Nouveau film estampillé Marvel en salle depuis Iron Man 2, Thor adapte le personnage de la mythologie nordique qui a été intégré dans l’univers des comics en 1962 par Stan Lee “The Man” et Jack Kirby “The King” dans « Journey into Mystery ».

Si le but avoué de Marvel et de Paramount est de créer une véritable franchise Avengers au cinéma (l’équipe de super-héros composée de Captain America, Iron Man et Thor – entre autres), THOR était, à mes yeux, délicat à mettre en œuvre.

Pourquoi ? Et bien, surtout à cause de deux défauts potentiels auxquels je m’attendais et qui apparaissent très vite dans la première moitié du film. D’abord, un monde divin comme Asgard est difficilement retranscriptible. Ici, si le pont Arc-en-Ciel et le Bifrost sont assez modernes, le monde des Dieux est un amas de dorures clinquantes et le palais d’Odin ressemble quelque peu à un orgue géant. Pas très encourageant. Le deuxième défaut d’un tel type d’adaptation est en fait une réminiscence d’un cinéma ancien : en effet, on a au départ la désagréable sensation de visionner un péplum kitsch façon 2011. Et on a le sentiment que le spectre du récent et très dispensable film Le Choc Des Titans rôde…

Heureusement, si le scénario de Joseph Michael Straczynski (récent scénariste du comics éponyme mais également créateur de la série Babylon 5) reste relativement fidèle au monde dépeint par Jack Kirby et Stan Lee, il ajoute au côté emprunté et shakespearien de l’ensemble (bien que maitrisé par Kenneth Branagh) la dose d’humour et de second degré permettant de nous rendre ces Dieux sympathiques, notamment lorsqu’ils se retrouvent sur Terre. L’alchimie entre Jane Foster (Natalie Portman) et Thor (Chris Hemsworth) trouve principalement sa source dans des scènes humoristiques où les deux personnages gaffent, notamment Thor avec sa méconnaissance de notre monde. Et évidemment ajoute pour le fanboy la quantité de références et cameos nécessaires pour satisfaire la fibre geek du lecteur de comic-book sans perdre les néophytes.

Les autres grandes qualités du film résident en deux aspects totalement opposés : l’interprétation de Loki par Tom Hiddleston donne de l’épaisseur à un personnage manipulateur et lui donne le côté dramatique nécessaire pour être un méchant d’envergure alors que ces pouvoirs semblent moins impressionnants que ceux de ses congénères et surtout l’impression de puissance qui est retranscrite en ce qui concerne Thor lorsqu’il détient Mjolnir, notamment dans l’une des premières scènes contre les Géants des Glaces. Les effets spéciaux et les choix de réalisation donnent au personnage de Thor toute son envergure divine, contrebalancée par ailleurs par son “humanité” face aux problèmes humains.

Globalement, THOR n’est pas le meilleur des films de super-héros qui ont pu exister mais les principaux écueils que l’adaptation d’un tel personnage (puissant, shakespearien et hautain) dans un film d’action en 2011 ont pu être balayés par des choix assez humoristiques et “tout public”. On retrouve un peu le ton d’un Iron Man (de toute façon très lié avec la présence du SHIELD) avec la puissance d’un dieu en plus.

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