Morena Films
• Sortie : Non communiquée
• Réalisation : Hugh Hudson
• Acteurs principaux : Antonio Banderas, Rupert Everett, Golshifteh Farahani
• Durée : 1h37min
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Note du rédacteur

Entre les images animées du cinéma et les peintures animistes des hommes préhistoriques, il s’est écoulé 10 000 ans. Existerait-il une connexion profonde et universelle qui les relie par delà l’espace et le temps ? En voilà une idée intéressante. Hugh Hudson croit filer la métaphore de la lanterne magique pour convoquer la philosophie de la caverne de Platon. Mais son tour de passe-passe est vieillot. ALTAMIRA ne fonctionne en effet que sur des recettes éculées sorties tout droit d’une énième reconstitution historique télévisuelle. Costumes bourgeois et intérieurs clinquants sont au service d’une œuvre qui prétend à l’aristocratie mais ne possède aucun raffinement. La différence entre le réalisateur de ALTAMIRA et les maîtres d’œuvres classiques, c’est que le premier capte une performance d’acteurs (pas mauvais) alors que les seconds mettent en scène. Le grandiose du décor devrait servir l’ampleur du mouvement dramatique et filmique plutôt que de n’être que l’écrin d’un scénario plat.

« Ce n’est ni particulièrement mal filmé, mal interprété ou mal monté. Ça n’a juste aucune saveur »

ALTAMIRA possède pourtant une racine enthousiasmante, celle de confronter le tout premier lieu sacré de l’Humanité avec deux pendants plus récents : la religion catholique et la science moderne. Ces deux dernières sont bien représentées avec leur doctrine aussi obtus l’une que l’autre. Mais ce contexte de controverse scientifique et religieux n’est que l’excuse pour nous rapporter la chronologie des faits. Or on attend d’un film qu’il retire de son matériau une forme d’essence, afin de donner au spectateur une raison d’avoir passé 1h30 dans une salle plutôt que d’avoir passé plusieurs jours à lire la biographie de Mr Marcelino Sautuola (Antonio Banderas) archéologue amateur ou de son ennemi épiscopal (Rupert Everett).

Image tirée du film Altamira
Copyright Morena Films

On se demande bien ce que tous ces acteurs sont venus faire dans cette aventure bancale. Tournée à la fois en anglais et en espagnol par des acteurs espagnols, anglais, français (WTF Pierre Niney) ou même… iranien (Golshifteh Farahani, très belle mais un peu perdue), on croit au grand retour des coproductions historiques entre les télévisions européennes. Gloubi-boulga financier ces œuvres sans artiste n’assument ni leur côté anachronique ni leur visée financière. Ce n’est ni particulièrement mal filmé, mal interprété ou mal monté. Ça n’a juste aucune saveur.

Thomas Coispel

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