Affiche du film WAKING SLEEPING BEAUTY

Au milieu des années 80, les légendaires studios d’animation de Walt Disney traversent une passe difficile. L’avenir se joue entre les nouveaux artistes avides d’innovation et les anciens qui refusent de céder le contrôle. C’est dans ce contexte que le studio enregistre quelques échecs historiques qui ont pu faire penser que l’âge d’or de l’animation était passé. Ce film retrace la façon dont Disney a retrouvé sa magie sur une période de dix ans avec une série de succès comme La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin et Le Roi Lion.

Note de l’Auteur

★★★★★★★☆☆☆

Date de sortie : 6 octobre 2010
Réalisé par Don Hahn
Film américain
Avec Tim Burton, John Lasseter, Don Bluth, Rob Minkoff, Jeffrey Katzenberg, Ron Clements, Michael Eisner
Durée : 1h26min
Titre original : Waking Sleeping Beauty
Bande-Annonce :

Ce documentaire montre les coulisses de la machine Disney par sa branche animation et traite, à la manière d’un instantané de cette époque, du retour au succès des dessins-animés de la firme entre 1984 et 1994, de Taram et le Chaudron Magique à Le Roi Lion (récemment ressorti en 3D dans les salles obscures). De nos jours, on n’imagine plus ce studio en difficulté mais le gadin pris par Taram à sa sortie (moins de 6 millions d’entrées) avait fortement fragilisé le métier historique de Walt Disney Company, largement plus rentable sur son merchandising et ses parcs d’attractions.

Waking Sleeping Beauty raconte sans animosité ou sympathie excessive la mise en place des changements internes qui ont ramené l’animation Disney sur le devant de la scène avec notamment un trio de dirigeants à l’entente fragile et aux egos forcément immenses, Michael Eisner, Roy Disney (neveu de Walt) et Jeffrey Katzenberg. Le film suit autant que possible un ordre chronologique même si parfois les projets menés en parallèle perdent un peu le spectateur. Composé de voix-off et d’images d’archives, Waking Sleeping Beauty va à l’essentiel et traite plus précisément de l’entreprise que de l’animation en elle-même : c’est le visage humain des relations entre responsables, animateurs et créatifs qui sont au coeur de ce documentaire.

Photo (1) du film WAKING SLEEPING BEAUTY

Un documentaire assez objectif sur les recettes de la remontée de Disney dans les années 80-90 mais peut-être un peu trop centré sur les orientations stratégiques et opérationnelles que sur le vrai travail créatif.

En effet, on apprend de ci de là diverses anecdotes liées à des choix de montage de certains films (comme « Partir Là-Bas » dans La Petite Sirène) ainsi que l’analogie voulue des films Disney avec la structure de comédies musicales à succès, mais Waking Sleeping Beauty parle plus souvent des rapports humains et des arbitrages ou initiatives mis en place par le trio Eisner / Katzenberg / Disney que de réelle cinématographie. Toutefois, cet angle de vue permet d’assister à l’adaptation de Disney à la machine Hollywoodienne avec ses codes (remonter un film d’animation en coupant des scènes par exemple) et ses impératifs financiers (déménager la branche animation de son bâtiment pour un moins coûteux dans une zone industrielle).

Waking Sleeping Beauty est donc un documentaire assez objectif sur les recettes de la remontée de Disney dans les années 80-90 mais peut-être un peu trop centré sur les orientations stratégiques et opérationnelles que sur le vrai travail créatif. Cela ne l’empêche pas d’être très fourni en informations peu courantes, d’y croiser des têtes connues (comme Tim Burton alors animateur ou Robin Williams, 1e doubleur avec son nom à l’affiche d’Aladdin) et en vidéos d’époque très pertinentes.

Photo (2) du film WAKING SLEEPING BEAUTY