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BOOMERANG
UGC Distribution

BOOMERANG, ou s’affirmer en démêlant les secrets de famille – Critique

Nous avions vu BOOMERANG en Avant- Première au Festival du Film Francophone d’Angoulême, qui s’est tenu du 25 au 30 Août 2015, en présence du réalisateur-scénariste François Favrat et des acteurs du film Laurent Lafitte, Mélanie Laurent et Audrey Dana. Était également présente Tatiana de Rosnay, écrivain dont le roman éponyme est adapté, très joyeuse de voir le résultat à l’écran, comme le reste de la bande.

BOOMERANG est le 3ème film de François Favrat après Le rôle de sa vie et La Sainte Victoire. Il se plonge dans les secrets et les non-dits d’une famille, et reconnait malgré tout une œuvre personnelle, le livre faisant écho, a-t-il dit, à sa propre vie. Un homme, Antoine, qui traverse une période difficile (divorce, boulot…), des secrets de famille, à propos de la mort de sa mère trente ans plus tôt et dont personne ne parle plus, des mensonges, des silences qui expliquent une partie de son mal-être, un psychiatre qui écoute cet homme… ne cherchez plus ! Nous sommes bien dans l’univers habituel de l’écrivain Tatiana de Rosnay.

Antoine est incarné par un Laurent Lafitte lumineux qui confirme, si besoin était, son potentiel dramatique et son intensité de jeu. Ses émotions sont extrêmement palpables. Par exemple, la scène dans laquelle il décrit la vision du corps de sa mère dans la chambre mortuaire est très émouvante.

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Mélanie Laurent, qui a réalisé l’année dernière le très intense Respire incarne avec (presque trop) de retenue sa sœur Agathe, qui ne comprend pas l’acharnement d’Antoine à découvrir réellement ce qui s’est passé. En retrait, elle refusera longtemps de prendre parti pour son frère, mais ses propres souvenirs remonteront peu à peu à la surface. Le film dresse un beau portrait de relation entre un grand frère et sa petite sœur et la complicité des acteurs la reflète bien à l’écran.

L’enquête familiale que va mener Antoine lui permettant de découvrir la femme qu’était sa mère, se fera grâce à la rencontre d’Angèle, incarnée par une Audrey Dana un peu moins survoltée que dans son film Sous les jupes des filles, mais un peu fofolle quand même, surtout qu’elle exerce la profession bizarre de  thanatopracteur. Ces deux-là se rapprocheront parce qu’ils partagent une enfance traumatisée par le décès brutal d’un parent. Car c’est bien connu, qui se ressemble, s’assemble…

Le film parvient à nous émouvoir et à nous tenir jusqu’à la fin comme un bon polar d’été.

Les personnages sont un peu trop dans la caricature et Vladimir Yordanoff  en père odieux qui fera son mea culpa ou Bulle Ogier en douce grand-mère qui ne l’est pas tant que cela, n’échappent pas à la règle.
Les procédés du réalisateur sont également un peu téléphonés et classiques (règlement de comptes à Noël), son hommage au réalisateur Claude Sautet (scène de l’accident de voiture) est un peu trop appuyé, l’histoire a un air de déjà vu (et lu). Les allers-retours entre les scènes du présent et celles du passé surlignent trop les propos du réalisateur : le spectateur aime aussi faire travailler son imaginaire, tout n’a pas besoin de lui être montré.
Mais la quête d’Antoine dans cette belle île de Noirmoutier et son fameux passage Gois (voulu comme un personnage du film à part entière) fera de lui un père responsable et non plus un fils psychologiquement fragile et BOOMERANG parvient à nous émouvoir et à nous tenir jusqu’à la fin comme un bon polar d’été.

Sylvie-Noëlle

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