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LA STRATÉGIE ENDER

LA STRATÉGIE ENDER, divertissement honnête – Critique

Soyons honnêtes, le dernier film de Gavin Hood, X-MEN ORIGINS : WOLVERINE, était un ratage complet. Alors pourquoi aller voir sa nouvelle réalisation, LA STRATÉGIE ENDER, dont il a également écrit le scénario ? Par manque d’intérêt pour les drames français sortis la même semaine ? Par désir de voir un nouveau blockbuster figé dans un univers SF ? Ou peut-être tout simplement par envie de voir si, après HUGO CABRET, le jeune Asa Butterfield peut nous émouvoir à nouveau ? En sortant de la salle de cinéma, la réponse importe peu puisqu’une autre question s’impose naturellement : que vaut vraiment LA STRATÉGIE ENDER ?

Énième adaptation d’un roman de science-fiction, LA STRATÉGIE ENDER aurait pu être une mauvaise blague, une perte de temps relative, un film que l’on regrette d’avoir vu juste après la séance. Mais il n’en est rien. Certes, le pitch n’a rien de bien nouveau : la Terre a subi une invasion extraterrestre et décide de se préparer à la prochaine en enrôlant de jeunes adolescents au sein d’un programme de guerre spatiale. Parmi ces jeunes, un garçon semble être l’Elu, celui qui sera apte à mener la flotte internationale vers la victoire. Bref, nous sommes d’accord, rien de bien nouveau. Mais ce n’est peut-être pas plus mal. Contrairement à tant d’autres films qui font la part belle aux scènes de combat, quitte à mettre de côté la psychologie des personnages, le réalisateur Gavin Hood, ainsi que l’auteur du roman original Orson Scott Card, se placent à contre-courant. Avant même de savoir si la victoire est possible, il nous faut apprendre à connaître et à comprendre Ender, ce fameux Élu.

Ainsi, la première partie du film, qui correspond finalement à la première heure, s’intéresse à la psychologie du jeune garçon. Qui est-il ? Comment vit-il ? A quoi pense-t-il ? Comment est-il perçu par les autres ? Tout y passe. Et étonnamment, cela n’est pas un problème. Le début est lent, parfois un peu poussif, mais il a le mérité d’être clair. Chose nécessaire vu la personnalité plus que complexe d’Ender. Adolescent en colère, il refuse toute forme d’autorité mais tend à être respecté par ses camarades. Peu simple à expliquer à l’écran, c’est ici que le major Anderson (Viola Davis) et le colonel Graff (Harrison Ford) sont d’une utilité indéniable. Leurs joutes verbales sont plus qu’éclairantes. Mais après la théorie, place à la pratique.

Sans révolutionner le genre, LA STRATÉGIE ENDER se place en bon divertissement, à la photographie impeccable et au casting impressionnant, qui ne mérite pourtant aucune suite.

Dans sa seconde partie, LA STRATÉGIE ENDER met en scène l’entraînement que suivent les jeunes recrues. Leur quotidien nous est montré et, séquence après séquence, Ender se place plus ou moins naturellement en leader incontestable. De désobéissances en insubordinations, nous finissons nécessairement par nous attacher au garçon. Impertinent, arrogant et un tantinet agaçant, Ender est une hyperbole de ce que nous étions ou de ce que nous aurions voulu être il y a quelques années. Bien qu’entraîné à mener une guerre, Ender demeure un pacifiste, cherchant sans cesse à comprendre qui il est, ce qu’on attend de lui et ce que veut l’ennemi supposé. En bref, Ender est humain, anormalement humain. L’attaque finale, non annoncée car dissimulée derrière une énième simulation, réjouit autant qu’elle déçoit. Bien évidemment impressionnante, on en garde un mauvais goût car, ne l’ayant pas vu venir, nous ne l’apprécions pas à sa juste valeur.

Entraînée par des artistes du Cirque du Soleil, la bande de jeunes acteurs s’en sort à merveille dans les scènes de combat. Menée par un Asa Butterfield touchant, attachant et incroyablement juste, elle s’avère fort sympathique. Les vannes fusent, font mouche et poussent à une certaine nostalgie. Alors que nous l’avions un peu oublié depuis l’étrange COWBOYS ET ENVAHISSEURS, Harrison Ford signe ici un retour remarqué en entraîneur de la jeune génération. A cause de l’importance donnée à Ender, on regrette que son personnage ne soit pas plus développé, plus complexe et moins rigide.

Mais le véritable problème du film reste finalement son esthétique. Trop propre, trop épurée, trop froide. En voyant LA STRATÉGIE ENDER, comment ne pas penser à tout ce blanc déjà surprésent dans OBLIVION ? A cette opposition entre l’intérieur et la nature sauvage et dangereuse comme celle dépeinte dans AFTER EARTH ? Ou encore à la station spatiale Elysium dans le film éponyme ? Quant aux scènes de simulation, la comparaison avec MINORITY REPORT est inévitable. A cause de son sujet (la protection de la Terre) et de son esthétique, LA STRATÉGIE ENDER s’encre tout seul dans une lignée de films qu’il aurait mieux valu éviter car déjà trop semblables entre eux. Mais heureusement pour Gavin Hood, le retournement politique de son final nous fait (presque) oublier cet aspect du film. En faisant des liens subtiles avec des sujets d’actualité comme les génocides (eh oui ! C’est l’ennemi ou nous !), l’instrumentalisation de l’enfance et les attaques de drones, le film fait réfléchir autant qu’il divertit. Sans révolutionner le genre, LA STRATÉGIE ENDER se place en bon divertissement, à la belle photographie et au casting impressionnant, qui ne mérite pourtant aucune suite.

Wyzman

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Rédacteur depuis le 31.10.2013
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jondoe
jondoe
Invité.e
15 novembre 2013 16 h 32 min

ça me donne envie d’aller le voir.

jondoe
jondoe
Invité.e
15 novembre 2013 17 h 32 min

ça me donne envie d’aller le voir.

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