© Trikita Entertainment
REALISATION
4
SCENARIO (ADAPTATION)
3.5
CASTING
3.5
MUSIQUE
2
ESTHETIQUE
3.5
EMOTION/REFLEXION
3
Note lecteurs0 Note
0
3.3

La vingtaine de premières minutes de Tsili ressemble davantage à une reprise manquée de L’enfant sauvage de François Truffaut qu’à du cinéma typiquement Amos Gitaï. Une jeune fille encore muette et sans identité déambule dans une forêt battue par les vents, arrachant des champignons pour s’en nourrir. Gros plan caméra sur ses mâchoires qui travaillent. Bombardements dans le lointain, un avion qui n’existe pas et que l’on suggère par un joli regard hors-champ. Derrière moi, au rang dix ou onze de la salle, un spectateur vient de plonger dans les bras de Morphée et inspire profondément. Et cela ne fait que commencer…

Souffrance, ô souffrance, que ce nouveau film du réalisateur israélien, pourtant si génial en dirigeant son trio d’actrices dans Free Zone en 2005 ou en mettant en scène des œuvres plus directement politiques. On finit par apprendre que la jeune fille se prénomme Tsili, on comprend que les Nais ont probablement exterminé sa famille, dans cette Ukraine prise entre deux feux où la communauté juive est martyrisée. A la rencontre de Marek (Adam Tsekhman), se dissimulant lui-aussi à la barbarie, Tsili (joué par deux actrices, pour plus de piquant, Sarah Adler et Meshi Olinki) reste d’abord prostrée, autour du nid de branchages qu’elle s’est forgé. Quand elle s’ouvre, c’est pour connaître un sort encore plus terrible que la faim. Même ses compagnons d’infortune la brutalisent, la pauvre orpheline. Victime un jour…

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Tsili n’est pas une gamine qui erre dans les bois, c’est un réalisateur qui erre à la recherche d’une idée. Il n’est jamais facile d’adapter un roman. Mais on pet dire que Gitaï a dans le cas présent largement et clairement échoué. Clichés, clichés, lenteur et fausse contemplation, photographie pas même originale, acteurs loin du compte. On parle de camps, on parle de Palestine, on parle allemand et yiddish. On a l’impression que la veine s’est épuisée, que l’on ne parvient plus à parler de la Shoah sous un angle qui serait inédit, jamais vu. Même la musique déçoit, jouée au violon, thème lancinant qui prend aux oreilles à la énième écoute. Tous les effets sont inutiles, le monsieur du fond dort toujours.

« Tsili n’est pas une gamine qui erre dans les bois, c’est un réalisateur qui erre à la recherche d’une idée. »

On sera soulagé de la longueur relativement modeste du tout. Ca aurait pu être pire. A 64 ans, il faudrait certainement qu’Amos Gitai retrouve une voix, ou une voie, personnelle, qu’il se réconcilie avec ses thèmes préférés, dans une œuvre qui lui appartiendrait totalement. Mais après trente-trois films, on comprend que l’on ait dit à peu près ce que l’on avait sur le cœur (à moins de s’appeler Woody Allen, mais c’est l’exception qui confirme la règle). Prochain projet, une fiction autour des derniers jours du premier ministre Yitzhak Rabin, assassiné à Tel Aviv par un extrémiste juif en 1995, en représailles de la signature des Accords d’Oslo, qui créaient l’Autorité palestinienne. Alléchant et sélectionné à la Mostra de Venise 2015. Une occasion, pourquoi pas, de retrouver un cinéaste doué dans une meilleure forme.

LES AUTRES SORTIES DU 12 AOÛT 2015

INFORMATIONS


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Titre original : Tsili
Réalisation : Amos Gitaï
Scénario : Amos Gitaï, Marie-José Sanselme, Aharon Appelfeld
Acteurs principaux : Sarah Adler, Meshi Olinki, Adam Tsekhman
Pays d’origine : France, Israël, Russie
Sortie : 12 août 2015
Durée : 1h28
Distributeur : Epicentre Films
Synopsis : En Ukraine, alors que la Seconde Guerre mondiale fait rage, une jeune fille juive, Tsili, fuit dans les bois la barbarie nazie.

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