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S.O.S FANTÔMES – LA MENACE DE GLACE, imaginaire congelé – Critique

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2.5

On est mal. Comme tout le monde le sait, Hollywood s’éclate à vouloir faire revivre les grandes sagas d’antan en faisant revenir les visages qui les ont portés. Sauf que comme tout le monde le sait, Hollywood s’éclate surtout à déterrer des univers porteurs d’imaginaires et de personnages forts pour se remplir les poches à coups de « scénarios » indignes qu’une I.A. ne ponderait même pas et de « personnages » malheureusement désormais plus que des coquilles vides que nos anciennes gloires ne peuvent ou ne veulent plus essayer d’incarner… Ouaip, on est mal.

Il y a pourtant toujours un peu d’espoir, surtout pour un optimiste comme l’auteur de ces lignes qui estime que le précédent retrouvait un peu d’âme grâce à la sensibilité de Jason Reitman qui, au début, prenait le temps de déployer des éléments simples mais sincères. Sauf que, là où les paysages horizontaux inédits dans l’univers auraient pu accueillir une histoire touchante de tous ces personnages un peu paumés qui s’allient, tout ce petit monde, bien que sympathique, se retrouvait à s’agiter pour pas grand-chose contre des monstres déjà vus et pour se faire sauver par les anciennes vedettes qui débarquaient pour susciter une excitation difficile à faire naître.

Et, comme son prédécesseur, Gil Kenan avait réussi à emballer des premières minutes assez réussies – une scène d’ouverture une centaine d’années plus tôt, prenant son temps de déployer une atmosphère redonnant un peu de textures à cet univers – avant de sombrer dans la cacophonie du moment.

Car S.O.S FANTÔMES – LA MENACE DE GLACE tombe dans plein de travers actuels, et notamment cette habitude qu’ont les studios pour mitrailler des dialogues un peu drôles (et encore) / un peu fonctionnels pour dérouler leur programme sans trop s’emmerder. Et bien sûr tout ça a pour résultat de ne plus laisser de place au mystère, au ressenti, au frisson… Les personnages, pourtant incarnés par des acteurs souvent doués et sympathiques, ne sont plus que réduits à incarner les volontés mercantiles des costards cravates qui n’ont aucun respect pour nos passionnés qui enfilent la tenue de travail et vont sur le terrain. Car nos Ghostbusters, anciennement nés de l’esprit d’auteurs qui parlaient avec affection d’individus marginaux (Simon Riaux l’explique très bien ici), ne sont ici plus que l’incarnation essorée du cliché de la famille dysfonctionnelle malheureusement moins bien mise en scène que dans L’Héritage qui déjà ne volait pas très très haut malgré pourtant un joli point de départ et une véritable sincérité derrière la caméra. Tous ces protagonistes commencent à être aussi transparents que les fantômes qu’ils chassent, car l’objectif n’est à chaque fois que de reconvoquer les gloires passées pour redonner un sursaut à des imaginaires adulés par les précédentes générations. Mais à part Phoebe (McKenna Grace, touchante, dégage toujours un joliment supplément d’âme) et sa jolie relation avec Melody, et Ray qui s’en sort pas trop mal notamment grâce à la sincérité de Dan Aykroyd (vrai passionné de paranormal), il ne reste plus que de trop nombreux nouveaux personnages à la caractérisation pulvérisée au proton pack et des anciens qui ne sont plus que – on est bien obligé de la faire – des fantômes d’eux mêmes.

En laissant de côté tout espoir (et en oubliant le mal que font les studios à des histoires autrefois belles, sincères et importantes pour la pop culture), cet empire gelé reste de ces divertissements qui peuvent se laisser regarder, et qui gardent une certaine sympathie. C’est simple, lumineux (ce qui ne devait pas être le cas d’ailleurs, au moins en partie), et Carrie Coon et Paul Rudd sont toujours très sympahtiques dès qu’ils peuvent quitter l’arrière-plan. Sauf que comme tellement d’autres aberrations de cette espèce, il n’y a malheureusement pas non plus grand-chose à se mettre sous la dent niveau fun, action et mise en scène. Kenan, qui a su démontrer des qualités dans le passé (le plutôt surprenant Monster House), orchestre tout ça sans idée et sans énergie, à part au début. Quand à la fameuse menace, elle sera « incarnée » par un énième antagoniste numérique interchangeable dont on ne prendra jamais les désirs au sérieux – qui sont, en plus, aussi originaux que vouloir contrôler le monde – car celui-ci ne sera jamais vraiment montré en péril (la ville n’est jamais menacée, ça finit dans le garage des Ghostbusters et toute sensation d’ampleur a été balancée au placard tels les fantômes capturés envoyés au sous-sol).

Même l’hommage, désormais rituel (mais perdant de sa puissance), a à peine le temps d’exister à l’écran. Quand le « Pour Harold » de L’Héritage apparaissait avec respect entre deux mouvements de caméra qui liaient les évènements avec le retour à New York comme un raccord entre passé et futur, le « Pour Ivan » laissé ici est balayé à peine apparu par la musique lancée avec précipitation par les décisionnaires qui tirent les ficelles. Des gens qu’on ne peut pas mieux se représenter en pensant à un des fantômes du film en particulier, Bouffe-Tout : un truc verdâtre, gluant, moche et qui ne pense qu’à s’empiffrer…

Simon BEAUCHAMPS

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