La recette est archi-connue et le cinéma français comme américain n’a eu cesse d’utiliser le duo policier antagoniste comme ressort de comédies plus ou moins réussies. Ce n’est pas avec De l’Autre Côté du Périph que l’innovation sera de mise de ce côté là.

Le duo formé par Omar Sy et Laurent Lafitte fonctionne assez bien mais fait dans l’opposition très “facile” entre un monde huppé/coincé et un monde banlieue/détendu qui finalement ont plus de points communs qu’ils ne veulent le croire. C’était un peu l’une des recettes d’Intouchables d’ailleurs, mais qui traitait le sujet avec une toute autre finesse et avec l’aura d’une jolie histoire vraie en arrière-plan.

Ici les clichés sont énormes, que ce soit dans les codes de ce type de comédie ou quand il s’agit de dépeindre Bobigny. Mais si le scénario est assez conventionnel et plus typique des années 80 que des années 2000, il n’empêche que les dialogues font plutôt mouche généralement et que l’on rit ou sourit de manière régulière pendant le film. On appréciera en face d’un Omar Sy jouant quelque peu sur ses registres du SAV des Emissions un Laurent Lafitte amusant dans son décalage et pertinent dans le personnage qu’il incarne.

Avec De l’Autre Côté du Périph, on a affaire à une comédie sympathique mais qui ne casse vraiment pas des briques.

Le film est léger : ça ne fait pas de doute. Mais certaines scènes sont réalisées de manière étrangement qualitatives par rapport au reste. On retiendra par exemple la course poursuite en voiture de l’introduction qui, en plus de faire penser fortement à celle d’Intouchables (Omar Sy oblige), est présentée de manière fluide et soulignée par une bande son totalement à propos. Et les scènes d’action, hormis les courses poursuites à pied qui sont généralement ridicules, sont assez bien gérées.

En résumé, avec De l’Autre Côté du Périph, on a affaire à une comédie sympathique mais qui ne casse vraiment pas des briques. Elle méritera éventuellement que l’on y jette un oeil lors de sa diffusion télévisée mais guère plus. Dommage car tout n’est pas à jeter, loin de là, et que le duo fonctionne assez bien au final.

DE L’AUTRE CÔTÉ DU PÉRIPH’ – Critique

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