[critique] OBVIOUS CHILD

Wyzman Rédacteur depuis le 31.10.2013
Mise en scène
7
Scénario
8
Casting
9
Photographie
8
Musique
8
Note des lecteurs0 Note
0
8

[dropcap size=small]L[/dropcap]ong métrage issu du court métrage homonyme de Gillian Robespierre, OBVIOUS CHILD est le sixième film en compétition du Champs-Elysées Film Festival. Petit bijoux empli de cynisme, de sarcasme et finalement, de vérités, le premier film de Gillian Robespierre est une véritable merveille comme on en voit malheureusement trop peu. Si le sujet est dur (l’avortement d’une jeune femme qui vient tout juste de se faire larguer), celui-ci est traité avec sérieux et légèreté à la fois. Saupoudré d’une bonne dose d’humour, on finirait presque par penser que l’avortement c’est cool. Ou du moins, que ce n’est pas aussi triste que ça en a l’air ! Explications.

Donna Stern (Jenny Slater, HOUSE OF LIES) est une jeune libraire qui fait régulièrement du stand-up dans un bar. Plutôt drôle, celle-ci a un jour la « mauvaise » idée de raconter les problèmes sexuels qu’elle rencontre avec son petit ami, malheureusement présent dans la salle. Ne pouvant en supporter davantage, il rompt avec elle, lui révélant au passage qu’il a couché avec l’une de ses meilleures amies. Dès lors, la petite vie de Donna va virer au cauchemar. La librairie dans laquelle elle travaille va être fermée, la laissant sans travail. Son père lui remonte très mal le moral après sa rupture et sa mère ne fait que mettre en avant ses problèmes d’argent. Son ex est plus que bien installée avec la fameuse copine de Donna. Ses petits sketches ne font plus rire. Et comme si ce n’était pas suffisant, après avoir passé la nuit avec un charmant jeune homme, Max (Jake Lacy, THE OFFICE), elle tombe enceinte ! Vous conviendrez que cela a tout d’une bonne VDM. Cependant, Donna peut compter sur l’appui de ses deux très bons amis, Nellie (Gaby Hoffmann, GIRLS) et Joey (Gabe Liedman, BROOKLYN 99). Grâce à eux, elle va lentement remonter la pente, prendre la décision qui s’impose et tenter de grandir.

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Sujet toujours un peu tabou, l’avortement n’est jamais encensé ou jugé dans OBVIOUS CHILD. Si la réalisatrice et scénariste ne prend jamais partie, c’est pour une bonne raison : chaque cas est différent et chaque femme qui opte pour l’avortement a ses raisons. De ce fait, le film montre avant tout le parcours d’une fille que l’on pourrait percevoir comme banale et qui se retrouve, malgré elle, forcée de prendre une décision qui a son importance. Pour éviter de tomber dans le simple drame télévisuel, Gillian Robespierre a eu la bonne idée de faire passer son message grâce à l’humour. Pour cela, l’humoriste Jenny Slater est parfaite. Sans jamais se moquer de son sujet ou l’aggraver, la scénariste parvient à nous faire rire tout au long de son film, à nous faire compatir aux malheurs de Donna. Jeune fille aux névroses apparentes, elle utilise constamment l’humour pour se protéger, pour s’empêcher de sombrer – et nous avec -, pour relativiser. En mettant celle-ci dans des situations invraisemblables voire un peu glauques, Gillian Robespierre crée une œuvre absolument unique et merveilleuse.

« C’est drôle, c’est frais, c’est génial ! »

Comme une histoire qui a un début et une fin, OBVIOUS CHILD commence avec Donna se faisant larguer et s’achève après qu’elle ait avorté. Autre idée intelligente, Gillian Robespierre a opté pour une fin ouverte, que chacun peut interpréter à sa manière. Ainsi, si tous les problèmes de Donna ne sont pas réglés à la fin du film, nous pouvons repartir en sachant que sa situation est bien moins compliquée qu’au début du film, ou à son milieu. Qui plus est, avec Max dans sa vie, on voit difficilement comment les choses ne pourraient pas aller. Ensemble, ils forment un couple absolument adorable. Parce qu’elle est incroyablement bizarre. Parce qu’il est aussi gentil qu’il n’y parait. Parce qu’ils n’ont rien à faire ensemble. Parce que les débuts de leur relation étaient vraiment chaotiques. Avec son découpage intelligent, son excellent, ses dialogues à mourir de rire, sa très belle photographie et sa musique bien mixée, OBVIOUS CHILD est une comédie au-delà du sympathique et loin d’être une énième « romcom » (comprenez « une comédie romantique ») juste pour les filles. C’est drôle, c’est frais, c’est génial !

[divider]CASTING[/divider]
Le champs-Élysées Film Festival 2014

Titre original : Obvious Child
Réalisation : Gillian Robespierre
Scénario : Gillian Robespierre
Acteurs principaux : Jenny Slater, Jake Lucy, Gabe Liedman, Gaby Hoffmann
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 3 SEPTEMBRE 2014
Durée : 1h23mn
Distributeur : Paradis Films
Synopsis : Que se passe-t-il quand la comédienne Donna Stern se fait larguer, virer, et découvre qu’elle est enceinte juste à temps pour la pire/meilleure Saint-Valentin de sa vie ?

[divider]BANDE-ANNONCE[/divider]

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