Photo du film LA VOIX DE HIND RAJAB
Crédits : Jour2Fête

LA VOIX DE HIND RAJAB, un film qui refuse le silence

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Nous sommes le 29 janvier 2024. Il y a Rana, Omar, Mahdi et Nisreen. Ils travaillent pour l’organisation humanitaire palestinienne du Croissant-Rouge. Ce ne sont pas des super-héros. Ce sont des hommes et des femmes ordinaires. Comme nous. Des personnes qui répondent au téléphone. Qui écoutent. Qui tentent de sauver des vies, une voix à la fois.

Si tout était simple, ils partiraient immédiatement au secours des enfants. Mais ils ne peuvent pas agir sans l’accord des autorités israéliennes. Parce qu’en Palestine, envoyer une ambulance pour sauver une vie, c’est accepter, à chaque instant, le risque de perdre la sienne. Alors jour et nuit, le téléphone à la main, les employés du Croissant-Rouge restent là. À écouter. À négocier. À supplier. À tenir la ligne. Pendant que, dans leurs oreilles, des voix tremblent, crient, implorent… puis s’éteignent.

LA VOIX DE HIND RAJAB, un appel suspendu

Ce jour-là, parmi ces voix, il y a celle d’Hanood. Une petite fille gazaouie de six ans. Coincée dans une voiture calcinée, au cœur du quartier de Tel al-Hawa. À côté d’elle, les corps sans vie de son oncle, de sa tante et de sa cousine. Elle n’a plus personne pour la calmer, la rassurer, la protéger.

Les heures passent. Les tanks approchent. Les tirs se rapprochent. La peur devient assourdissante. Elle attrape le téléphone. Compose le numéro du Croissant-Rouge. Elle pleure. Elle supplie. Elle ne comprend pas. Pourquoi personne ne vient ? « J’ai si peur… S’il te plaît, viens. Viens me chercher. Emmène-moi. S’il te plaît… viendras-tu ? ».

Parce qu’elle n’a que six ans. Six ans pour comprendre la mort. Six ans pour affronter la guerre. Six ans pour attendre une aide qui n’arrivera pas.

De l’autre côté du fil

À l’autre bout de la ligne, les employés du Croissant-Rouge font tout ce qu’ils peuvent. Ils la rassurent. Lui parlent doucement. Lui demandent de rester éveillée. De respirer. Et, en même temps, ils luttent pour ne pas s’effondrer eux-mêmes.

Par moments, la voix disparaît. Le silence. La panique. Puis elle revient. Faible. Brisée. La connexion est instable. Comme sa survie.

La procédure ou la vie

Un dilemme terrible s’impose : faut-il envoyer une ambulance pour sauver un enfant, au risque de voir les secouristes mourir à leur tour ? La procédure… ou la vie ? Alors ils tiennent. Ils restent connectés. Ils refusent d’abandonner. Parce que tant que la voix est là, il reste de l’espoir. Même infime. Même fragile.

Un film au présent

LA VOIX DE HIND RAJAB n’est pas un film sur le passé. C’est un film sur un présent qui continue. Un présent où, peut-être, il est encore possible de sauver Hanood. Ce ne sont pas des images d’archives. C’est une reconstitution en temps réel. Une plongée méthodique dans les mécanismes qui empêchent un enfant d’être secouru.

Des acteurs, oui. Mais une réalité brute. Effroyable. Vraie.

La voix qui ne doit pas se taire

LA VOIX DE HIND RAJAB ne s’effacera pas. Elle résonnera longtemps. Dans nos mémoires. Dans nos consciences. Si cet enregistrement a été conservé, s’il a été partagé avec le monde entier, c’est parce qu’il doit être entendu. Par tout le monde. Maintenant.

Parce qu’il y a urgence à arrêter les massacres à Gaza. Ici. Et maintenant. La voix d’Hanood n’est pas une voix isolée. C’est la voix de Gaza qui appelle à l’aide.

— Camille GUILLEUX

Cet article a été publié suite à une contribution d’un·e rédacteur·rice invité·e.
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