Leon Kaufman a révélé son talent de photographe à travers des clichés hautement provocants. Décidé à créer l’événement pour sa prochaine exposition, il est prêt à aller encore plus loin dans l’exploration des aspects les plus sombres de l’humanité.
Lancé dans une quête obsessionnelle des pires aspects de l’homme, Leon s’intéresse à un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, avant de les tuer avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin dans les méandres du métro, au coeur même du mal. Sans le vouloir, il va entraîner Maya, sa petite amie, avec lui. Chaque ticket est peut-être un aller simple vers la mort…
Note de l’Auteur
[rating:5/10]
• Date de sortie : 29 juillet 2009
• Réalisé par Ryuhei Kitamura
• Film américain
• Avec Bradley Cooper, Vinnie Jones, Brooke Shields
• Durée : 1h 25min
• Bande-Annonce :
Bande-Annonce 1 Midnight Meat Train
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Face au foisonnement de films d’épouvante-horreur ces dernières années avec son lot de remakes à tout-va (Vendredi 13, Halloween et autres Massacre A La Tronçonneuse), il est bien difficile pour les amateurs du genre de trouver un véritable film digne de ce nom qui ne soit pas un navet bien emballé au final à la sauce américaine, voir française.
Midnight Meat Train n’échappe pas à cette règle mais comporte assez de points intéressants pour sortir un peu la tête de l’eau.
Le film de Ryuhei Kitamura (Alive, Love Death) se place entre-deux : pas tout à fait un chef-d’œuvre mais pas tout à fait un navet non plus.
L’histoire somme toute assez banale de Midnight Meat Train (mot à mot Minuit Viande Train, ça promet !) nous entraine sur les pas d’un jeune photographe incarné par Bradley Cooper ayant pour principal sujet la ville. Il arpente donc cette dernière chaque nuit de fond en comble à la recherche de « la » photo qui propulsera enfin sa carrière.
Mais sa vie bascule le jour où il sauve un jeune mannequin de viol par un groupe de jeunes aux intentions peu vertueuses. Mais il s’aperçoit le lendemain que cette même personne a disparu mystérieusement. Il se lance donc seul dans une enquête qui le conduira sur les traces d’un meurtrier sanguinaire qui opère la nuit à 2 heures du matin armé d’un marteau de boucher.
Et qui de mieux pour interpréter ce boucher que le magnétique Vinnie Jones, une nouvelle fois très charismatique, succulent en tueur noctambule froid et méthodique. Le film, originalement, nous entraîne dans son quotidien et l’on en apprend un peu plus à son sujet au fil des minutes.
Le jeune photographe va ainsi pénétrer par le biais de son appareil photo (personnage à part entière du film) dans un monde dont il ne soupçonnait l’origine et qui va le conduire dans un jeu du chat et de la souris avec ce tueur sanguinaire qui le changera à tout jamais.
Mais le véritable intérêt du film est dans sa mise en scène de la tension : un étau invisible se resserre en permanence pour nous coincer dans cette spirale de suspense strident, suffocant, qui nous entraîne dans une peur réveillant le claustrophobe qui sommeille en chacun de nous par moment. En cela le film est efficace. Et ce n’est certainement pas l’atmosphère et la lumière très soignée qui viendront dire le contraire.
La psychologie du personnage incarné par Bradley Cooper est également rondement menée puisque nous assistons, impuissant, à sa lente descente aux enfers. Celui-ci, au fil de son investigation, est fasciné par ce monde de sang et de déchéance et commence progressivement à devenir ce monde malsain qui l’entoure, en témoigne ses visions de meurtres sanglants et son comportement envers son amie.
Malheureusement c’est ici que s’arrête les compliments.
En effet, les scènes de gores sont ratées pour la plupart (pour un film d’épouvante-horreur c’est quand même lamentable) avec des effets grossiers et du sang à tire-larigot (petit hommage à Jean-Pierre Jeunet) qui prêtent plus à sourire qu’autre chose. Les puristes du genre s’en retourneront sans doute dans leur fauteuil et il s’en faudra de peu pour qu’ils ne quittent définitivement la salle. C’est bien connu, trop de sang tue le sang.
Toutefois, si ces scènes passent encore aux yeux du spectateur lambda qui n’a jamais vu de film de genre de sa vie, la fin abracadabrante finit de propulser notre scepticisme à son apogée : sans ne rien gâcher de votre plaisir (si plaisir il y a), le film aurait gagné à ne pas dépasser certaines frontières et aurait du se cantonner à son idée de départ sans vouloir aller trop loin.
En conclusion, Midnight Meat Train est à prendre comme il est, c’est-à-dire un film de genre sans prétention, qui comporte beaucoup de points positifs, notamment au niveau de la psychologie de ses personnages mais qui, malheureusement, n’arrivera pas à convaincre les puristes qui crieront sans doute à l’escroquerie au final.
Le film restera néanmoins, dans les limites d’un genre assez frivole, une tentative honnête d’un réalisateur qui commence peu à peu à imposer un style d’une créativité indiscutable.