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MON NINJA ET MOI, dessin animé rythmé mais inégal

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Si l’on connaît déjà cette histoire d’adolescent mal dans sa peau devenant l’égérie du monde dans lequel il avance, certaines idées surprennent. En bien comme en mal.

Il convient de le préciser d’emblée : MON NINJA ET MOI est à réserver aux enfants en grand âge. La séquence d’introduction l’atteste. En montrant un fabricant de jouet exploiteur d’enfants assassinant froidement l’un d’eux, le spectateur réalise que cette production danoise va traiter frontalement de problèmes inhérents à l’adolescence et plus généralement à la société. Suite au décès supposé de l’enfant laissé au sol, l’un des jouets prend vie et décide de le venger, possédé par l’esprit d’un ninja.

Logiquement, la peluche ninja s’allie avec Alex, jeune adolescent en proie aux doutes, et c’est sûrement la meilleure idée du film. Les héros sont mis face à de nombreux antagonistes et les péripéties s’enchaînent dans un rythme effréné. Ainsi, le combat contre chacun des opposants est plaisant à suivre et l’ingéniosité du ninja donne lieu à de belles trouvailles visuelles. L’affrontement inévitable contre la brute épaisse du collège donne lieu à la construction d’un parc d’attraction miniature, composé de nombreux pièges. Outre la « bagarre » (dont la violence surprend pour ce type de production), il est plaisant de voir que l’imagination joue une rôle essentiel dans l’accomplissement du héros.

Photo du film MON NINJA ET MOI
© Alba Films

Il est alors étonnant de constater que les personnages entourant cet attachant duo manquent de profondeur et se cantonnent à des rôles stéréotypés, simple faire-valoir de l’intrigue. On en vient à regretter Colt Bronco, beau-père centaure de Ian dans En Avant quand on voit celui d’Alex, personnage néfaste et pervers qui se contente de jouer son rôle de profiteur grotesque. Les traits trop soulignés du frère malveillant à l’extrême ou de l’amoureuse parfaite en tout point déteignent sur la crédibilité des deux héros, comme si ces derniers méritaient finalement mieux.

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Ces lieux communs à ce type de production pour enfant pouvaient être évités et l’ensemble aurait gagné en saveur. Surtout, la portée provocatrice, si elle est souvent bien amenée, peut s’avérer dérangeante pour un jeune public du fait de certains attraits trop irrévérencieux. On aurait bien voulu que l’intrigue sur le fabricant de jouets ne soit pas qu’un fil scénaristique traité en filigrane tant la séquence initiale trouve un équilibre louable entre violence démesurée et poésie incantatoire.

Photo du film MON NINJA ET MOI
© Alba Films

MON NINJA ET MOI avait tout pour être la bonne surprise de ce début d’été à l’heure où les dessins animés n’affluent pas sur les écrans. Si l’ensemble est rythmé et plaisant, la 3D parfois brouillonne et les archétypes inévitables empêchent d’apprécier à sa juste valeur un ensemble trop hétéroclite. Anders Matthesen et Thorbjørn Christoffersen attisent cependant la curiosité quant à la suite de leur carrière et l’imaginaire débridé qu’ils laissent entrevoir nous pousse à croire que la suite ne sera que meilleure.

Emeric

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Titre original : Mon Ninja et moi
Réalisation : Anders Matthesen, Thorbjørn Christoffersen
Scénario : Anders Matthesen
Date de sortie : 15 juillet 2020
Durée : 1h21min
2.5
Inégal

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