Photo du film PAPA OU MAMAN 2

[CRITIQUE] PAPA OU MAMAN 2

PAPA OU MAMAN 2
• Sortie : 7 décembre 2016
• Réalisation : Martin Bourboulon
• Acteurs principaux : Laurent Lafitte, Marina Foïs
• Durée : 1h26min
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3
Note du rédacteur

Comme dans le premier volet qui donna un vent de fraicheur au genre en France, PAPA OU MAMAN 2 garde les traits de la comédie française à l’américaine où le rythme devient le maitre du récit. Avec pour preuve le tourbillonnant plan-séquence d’ouverture, le réalisateur Martin Bourboulon, déjà aux commandes de la comédie de 2015, se sert effectivement des mêmes codes punchy de mise en scène pour annoncer comme il se doit le retour de la famille Leroy, maintenant apaisée. Enfin divorcés, Vincent (Laurent Laffite) et Florence (Marina Foïs) s’entendent en effet à merveille, ou presque. Vivant maintenant chacun de leur côté mais pourtant pas si éloignés l’un de l’autre, cela a de quoi déstabiliser leurs enfants et leurs nouveaux conjoints (Sara Giraudeau et Jonathan Cohen) qui se retrouvent au beau milieu de situations cocasses dans un quotidien encore instable. Mais si dans le premier volet, les parents s’écharpaient pour éviter d’avoir la garde de leurs enfants, ils s’allient désormais pour leur montrer qu’ils ne sont plus faits l’un pour l’autre.

Photo du film PAPA OU MAMAN 2
Jonathan Cohen et Sara Giraudeau sont les nouveaux arrivants

Puisque le but est de tenter d’approfondir le concept tout en offrant du neuf, on garde dans PAPA OU MAMAN 2 cette façon décalée de traiter le thème de la famille pour décrypter maintenant l’après de la séparation toujours par le biais de l’humour et de la dérision. Si le cynisme baisse de quelques degrés, le décalage reste toutefois de mise dans tout ce qui est abordé. Dans la période post-divorce ici détournée par une famille qui a l’habitude de sortir des codes traditionnels pour gérer des situations par conséquent bien barrées, on y évoque l’espoir des enfants à voir le couple parental se reformer.

Mais aussi, on se penche sur la question de l’entente cordiale entre les ex-époux dont la recomposition personnelle doit trouver son juste milieu entre amertumes et réflexes du passé, intrusion et respect de l’intimité nouvelle. En cela, l’arrivée des deux nouveaux personnages permet à cette suite de s’inscrire dans la continuité et d’effacer une grande part de réchauffé. Bien que très stéréotypés (ils sont forcément insupportables et détestés par les enfants, et surtout les ex), il s’avère bien dommage que leur présence soit vite expédiée au profit du noyau dur de la famille dans une dernière partie lassante parce qu’aux allures de déjà-vu.

«PAPA OU MAMAN 2 garde les traits de la comédie française à l’américaine où le rythme devient le maître du récit.»

En effet, ce ne sont que dans les premières scènes de PAPA OU MAMAN 2 que l’on retrouve du sang neuf, de la surprise, et surtout, les gags les plus intéressants. Même si elles zappent sans trop de regrets le cœur du concept qui était celui de la violente guéguerre entre le couple formé par un Laurent Lafitte délicieusement mesquin et une Marina Foïs toujours vive, elles offrent de beaux moments de de jalousie et de puérilité. Grande nouveauté cependant, ce ne sont pas les situations qui retranscrivent en majeure partie cela, mais les mots : dans un tac-au-tac quasi-permanent, les vannes fusent tandis que les pirouettes du langage offrent une belle répartie aux personnages un peu plus gentillets qu’ils ne l’étaient dans le premier volet. Car finalement, tout ce joli blabla – faisant par ailleurs trop souvent des allusions sexuelles – reste de bonne guerre, contrairement aux péripéties de 2015 qui était à la fois transgressives et à la limite du politiquement correct.

photo du film PAPA OU MAMAN 2
Laurent Lafitte et Marina Foïs font semblant de former un couple qui ne marche plus

Cette absence de piquant se remarque notamment lorsqu’on veut reprendre les schémas du premier opus en dernière partie. Sans ce côté pêchu, jouissif ou borderline, les séquences perdent alors beaucoup en efficacité, peut-être aussi parce que l’on a plus envie d’y croire à cause de situations prenant une tournure un peu trop idiote voire carrément bête. Les rires, jamais vraiment éclatants, se font de plus en plus rares et disparaissent complètement dans les dernières minutes qui révèlent un concept finalement bien faible pour être exploité encore un peu plus longtemps. Ainsi, ce qui était original et nouveau dans le premier volet se transforme en quelque chose de sympathique puis poussif dans PAPA OU MAMAN 2. En ce sens, ce serait sans doute une jolie bêtise pour la famille Leroy de revenir une troisième fois.

Yohann Sed

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