NOUS LES CHIENS, épopée canine – Critique

NOUS LES CHIENS est un film d’animation coréen très réussi, par son message positif qui fait réfléchir sur la solidarité d’une meute de chiens, en proie aux mauvais comportements des humains. A voir en famille.

NOUS LES CHIENS est un film d’animation émouvant et drôle, conseillé pour les enfants à partir de 6 ans, mais que les adultes peuvent aussi regarder avec grand plaisir. Au travers des aventures d’une bande de chiens attachants et sympathiques, sont abordés des sujets plutôt tristes, comme les mauvais traitements commis par certains humains envers les animaux, la solitude ou encore la mort. Mais ce qui est enthousiasmant, c’est que le film permet surtout de montrer aux enfants que l’on s’en sort toujours dans la vie, dès lors que l’on est bien entouré et que l’on bénéficie d’entraide, d’amitié et d’amour.


On dit que le chien est le meilleur ami de l’homme, mais l’inverse n’est pas vrai dans NOUS LES CHIENS. Car la première image du film donne à voir l’abandon au bord d’une route d’un chien par son maitre, sous prétexte qu’il n’a plus la place de le garder. Le spectateur est tout de suite empathique en découvrant le sort de Moong-chi et est navré pour lui de le voir attendre en vain le retour de son maitre. Bien sûr, pour renforcer leur propos, les réalisateurs Oh Sung-Yoon et Lee Choon-Baek prêtent des sentiments humains aux animaux, mais après tout, n’est-il pas prouvé scientifiquement que ces derniers sont capables de sensibilité émotionnelle, voire d’empathie ?

NOUS LES CHIENS se révèle un film porteur d’un message positif et d’une belle leçon de vie, qui permettra peut-être aux humains de regarder désormais les chiens d’une autre manière.

Abattu, Moong-chi garde dans sa gueule la balle que son maitre lui lançait pour jouer, symbole de leur lien, mais aussi de l’insouciance de sa vie d’avant. Puis grâce à sa rencontre avec d’autres chiens, tous abandonnés au même endroit, Moong-chi va reprendre du poil de la bête et faire peu à peu son deuil de cette époque et de son foyer qu’il croyait heureux. Le facétieux Jjanga et le solide Gaeko l’accueillent ainsi dans une maison en ruines devenue leur quartier général et lui expliquent sa nouvelle vie de chien errant et de quelle manière il doit désormais se méfier des humains. Et surtout du chasseur, qui les traque jour et nuit pour les enfermer dans un chenil-prison. Les deux chiens débrouillards bousculent aussi Moong-chi dans ses certitudes et ses espoirs, se moquent gentiment de lui et lui remontent le moral tout en lui apprenant à survivre et à voler de la nourriture.

Alors Moong-chi, même s’il est un peu maladroit, apprend vite les règles de la rue, découvre son instinct animal et son plaisir de chasser et de courir au grand air. Mais il s’aventure un peu trop haut dans le territoire montagnard tenu par une bande de chiens sauvages, menée par son chef Bleu, chassés par les humains à cause du bétail qu’ils convoitaient. Et le jeune chien s’éprend alors de la belle Ba-mi, dont on apprendra qu’elle a été traumatisée par les humains.

NOUS LES CHIENS parvient très bien à montrer comment Moong-chi devient le pont improbable entre ces deux bandes, ceux de la ville et ceux de la montagne, qui ont pour point commun d’être chassées par les humains. Les chiens se mettent alors en route pour échapper au chasseur et partir à la recherche de l’endroit dont Gaeko parle comme d’un paradis pour les chiens. Cette terre promise est située dans une zone démilitarisée, habituellement représentée dans le cinéma coréen comme un symbole de la guerre de Corée.

Il y a beaucoup de moments touchants et drôles dans NOUS LES CHIENS, et on ne s’ennuie jamais au cours des 102 minutes que dure le film, au rythme très soutenu. Le trait du dessin, inspiré de la peinture traditionnelle coréenne, est très fin et agréable à regarder. Quant aux personnages des chiens, ils sont bien travaillés et se distinguent les uns des autres par les traits de caractère particuliers connus de leur race. Et même si la version française prive le spectateur du plaisir du doublage par des acteurs coréens connus, telle Park So-Dam vue dans Parasite, qui double Ba-Mi, NOUS LES CHIENS se révèle un film porteur d’un message positif et d’une belle leçon de vie, qui permettra peut-être aux humains de regarder désormais les chiens d’une autre manière et de se comporter autrement avec eux.

Sylvie-Noëlle

Parasite, la révolte des pauvres

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Titre original : Nous les chiens
Réalisation : Oh Sung-Yoon, Lee Choon-Baek
Scénario : Oh Sung-Yoon
Date de sortie : 22 juin 2020
Durée : 1h42 min
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