Camarades de collège, Diana et David Murphy se sont mariés très jeunes et éprouvent l’un pour l’autre un amour grandissant. Mais leurs professions sont frappées par la récession. Pour faire face aux traites, il leur faut réunir d’urgence 50 000 dollars, qu’ils comptent gagner en jouant à Las Vegas. Là, ils ne tardent pas à tout perdre. John Gage, un milliardaire étrange et séduisant, fait à David une surprenante proposition : un million de dollars en échange d’une nuit d’amour avec Diana.

Note de l’Auteur

★★★★★★★☆☆☆

Date de sortie : 12 mai 1993
Réalisé par
Film américain
Avec , ,
Durée : 1h57min
Bande-Annonce :

http://www.dailymotion.com/video/xc645x

Le griffon est un animal fabuleux pourvu d’un corps de lion et d’une tête d’aigle. Il court, il vole, il est deux fois roi.  Un gentleman par excellence tel que John Gage peut décider d’en faire son emblème, attendu que la vie lui a donné la fortune, pouvoir terrestre et le charme, pouvoir associé aux cieux. John le milliardaire achète une belle femme mariée dans le besoin. La prostitution est bien vécue par la femme parce que John est beau, prévenant et mûr. immoral reste . Sans un centime, il aurait toujours été un seigneur. L’argent n’est qu’un bout de chiffon, un pauvre petit prétexte pour , sa conquête.

explore le désir sous le désir, la forme repliée dans le tissu noir. John Gage et Diana Murphy font connaissance à Las Vegas, capitale légendaire du jeu. Le fameux dessous des cartes si cher à Barbey d’Aurévilly révèle ici une belle provocation : rien n’est répréhensible, tout est une question d’angle. Le péché compte moins que le pécheur.

Quel juge condamnerait un homme riche qui tire profit de la détresse matérielle d’un jeune couple alors que cet homme riche prouve sa générosité ? Quelle féministe jetterait des pierres à une femme qui vend son intimité pour une nuit, avec l’accord de son mari, mais tire son épingle du jeu en mettant les deux hommes, le pauvre et le riche, à ses pieds d’amazone ? Personne ne résiste à . Ni Redford qui veut l’épouser, ni Harrelson qui veut la retrouver. D’objet de transaction, la femme, comme toujours, finit par porter la ceinture.

filme avec simplicité cette étonnante théorie de la relativité, bien plus proche d’une certaine philosophie indienne de l’illusion que de nos vain efforts de borner nos valeurs. Comble de l’illusion, le mari cocu est architecte. Résultat ? Il échoue piteusement à consolider les fondations de son propre couple. Admiré pour son regard sur la tentation, le cinéaste anglais à qui l’on doit , , et , signe ici une œuvre qui en dix-huit ans n’a pas pris une ride.

Servie par trois comédiens des plus appropriés, elle appartient à un genre que l’on pourrait qualifier d’érotique cérébral, le libertinage étant plus idéologique que démonstratif. Néanmoins l’idée sent la sueur. A sa manière, cette idée suggère que nos accords, nos lois, nos règles ont un poids irréel de baudruche qui ne demande qu’à crever, ne l’oublions pas. Alors que nous reste t-il ? Est-ce qu’on peut au moins le murmurer ?

Article lu 2 286 fois
  • Max

    Bonjour, j ai lu votre excellente critique du film proposition indescente et je voulais vous remercier car vous sembler comme moi avoir fortement apprécié celui ci qui m à marqué par son originalité. Max