[critique] La Danse – Le Ballet De L’Opéra De Paris

Frederick Wiseman, pionnier du cinéma documentaire, a installé sa caméra durant douze semaines au coeur de l’Opéra de Paris. Des ateliers de couture aux représentations publiques où brillent les étoiles, ce film nous entraine dans les coulisses de la prestigieuse institution et nous montre le travail de tous ceux qui donnent corps au quotidien à des spectacles d’exception.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 07 octobre 2009
Réalisé par Frederick Wiseman
Film français
Avec Brigitte Lefèvre, Emilie Cozette, Aurélie Dupont
Durée : 2h38min
Bande-Annonce :


La Danse le ballet de l’Opéra de Paris Bande Annonce du film
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Frederick Wiseman nous fait entrer dans les coulisses d’une des plus prestigieuses troupes de ballet : celui de l’Opéra de Paris. Dans ce film documentaire (diffusé en avant-première dans le cadre des Rencontres du Cinéma Documentaire à Montreuil) il retrace des bribes de vie (ou plutôt de travail) de jeunes danseurs.
Ces extraits s’enchainent, s’alternent, et se construisent autour d’une rythmique qui ne laisse aucun répit. L’écriture rend hommage à l’acharnement de ces étoiles, sans cesse à la recherche du geste parfait.
La Danse – Le Ballet De L’Opéra De Paris est véritablement une œuvre cinématographique car Frederick Wiseman a su, une fois de plus, imposer son regard au travers d’un documentaire.

Si parfois les professeurs et ceux de l’administration évoluent dans un autre monde (et provoque l’hilarité du public avec leurs propos, cachés sous une apparente innocence), une chose est véridique : on ne peut que dévorer des yeux ces corps de danseurs qui se détachent de leur poids pour s’envoler au travers d’une scène. Une harmonie sans pareil résonne avec une rythmique qui est propre à leur mouvement.
La musique, ce sont eux qui la composent sous nos yeux. Une réflexion, à la fois amusante et pertinente, a été glissé par un des professeurs devant la représentation d’un des élèves: « Ca en est tellement facile que s’en est indécent ».
Ces danseurs, à force de rigueur, arrivent à un niveau, tel, qu’ils nous donnent la sensation que cet aisance est innée. « Indécent » parce que nous savons tous qu’il faut, malgré tout, une vie entière pour arriver à ce résultat.

De nombreux plans de lieux, sans présence humaine (ou tout au plus une voix qui semble lointaine), troublent la lecture de ce film. Insérer régulièrement tout au long de ce documentaire, ils cassent le rythme. Sont-ils vraiment des instants de repos dans cet emplois de temps ? Evoquent-t-ils, par ces lignes architecturales, la rigueur de travail que règne ici ? Ou représente-il une forme d’absence d’humanité qui pourrait être rattaché à cet univers ?
Car les danseurs parlent peu, répètent inlassablement les mêmes gestes, reproduisent au millimètre près les indications des professeurs. Pour arriver à ce niveau, il leur faut endosser le rôle d’une machine, programmée pour danser. La directrice artistique, Brigitte Lefèvre, explique la difficulté du travail à accomplir par une comparaison : ils sont à la fois « une voiture et son pilote ». Une réalité qui transforme ces artistes en un objet terriblement mécanique.

Un parallèle d’autant plus marqué que Frederick Wiseman n’oublie pas de suivre les artistes qui eux confectionnent, à la main, les costumes de la troupe avec une précision incroyable. Machines à coudre, mannequins, aiguilles, teintures, etc. s’enchainent sous nos yeux avec autant de minutie que l’effort des danseurs.
Tous les maillons de cette chaine artistique (et financière) ne vivent qu’au travers l’Opéra. Le documentaire ne s’échappe que très rarement de ces murs ; seuls quelques plans de l’extérieur nous sont exposés. Mais il ne s’agit que de vues générales de Paris, une ville qui semble lointaine pour ce monde unique.

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