Crédits : Concorde Filmverleih GmbH

MANHATTAN LOCKDOWN, un essai réussi – Critique

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Pour ce premier essai sur grand écran, le réalisateur de séries à succès Brian Kirk propose un film policier divertissant, mené par Chadwick Boseman, décédé il y a quasiment un an déjà.

Depuis Training Day d’Antoine Fuqua en 2001, le genre policier semble avoir du mal à se renouveler. À quelques détails près, il est toujours question d’un policier ripou, de drogues et de dilemme moral pour un des personnages principaux. Néanmoins, en s’essayant à ce style si particulier, Brian Kirk propose avec MANHATTAN LOCKDOWN un résultat satisfaisant voire prometteur. 

MANHATTAN LOCKDOWN part d’un pari fou : celui d’isoler l’intégralité de Manhattan pour empêcher des fugitifs de quitter l’île. Ces derniers sont en fuite après avoir massacré une dizaine de policiers lors d’un cambriolage qui a mal tourné. Plutôt que de s’enliser dans une énième chasse à l’homme, le réalisateur renverse la dynamique en créant un huis-clos nocturne dans la ville qui ne dort jamais. C’est donc dans une bulle existant seulement pour une nuit qu’Andre Davis (Chadwick Boseman) va devoir arrêter deux tueurs de policiers : le compte à rebours est lancé.

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Brian Kirk est déjà connu dans le monde du petit écran. Après avoir travaillé sur de nombreuses séries aux atmosphères parfois similaires à celle de MANHATTAN LOCKDOWN comme Luther, Dexter et Broadwalk Empire. Néanmoins, c’est son travail de réalisation sur la première saison de Game of Thrones qui a définitivement créé sa réputation. Ainsi, vraisemblablement habitué aux formats courts, le cinéaste réussit l’exploit de proposer un film policier qui ne dépasse pas les 75 minutes. Un succès inédit pour un genre cinématographique qui a plutôt la réputation de s’engourdir dans des intrigues secondaires ou des scènes d’action interminables. Avec un rythme soutenu, Brian Kirk en profite également pour revisiter certains étapes incontournables du genre policier comme avec une scène dans un abattoir ou encore une dans le métro new-yorkais. Fidèle à l’héritage des films qui ont fait le succès du genre, il est difficile de ne pas y voir un hommage aux films policiers des années 80 et 90.

Ainsi, de nombreuses caractéristiques propres au film policier sont cochées au fur et à mesure de MANHATTAN LOCKDOWN. Dès le départ, l’introduction du personnage de Chadwick Boseman permet d’entrevoir une certaine profondeur sur cet enquêteur dont le père policier est mort en mission et qui a construit sa carrière sur une réputation de « tueur de tueur de flics ». Pourtant, même s’il est connu pour avoir la gâchette facile, Andre Davis n’est pas peint comme étant un casse-cou. Bien au contraire, l’acteur arrive à lui donner une certaine profondeur bien que le développement moral ne soit pas au rendez-vous.

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Les questions de morales sont souvent inhérentes aux films policiers. Régulièrement, ces derniers mettent en scène des policiers corrompus et des traîtres. Ainsi, dès la première minute du film, Brian Kirk crée une atmosphère avec une tension perceptible qui retarde inlassablement ce que le public soupçonne être inévitable. En une nuit, Andre Davis va non seulement devoir arrêter deux criminels mais aussi découvrir des secrets qu’il ne cherchait pas et les criminels se retrouvent soudainement dans son camp. En plus de questionner la moralité de certains personnages, MANHATTAN LOCKDOWN tente d’ouvrir une fenêtre sur la détérioration du quotidien de certains représentants de l’autorité en évitant de tomber dans le jugement ou le pathos. Un équilibre délicat mais perceptible là où d’autres films seraient allés dans l’indulgence et la disculpation de certains comportements.

Au final, bien qu’il ne révolutionne pas le genre et Brian Kirk propose peut-être un énième dérivé du genre policier mais MANHATTAN LOCKDOWN n’en est pas moins divertissant. Le film tient ses promesses et offre une forme de revival aux films policiers des années 90. Un passage sur grand écran pour le moins réussi pour le réalisateur abonné aux séries télévisés qui montre qu’il est possible de faire des films de bonne qualité en moins de deux heures, n’en déplaise à de nombreux cinéastes à la caméra lente.

Sarah Cerange

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Titre original : 21 Bridges
Réalisation : Brian Kirk
Acteurs : Chadwick Boseman, Sienna Miller, J.K Simmons
Date de sortie : 1er janvier 2020
Durée : 110 minutes
3
Divertissant
Rédactrice
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