[critique] Las Acacias

 

Rubén est un routier solitaire qui transporte du bois depuis des années d’Asuncion à Buenos Aires. Mais un matin, sur une aire d’autoroute, il rencontre Jacinta qui fait du stop. Acceptant de la prendre dans son camion, il découvre en route qu’elle a avec elle un bébé, Anahi. Une relation va naitre entre ses deux personnes sur la route de Buenos Aires.

Note de l’Auteur

[rating:9/10]

Date de sortie : inconnue
Réalisé par Pablo Giorgelli
Film argentin
Avec Germán De Silva, Narya Calle Mamani, Hebe Duarte
Durée : 1h23min
Titre original : Las acacias

La qualité de la sélection des films de la Semaine de la Critique nous charme une fois encore avec Las Acacias de Pablo Giorgelli. Cet auteur traite d’un thème qui lui est cher, la paternité, au moyen d’un huis-clos souvent contemplatif. Pourtant son film ne cède jamais à l’ennui. Pablo Giorgelli souhaite que nous ressentons la longueur de ce voyage, son pari est réussit (lire la retranscription de son interview). Mais cette longueur n’est pas un supplice pour le spectateur mais bel et bien une participation à ce voyage. Les dialogues sont rares, le silence est reposant et poétique. La communication s’y fait par la simple présence d’autrui.

C’est ainsi que Rubén (interprété par Germán De Silva) aux côtés des deux voyageuses, une mère et sa fille, va s’ouvrir pour se laisser apprivoiser. Cet homme, que la vie a endurci, se risque à rencontrer ces deux personnes qui peut-être lui rappellent sa vie d’antan. Mais ce passé n’a pas d’importance, il se laisse profondément mais discrètement changer par ce voyage.

C’est donc avec finesse que le réalisateur assume et utilise ce silence. En réalité, ce silence est celui des verbes. Car la bande son de ce film est riche et est utilisée très intelligemment. Pablo Giorgelli réussit à nous procurer le plaisir du voyage mais aussi ses difficultés, notamment lors des deux pénibles scènes durant lesquelles le bébé pleure. Le film s’ouvre aussi sur un son aussi difficile à écouter : des arbres sciés, qui se déchirent et s’effondrent. Un bruit horrible mais qui précède l’intimité de la cabine du camion. Une cabine forte et solide à l’image de Rubén. Ainsi, lorsque les portes du camion s’ouvrent, les sons agressifs de la route s’engouffrent. Finalement, la vie aussi traversera ces portes notamment lorsqu’il accompagne Jacinta jusqu’à sa famille. Nous entendons dès lors les sons d’une famille, du bonheur et de la chaleur. Si le film concerne toute la durée du voyage du Paraguay jusqu’à Buenos Aires, il ne semble pas s’arrêter véritablement à la fin. Ni happy end, ni fin douloureuse, juste un horizon qui se dégage.

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