’il sait tenir des rôles foncièrement différents.

Bien évidement le message est clair: la direction d’acteur donne un certain sens au film, traduit plus ou moins bien le traumatisme d’une guerre (ou est-ce pour éviter de prendre le risque de tenter une approche plus complète?) et se déclare indubitablement « film intimiste ». Ce temps qui parait mort, en décalage avec soi même, respecte à priori les « émotions » de Kelli. Mais tout cela ne semble que la copie d’un bon élève qui sait donner du sens à on film grâce aux images, aux rythmes et à la direction d’acteur. Mais ma question est: le cinéma doit-il être apprécié en tant que quête de son propre langage ou pour le plaisir qu’il peut procurer? Le débat reste ouvert…

Photo du film RETURN

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Auteur de l'article

Alexandra

Née le 03.02.1984 | Profession : Etudiante en cinéma | Réalisateurs préférés : Tim Burton, Clint Eastwood, Cédric Klapish, Alejandro Amenabar, Ingmar Bergman, Hitchcock, David Lynch, Darren Aronofsky, les frères Quay, Stanley Kubrick, Michel Gondry... | Films préférés : Les autres, Mystic River, Million dollard baby, Vanilla sky, Sin City, Moulin Rouge, The hours, L’auberge espagnole, Les Noces funèbres de Tim Burton, Requiem for a dream, Funny Game U.S., Vertigo, La science des rêves...

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