est un événement spécial chaque année. On peut choisir de sortir dans des soirées déjantées pour y rencontrer vampires, mutants et autres beautés. Ou alors, on peut rester chez soi en regardant une sélection de films d’horreurs en espérant y trouver votre dose de frissons. A cette occasion, et parce qu’on sait que le second cas est mieux que le premier, on vous propose notre sélection de films devant lesquels on a flippé. Malaise, peur viscérale, sursaut, amusement, il y a tant de façons de vivre la vision un film d’horreur.

Chaque rédacteur a choisi un seul et unique film. Que ce soit un traumatisme d’enfance, le dernier film qui lui a fait peur ou tout simplement un excellent long-métrage. En résulte une sélection diverse, où des classiques côtoient des films plus modestes, entre found-footage, gore et purs films de tensions.

Toute la rédaction vous souhaite un très bon Halloween et espère qu’elle vous aidera dans votre quête du frisson !

LA SÉLECTION DE LA RÉDACTION

halloween

Récemment mis à jour74

Né d’une famille catholique chrétienne et n’ayant pas échappé aux traditionnels cours de catéchisme après l’école entre copains, c’est très naturellement que l’on m’a inculqué certaines valeurs et autres rituels, comme la messe le dimanche et autres communions. Dieu existe, Jésus est son fils et nous le prions. C’est un peu plus tardivement et parallèlement à cette éducation, que j’ai pris conscience d’autre chose. D’une manière générale, sans ramener cela à une quelconque religion, j’ai compris que si le bien existe, son contraire aussi. Comme la facilité s’oppose à la difficulté, le beau au laid, le riche au pauvre, la vie à la mort. C’est cette conception de l’existence légitime du mal qui m’a fasciné mais pas trop, car bien trop terrifié par ses différentes figures. Le diable au cinéma et plus particulièrement les films de possessions, voilà ce qui me terrorise tout particulièrement. Avoir le pouvoir de frapper n’importe où, à n’importe quel moment, chez n’importe qui et pire, en être à la merci totale, sans aucun moyen de contrecarrer une telle entité. Si L’exorciste de William Friedkin a bien évidemment provoqué son petit effet sur moi lorsque je l’ai découvert tardivement, le choc ne fut pas totalement à la hauteur de la réputation sulfureuse du film et autres images ou courts extraits déjà visionnés, responsables de nombreuses nuits blanches.

À l’époque, d’autres films prenant la possession comme sujets, ou l’incluant dans le film lors de certaines scènes suivront. Je pense aux suites de l’exorciste évidemment, à Amytiville 2, sous-titré le possédé ou encore L’emprise de Sidney J Furie. Récemment, aucun autre film du genre ne m’a marqué (je tiens à citer le très bon Exorcisme d’Emily Rose de Scott Derrickson qui sortira plus tard le tout aussi réussi Sinister) autant que ne l’a fait le terrible Conjuring, les dossiers Warren par James Wan. Mettant en scène l’un des nombreux cas paranormaux que le véritable couple formé par Ed et Lorraine Warren ont résolus, le contexte réaliste et documenté avait déjà de quoi foutre les pétoches. En plus, c’est emballé par un réalisateur malin, qui joue sur un schéma narratif archi-rebattu certes, mais soutenu à fond par une mise en scène à l’ancienne, dans un premier temps hyper suggestive, nous en montrant le moins possible tout en faisant monter le trouillomètre, avant de se lâcher façon montagne russe lors d’une dernière partie dantesque. Les effets savamment dosés, le maquillage saisissant, une caméra insidieuse et lorgnant parfois du côté du found-footage, couplés à une solide direction d’acteurs et surtout une scène d’exorcisme finale ultra spectaculaire, m’ont fait frissonné plus d’une fois en salle, cramponné sur mon fauteuil.

Des frissons glacés, nés de ma peur face à cette histoire prise très au sérieux (pour prolonger le plaisir, je vous invite à vous renseigner sur la toile quant à cette sinistre histoire vraie) et aussi du côté évidemment épique de la nouvelle confrontation filmée entre le bien et le mal, combat entre Dieu ici représenté par les Warren et le démon. Le même James Wan n’a d’ailleurs pas osé débuter le tournage d’une suite actuellement en cours, sans avoir fait au préalable bénir les lieux par un prêtre. On a déjà hâte.

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dvqd

On se souvient tous et pour toujours du premier visionnage de PSYCHOSE. Dans un ciné-club, lors d’un festival ou bien chez soi, dans le noir, une fin d’après-midi d’hiver. Tout est sombre dans l’appartement, vous avez deux heures devant vous, les conditions sont optimales. Le film débute et tout de suite, vous êtes pris par la maîtrise d’Alfred Hitchcock, le noir et blanc à couper au couteau, la musique lancinante. La tension est de chaque instant. Votre plaisir est parfait, le suspense délicieux et irrésistible. L’héroïne se glisse dans la douche… une silhouette apparaît… et quand les violons stridents retentissent… VOTRE TELEPHONE SONNE !!! Et c’est votre grand-mère qui vient prendre de vos nouvelles. Haletant, vous répondez, à moitié zombie, que vous rappellerez plus tard. La sonnerie vous a effrayé autant que la scène de la douche. Une pause est certes bienvenue dans ce chef-d’œuvre mais tout de même, Mamie, t’aurais pu t’abstenir ! Et vous de couper immédiatement l’instrument du diable. Vous vous replongez dans PSYCHOSE et achevez le visionnage, non sans quelques palpitations supplémentaires aux battements de votre cœur devenu soudain plus fragile ! Bref, on se souvient toujours de la première fois, du premier PSYCHOSE de sa vie.

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Récemment mis à jour75

Je me souviens avoir regardé ce film sur les conseils d’un ami. « Tu verras, après ça, tu n’oseras pas t’approcher d’un robinet », m’avait-il promis. En plus, c’était le premier film d’Eli Roth et je venais de voir Hostel. J’avais aimé et je m’attendais à un truc un peu gore et un peu fun. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est à flipper comme rarement. Parce que la tension est folle. Avec cette menace invisible (un virus nécrosant), Eli Roth s’amuse à déconstruire les codes du film d’horreur de la cabane dans les bois. Au final, le danger de mort qui semble sortir de nulle part est presque aussi important que la question de la méfiance et des relations humaines. Voir ce groupe d’ami voler en éclat face à cette chape de plomb qu’est une potentielle contagion est en fait le cœur du film. Entre les lâches, les surpris, les courageux, la vraie question qu’on se pose est de savoir si quelqu’un réussira à s’en sortir. Un peu comme dans un slasher, mais sans tueur psychopathe. Et à l’époque, j’avais trouvé ça très cool. Après, j’étais plus jeune, plus impressionnable et je doute que le film me fasse autant d’effet maintenant. Je pense d’ailleurs qu’il est globalement plus drôle qu’horrifique. Mais il permet de rendre hommage de façon tout à fait honnête est des œuvres cultes comme Evil Dead ou La Nuit des Morts Vivants (la scène finale notamment) et de voir la fascination déjà à l’œuvre chez Roth pour le gore. À savourer pour Halloween avec un grand verre d’eau…

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ssssssssssssss

Halloween est une fête qui se veut être effrayante. Et quoi de mieux qu’ALIEN : LE HUITIÈME PASSAGER pour vous parler de frayeur ? Le film est à la frontière entre deux genres, la science-fiction que représente les lieux et les moments du film et l’horreur que peut y engendrer les créatures existantes.
Jusqu’à mon plus ancien souvenir, il me semble qu’ALIEN : LE HUITIÈME PASSAGER est le premier film, dit d’horreur, que j’ai pu voir. Je devais avoir une douzaine d’années. Le clin d’œil supplémentaire veut que le film soit sorti en 1979, année de ma naissance.
Aussi loin que je m’en rappelle, j’ai regardé ce film dans le noir, entrecoupé de publicités (malheureusement) et en version française (of course).
La tension qui se dégageait du film me hérissait les poils des bras. Je n’étais encore qu’un jeune adolescent, vierge de tout métrage horrifique.
« La » scène qui m’a un peu retourné l’estomac est naturellement [spoiler mode= »inline »] celle du « Chestburster » : assister à la venue au monde de ces créatures m’a laissé sur place et je me souviens avoir mis quelques jours pour digérer la chose. [/spoiler]
ALIEN : LE HUITIÈME PASSAGER est sans nul doute l’un des plus grands films de , mais il est surtout et indéniablement, une œuvre majeure du cinéma de science-fiction et d’horreur.

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Récemment mis à jour72

Quand j’étais gamin, SIMETIERRE était un objet de fascination, la VHS que tout le monde se refilait dans mon quartier. Quand on est enfant, certains films d’horreur servent de parfait objet de transgression, à cet âge on est déjà conscient de transgresser les codes du bon goût, d’une certaine bienséance, mais également de transgresser sa propre nature de spectateur en donnant en offrande au film, nos peurs personnelles et notre sensibilité en générale. J’ai du attendre l’âge de vingt ans avant d’oser regarder Simetierre en entier, et je ne suis pas certain de pouvoir supporter l’expérience une seconde fois !
Ce qu’il y a de plus terrifiant dans l’univers de Stephen King, c’est que l’horreur est déjà présente dans le quotidien des personnages, avant même qu’un événement surnaturel vienne faire basculer les protagonistes dans la folie. Je suis amateur de cinéma fantastique, c’est dans ma culture depuis que je suis né quasiment ; ce n’est donc pas une histoire de résurrection et de mort-vivant qui va m’empêcher de dormir. Non, ce qui est vraiment traumatisant dans ce film, c’est la façon glauquissime dont la réalisatrice traite la mort d’un enfant, le suicide d’une institutrice, la maladie d’une jeune femme recluse dans sa chambre, etc… Aidez-moi, je ne dors plus !

Récemment mis à jour73

Le 21 octobre dernier , le cinquième volet de la saga PARANORMAL ACTIVITY sortait dans les salles. Retour sur un phénomène qui dés le premier épisode a suscité de vives réactions !

En 2009 , on voyait pour la première fois à l’écran une bande-annonce pour le moins originale et ultra efficace ! PARANORMAL ACTIVITY est un phénomène de foire , un des premiers docu-fiction d’horreur se déroulant dans le huit-clos d’une maison filmée par une webcam. Le principe du film dans le film n’était pas nouveau mais ce qui l’était c’était d’inclure dans les teasers des plans du public en salle littéralement effrayé….Un film qui s’annonçait donc….effrayant ! Outre l’efficacité indéniable des images , PARANORMAL ACTIVITY a tenu ses promesses dans son format long. On pense à une histoire vraie, les modes caméscope au poing/ webcam confession et caméra de surveillance créent un bel effet d’effroi même s’il ne se passe rien à l’image ! PARANORMAL ACTIVITY c’est la puissance diégétique du vide : Un plan d’escalier en pleine nuit plongé dans le silence, calme olympien et… Ça marche ! On ferme les yeux et on s’accroche à son siège ! On se souviendra longtemps du fameux drap de lit qui se soulève pendant que le jeune couple dort sans bouger. Le film fonctionne diablement bien ! Petit bémol à la fin sur la partie zombie qui rappelle L’Exorciste et fait balancer notre esprit dans la conscience que le film est écrit et que donc tout est faux… Dommage.

Avec PARANORMAL ACTIVITY, on rentre de plein fouet dans le cinéma réalité, comme on l’avait déjà expérimenté avec Le Projet Blair Witch en 1998. La méthode a prouvé par cinq fois son efficacité, longue vie à PARANORMAL ACTIVITY !

Suivre @SarahBz

svsv

L’univers tel que nous le connaissons est composé de plusieurs niveaux de réalité, indéniablement. Philosophes et physiciens sont au moins d’accord sur ce point. Mais de là à savoir ce que contiendraient ces mondes superposés au nôtre, il y a un pas que tout un chacun aurait bien crainte de franchir. GRAVE ENCOUNTERS, found footage un peu en marge lors de sa sortie, explore pourtant cette possibilité. Et fait froid dans le dos. L’esthétique ‘caméra au poing’ peut rebuter, mais son effet est clairement ici au service de champs de vision proprement nauséeux et terrifiants. Aucune gêne à avoir. D’autant que ce que cette œuvre très particulière a de plus fort réside ailleurs. Dans la subtilité avec laquelle un glissement se produit, des objets connus de notre réalité aux distorsions affreuses d’une dimension où la matérialité réconfortante de notre monde ne serait plus rien de certain. L’angoisse n’est pas de faire face aux monstruosités de cet univers, comme y sont contraints les membres de cette équipe de télévision que l’on suit dans un asile désaffecté. C’est de constater à quel point le basculement peut être soudain et profond, à quel point la folie peut s’allumer aussi promptement qu’un feu de forêt. L’affaire est alors celle d’une réceptivité personnelle ou non. D’un ennui mortel à déambuler dans des couloirs pas si vides ou, comme moi, d’un écho angoissant à ses propres terreurs, celles des interrogations sur la nature de notre réel, sur le pouvoir de lâcher-prise de l’esprit. La folie n’est pas dehors, dans les murs d’un bâtiment abandonné. Elle est au-dedans, et fut l’une des peurs de l’adolescent que j’étais. Voir GRAVE ENCOUNTERS était comme voir cette nervosité se matérialiser, avec sons et lumières. Celle d’être prisonnier. Mais prisonnier de soi-même, autant que des menaces extérieures. Glaçant, sidérant. On en frémit encore, après toutes ces années… « 

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Premier film de torture que j’ai pu voir en salles, MARTYRS de Pascal Laugier m’a vraiment affecté. Aucun film de torture que j’ai pu visionner par la suite ne l’a égalé et encore aujourd’hui, certaines images me restent à l’esprit. Pourquoi ? Tout d’abord, par le choix aléatoire des victimes. On suit des ‘’illuminés’’ qui choisissent leurs victimes au hasard, dans la rue (ce qui n’est pas le cas de Saw : les personnages ont un lien avec leur bourreau ou Hostel : ce sont des jeunes qui partent en Slovaquie). Le fait que cela puisse arriver à n’importe qui (donc à nous) et la logique très réaliste du film nous identifie directement à la victime. Mais ma plus grande peur vient surtout d’une scène de torture, particulièrement angoissante, où l’on ne voit finalement pas grand-chose mais l’appréhension qu’elle provoque effraie. Le bourreau annonce à l’héroïne l’étape finale de ‘’sa torture’’, on s’attend donc au pire, puis lentement, nous suivons la préparation et l’installation de la victime dans un appareil, sans savoir de quoi il retourne. Durant son supplice, le réalisateur reste sur le visage en souffrance de l’héroïne et nous ne pouvons que tenter de deviner ce qui lui arrive. Tout n’est que suggestion, c’est notre imagination qui est au travail et c’est pire en définitif. Nous avons, pour finir, une vision insoutenable de la victime, qui a été écorchée vive, une image qui me donne des haut-le-cœur encore aujourd’hui. MARTYRS est sans doute le film d’horreur qui m’a le plus terrorisée, de par, le caractère mécanique et froid de la torture, elle fait partie d’un quotidien et cette conception institutionnalisée de la violence m’a réellement perturbée.

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LONG WEEK-END: Un couple déchiré décide de partir à l’aventure le temps d’un week-end. En pleine nature ils vont être confrontés à quelque chose qui va ne pas les aider à réparer les pots cassés…
Le réalisateur pousse ainsi ses personnages jusqu’au bout et les livre à eux-même face cette nature personnifiée. Elle s’acharne vraiment sur eux au point même de les séparer encore plus. Les plongeant ainsi dans des situations de plus en plus inconfortables à la fois pour les personnages et aussi pour nous spectateur. Le suspense monte de manière crescendo ; jusqu’à l’apothéose finale très haletante avec une fin surprenante. Pour ce 2ème film australien de Jamie Blanks (Urban Legends et Mortelle St Valentin) en collaboration avec Everett De Roche (auteur déjà de l’original – scénariste de ce remake), le réalisateur joue encore avec les éléments (comme déjà sur leur 1ère œuvre Storm Warning, un autre bijou). Il aime ses personnages et les situations extrêmes, qu’il nous fait partager de manière viscérale car elles se ressentent vraiment à l’écran.
Jim Cavieziel est impeccable dans ce rôle de macho que le public arrive à  détester mais en même temps, ne néglige pas de s’identifier malgré tout par la force de cette excellente réalisation. Le découpage précis est aussi pour beaucoup. Quant à la nature omniprésente, elle est envoûtante et machiavélique. Ce film est terriblement efficace et remplit son contrat de pur divertissement plus qu’abouti. Idéal pour un Halloween avec madame.

Suivre @TowerProd

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Alors si mon top 3 horrifique c’est plutôt Alien, The Thing (Carpenter) et Massacre à la tronçonneuse, je voulais quand même aborder le cas SILENT HILL.

Pas forcément un film « de flippe » comme sa promotion cherchait à le vendre, mais clairement une adaptation ciné réussie d’un jeu vidéo, et un film d’auteur horrifique ce qui en soi est assez rare pour être souligné.

À la base, pour moi, c’est les jeux vidéos. Ce que j’y ai aimé relève plus de l’art et de l’émotion que de technique ou de gameplay, assez moyens, il faut l’avouer. Beaucoup de malaise, d’angoisse, d’incompréhension et par extension, de peur. Ces sensations viscérales, je les ai ensuite découvertes au cinéma dans certains films deLynch, ou dans l’Échelle de Jacob (qui a d’ailleurs clairement inspiré la direction artistique des jeux Silent Hill). Si la stimulation est inhérente aux jeux vidéos, avec Silent Hill elle se fait plus intellectuelle et psychologique, que motivée par l’idée de divertissement interactif. C’est ainsi la première fois que je perçois dans une oeuvre culturelle le pouvoir de l’Image ; j’entends par là, tous les moyens audio-visuels utilisés pour exprimer une idée – à l’inverse du dialogue ou du texte. Ainsi, évocation et psychologie sont la base des jeux. La structure et le rythme du jeu fusionnent avec le scénario et la psychologie des personnages, et nous proposent de suivre une enquête à travers deux « réalités » distinctes. L’une, brumeuse, où se posent les questions, et une autre plus palpable mais aussi plus angoissante, où nous parviennent les réponses. L’une est un reflet de l’autre, comme une représentation palpable des tabous, peurs et frustrations inhérentes aux personnages que l’on incarne.

Ainsi, le film SILENT HILL réalisé par Christophe Gans et scénarisé par Roger Avary (Pulp Fiction) a bien compris tout cela. Il réussit une synthèse parfaite et cohérente des trois premiers jeux, les histoires du 1 et du 3, et la puissance évocatrice du second. TOUT repose ainsi sur le scénario tortueux, l’ambiance dérangeante et la psychologie diffuse – à l’instar des jeux vidéo. La direction artistique sonore et visuelle se calque sur celle -glauquissime- des jeux. Elle est agrémentée par de bons effets visuels, et une mise en scène solide, n’ayant jamais peur des temps morts, très fonctionnels dans l’univers de Silent Hill.
Alors du coup il y’a de vrais défauts d’accessibilité, chose assez incompatible avec le jusqu’au-bout-isme d’une démarche artistique misant sur l’horreur suggestive (aucun jump-scare, presque pas une goutte de sang). Il y a aussi des choix scénaristiques malheureux, avec cette risible troisième réalité « réaliste » qui casse un peu le rythme (mais rajoute un degré de malaise quant à la perception de l’héroïne). On retiendra néanmoins les climax fous que sont tous les furtifs passages dans la réalité alternative, fonctionnant grâce à une certaine patience consacrée à l’installation d’une ambiance psychologique.

Le film reste au final ultra-cohérent dans sa volonté d’allier les ambitions du jeu vidéo avec le medium cinéma.

Suivre @Georgeslechameau

svsvsvsv

D’abord, il y a la réputation sulfureuse du film. Celle qui vous fait vouloir avoir peur avant même de commencer.
Ensuite il y a ces premières minutes où nous sommes face à un écran noir avec uniquement du son. De brèves images macabres apparaissent accompagnées d’un son strident. Puis enfin, un long plan dans un cimetière qui nous annonce la profanation de tombes. Un lugubre générique se lance, sorte de mélange indéfinissable de formes rouge et noir, en mouvement. On est quasiment en apnée devant ces 5 premières minutes, l’ambiance est oppressante. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, la premier plan après le générique montre un animal mort, étendu sur la route. La mort, la mort et encore la mort. Le message est reçu, MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE sera une plongée morbide dans une Amérique white trash où aucune issue ne semble permise.

Le film n’est pas flippant, il est dérangeant. Vous pouvez oublier la frénésie qui s’empare du cinéma d’horreur ces dernières années, on retourne ici à une horreur qui passe non pas par le suspense mais par la vision d’images. Il n’y a d’ailleurs que très peu de suspense dans MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE comme en atteste la première attaque de Leatherface, brutale car glaçante. En pleine exploration d’une maison apparemment vide, un des protagonistes s’avance dans un anodin plan fixe. Certes, il y a un signe inquiétant : un mur rouge décoré de crânes d’animaux. Et là, soudainement, il se fait attaquer. Une masse imposante lui assène de violents coups, emporte le corps et tire une grosse porte métallique afin de fermer la pièce. L’attaque a duré 20 secondes, on ne l’a pas vu venir et elle est terminée alors qu’on a à peine le temps de réaliser ce qu’il se passe.

Encore aujourd’hui, en connaissant par cœur le long-métrage, les sensations restent intactes à chaque nouvelle vison. Je traverse la scène du dîner final en retenant mon souffle. MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE est un long cauchemar fait avec peu de moyens mais une force picturale immense. Rarement l’ambiance d’un film d’horreur ne m’aura autant retourné les tripes. De quoi me faire réfléchir à deux fois si l’envie me prend d’entamer un road-trip dans une contrée reculée du territoire américain.

Suivre @MaximeBedini