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Crédits : Paramount Pictures

NINJA TURTLES : TEENAGE YEARS, réussite d’animation et perle de la franchise – Critique

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Franchement, 2023 fut une année ô combien rafraichissante et superbe pour l’animation. Après la claque annoncée de Spider-Man : Across the Spider-Verse en début d’année, se sont succédés – entre autres – les très bons Élémentaire, Migration, Le Garçon et le Héron, ou encore notre licorne SF de l’année, Mars Express. Mais, alors que le soleil d’été tapait sur la France et faisait bouillir les toits des cinémas des après-midis d’août, quelques étages plus bas se projetait sur les écrans une toute nouvelle aventure des Tortues Ninja, scénarisée notamment par Seth Rogen et Evan Goldberg, réalisée par Jeff Rowe et Kyler Spears. Un plutôt bon succès critique, un box-office honorable face au colosse Barbenheimer, bien qu’en dessous des précédents films Ninja Turtles de 2014 et 2016, et du film d’animation Le Destin des Tortues Ninja sorti sur Netflix en 2022 et qui fait suite à deux saisons d’une série du même nom. Alors pourquoi ce Tortues Ninja version 2023 est-il singulier et vaut-il le détour ?

Plongée dans le mythe et renouvellement

Quel gamin ayant grandi dans les années 90 n’a pas aimé, voir adoré les péripéties de ces tortues mutantes toujours prêtes à enquêter et botter des fesses, grâce au dessin animé culte et à son générique si marquant ? Eh bien, pour les petits et petites (et pas que) des années 2010 et presque 2020, ce film s’impose comme le renouvellement parfait du mythe Tortues Ninja. Déjà, une histoire inédite nous est proposée, centrée sur l’adolescence des tortues. Parenthèse assez drôle, ce choix d’axe est né du constat de Seth Rogen : il manquait la partie « Teenage » du sigle anglais TMNT (Teenage Mutant Ninja Turtles) dans les aventures diverses des tortues. Après une partie de l’origin story qu’il fait plaisir de découvrir, nos quatre combattants de 15 ans vont se retrouver à – sans spoilers – faire la rencontre de la jeune lycéenne et reporter en devenir, April O’Neil. Mais le crime n’est jamais loin à New-York. Un voleur d’équipements ultra-technologiques du nom de Superfly commence à faire du bruit dans les rues. Nos héros vont ainsi avoir l’opportunité d’arrêter ce malfaiteur et sa bande de mutants dégénérés. Une occasion de se faire ainsi accepter des humains, le tout mis en boite par April qui tiendra là un reportage en or. Ça, c’est le plan de base, mais comme souvent avec les plans de base, il ne va pas se passer comme prévu. L’aventure prend alors d’autres tournants et questionnera Leonardo, Donatello, Raphael et Michelangelo sur eux-mêmes, sur leurs rôles, leurs forces, leurs faiblesses, et leur cohésion fraternelle. A histoire inédite, personnages hauts en couleur et originaux, une des attentes que l’on peut avoir est comblée et devient un des points forts du film : on va rencontrer bon nombre de spécimens (pas que) criminels, ainsi qu’un « grand méchant » au design superbe et aux ambitions dignes de ce grand rôle. Mais stop ! Pour ceux qui ne l’ont pas vu, on s’arrête là.

Si la carte d’avoir choisi l’adolescence des héros est intéressante, car pas vraiment traitée, c’est ce que le scénario en fait qui l’est encore plus. On traite ici au sujet de la différence, du rejet de l’autre façon X-Men et surtout de l’acceptation. Le mécanisme social est en marche, ponctué d’un humour qui vous fera sourire et même rire, dosé et pour tous les âges. Par le traitement du questionnement existentiel éternel propre à cette période charnière de nos vies, le film s’amuse avec ses pensées, convenues, certes assez prévisibles, mais s’inscrivant parfaitement dans son époque. C’est là où il apporte un parfait renouveau, pas spécialement attendu (c’est ça qui crée aussi la bonne surprise) pour la franchise Tortues Ninja. Attention et à ne pas oublier, le film est bel et bien bourré de baston et d’action survoltée au ninjutsu durement enseigné par Splinter. Les scènes et les plans regorgent de bonnes idées disséminées de ci de là, pour la plus grande joie des spectateurs. Les enfants et ados vont découvrir des tortues drôles, balèzes et même touchantes, dans l’ère du temps et les parents vont (re)trouver leurs stars d’enfance remises au goût du jour, pour le meilleur.

Quatre tortues d’enfer, dans la ville

Bien sûr, une autre étoile récoltée par le film est celle de son style d’animation, ô combien réfléchie, fine et pleine de charme. Les équipes de Mikros, entreprise française d’animation et de Cinesite se sont attelées à un défi de taille, celui de concevoir une esthétique devant ressembler – là aussi – à des dessins d’adolescents et à des concepts-arts. En l’occurrence et un peu dans une optique d’Inception, les dessins que réalisait lui-même Jeff Rowe dans sa jeunesse ont été source d’inspiration. C’était le cœur du défi : réussir à matérialiser personnages, décors, lumières d’un style haché, presque crayonné, dans un mélange d’aspect brut et plein de précision. L’animation a suivi cet esprit hybride, mêlant des scènes imaginées en 3D avec un traitement 2D, donnant au film son propre style unique et surprenant. Cela fut une de lignes de conduite dès la genèse du projet : sortir de l’animation 3D pure pour fusionner avec la 2D et obtenir un rendu plus artistique.

Sur les sites de Mikros et de Cinesite, on apprend tout ceci dans les moindres détails. Les deux équipes, aidées également par celle de Nickelodeon, ont donc trouvé de nombreuses idées et inspirations pour le design des tortues, les couleurs, les ambiances et lieux clés du film. Par exemple, elles ont beaucoup été inspirées par la série animée de 1987 et tout le merchandising des jouets qui s’en suivit. Est venu ensuite le temps des scènes de combats, où il a fallu chorégraphier mouvements, images par seconde, choix de méthodes techniques et idées de scénarisation. Exemple, les films de Jackie Chan et son utilisation des objets fut une inspiration importante. Et c’est un superbe clin d’œil quand on voit que c’est Jackie Chan lui-même qui a prêté sa voix à Splinter, le rat ninja, maître formateur et père adoptif des tortues. Ce qui a guidé la réalisation de ce film, c’est donc l’amour de ces personnages par toutes les strates du projet et le résultat est palpable. S’il fallait donc retenir un maître mot de la conception du projet, ce serait cette adolescence, dont Kevin Eastman – créateur du comics Tortues Ninja en 1984 – a soutenue et a déclaré aimer l’idée à la San Diego Comic-Con de 2022.
À part tout ceci, comment ne pas évoquer le rythme du film, qui nous porte avec lui et ne nous fait pas voir le temps passer, ainsi que sa bande originale, foncièrement urbaine, parfaitement adaptée et frénétique ? Bon nombre de titres conçus par Trent Reznor et Atticus Ross ont ce pouls rythmé, étouffé et parfois électronique qui rappellent la vibe, tant des jeux vidéo des années 90 à la Streets of Rage, tant de ceux très actuels comme Cyberpunk 2077. Les instrus se mélangent à ceci et des titres comme – mention spéciale – No Diggity rendent des scènes superbement cool et mémorables.

Seraient aussi citables l’écriture des dialogues, les problématiques des différents protagonistes, ou même la VF très réussie, où notamment Sofiane Zermani fait un très bon travail pour incarner un Superfly charismatique. Vous l’aurez compris, cette petite perle de 2023 aux nombreux atouts est à (re)voir sans hésitation aucune. Un vrai plaisir pour tous, et un film qui fait date dans la saga Tortues Ninja. Fans de pizza, d’égouts new-yorkais, de combats, et de reptiles, foncez. Un vent de qualité souffle sur le monde de l’animation en ce moment et qu’est-ce que ça fait du bien…

Martin ROCHE-PIANTINO

Cet article a été publié suite à une contribution d’un·e rédacteur·rice invité·e.
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