[critique] Padre Nuestro

Juan et Pedro, deux jeunes mexicains, cherchent à émigrer clandestinement à New York. Pedro pense y retrouver son père, Diego, qu’il croît propriétaire d’un grand restaurant. Il garde précieusement sur lui une lettre de sa mère, avec l’adresse de Diego. Mais pendant le voyage, Juan lui vole la lettre et décide d’usurper son identité. Se faisant passer pour son fils, il se présente à Diego, et découvre alors que celui-ci n’est qu’un pauvre plongeur qui amasse le plus d’argent possible pour, un jour, rentrer au Mexique. Dès lors, Juan n’a de cesse de chercher cet argent caché. De son côté, Pedro, perdu dans NY, rencontre Magda, une jeune femme paumée à qui il demande de l’aider à retrouver son père…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 6 janvier 2010
Réalisé par Christopher Zalla
Film américain, argentin
Avec Jesus Ochoa, Armando Hernández, Jorge Adrián Espíndola
Durée : 1h50min
Titre original : Padre Nuestro
Bande-Annonce :

A l’instant où la salle de cinéma sombre dans la pénombre, le ton du film se dévoile immédiatement à nous. Les images nous jettent aussitôt dans un univers difficile. Un personnage fuit pour sauver sa vie. Notre regard tente de trouver des repères mais les sons, les mouvements du cadre, comme ceux des personnages, et les détails s’enchaînent sans jamais nous expliquer ce qui se déroule.

Puis le calme. Mais les informations sont rares. Padre Nuestro fait confiance aux spectateurs. Il ne lui fait pas le déshonneur d’appuyer lourdement sur les faits ou bien les dialogues. Nous ressentirons, nous devinerons, nous chercherons. Et cette confiance est un des nombreux thèmes que ce film aborde. Des liens se font et se défont. Peut-on réellement parler de trahisons ? Pour survivre il faut concevoir ces liens… mais pour survivre, ces liens (parfois des tensions) seront probablement destinés à un acte de trahison. Il n’y a pas de jugement à porter à cela. Le film ne nous demande pas forcement de le comprendre. Partageons humblement cette histoire.

La complexité de ces rapports sont aussi complexes que les personnages eux-même. Christopher Zalla porte son regard sur cette réalité propre à la question humaine. Ce film n’est pas une énième confrontation entre le bon (ou ce qu’il faudrait être) et le mauvais. L’ambiguïté des personnages et leurs erreurs créées une véritable spirale autour d’eux, plongeant le spectateur dans un certain malaise. Il comprend assez rapidement qu’il n’y a pas de véritable issue de secours.

Ces personnages nous surprennent constamment. Ils ne sont pas simplement paradoxaux : ils sont humains. Ils apprennent, évoluent, vivent.

Mais réduire ce magnifique travail sur le personnage à ces quelques phrases ne fait pas honneur à ce film. Des liens que je ne pourrai pas décrire forment une énergie qui leur est propre. Ces rencontres, ces actions, ces influences définissent cet univers incroyablement compact et fragile à la fois. Les évènements sont nombreux. Les drames s’alimentent les uns aux autres dans une structure complexe mais parfaitement maitrisée par Christopher Zalla.

Le spectateur ne saura pas tout, la fin ne sera telle que dans son esprit. Voilà un merveilleux cadeau que nous fait ce metteur-en-scène. Les actions ne se terminent pas obligatoirement à l’écran, les personnages ne dévoilent que peu de choses d’eux-mêmes. Ce qui est à voir est filmé avec pudeur, et le reste nous ait offert comme l’occasion de participer à ce film.

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