TROISIÈMES NOCES, une rencontre haute en couleur – Critique

Le troisième film du réalisateur belge David Lambert, TROISIÈMES NOCES, est en Compétition au Festival Francophone d’Angoulême.

Grâce à TROISIÈMES NOCES, que le réalisateur David Lambert a adapté du roman éponyme de Tom Lanoye, on sait que l’amour et l’attachement peuvent prendre bien des formes. Il y a l’amour de Martin (Bouli Lanners) pour son mari, qui vient de perdre la vie dans un accident de voiture. Il y a l’amour auquel Martin doit faire croire pour faire valider son mariage blanc avec Tamara (Rachel Mwanza), la jeune maîtresse congolaise de son ami Norbert à qui il accepte de rendre service. Il y a l’amour de Philippe, l’amoureux congolais de Tamara, qui accepte malgré lui ce mariage blanc, son amant belge et qui est lui-même prêt à presque tout pour rester en Belgique. Enfin, il y a l’amour de Tamara pour Philippe, Norbert et Martin. Car Tamara et Martin, un peu comme dans Green Card, vont devoir se rapprocher pour déjouer les questions de la police, qui les soupçonne évidemment de frauder et de faire semblant.Photo du film TROISIÈMES NOCESContre toute attente, ces deux-là vont s’apprivoiser et se soutenir mutuellement. TROISIÈMES NOCES dresse la jolie rencontre entre ces deux solitudes qui vont s’épauler. Celle d’un vieux grincheux et gay assumé, qui a bien du mal à faire son deuil et qui voit le fantôme de son amant. Et celle de cette jeune femme débrouillarde et enthousiaste, qui a peur d’être reconduite à la frontière. C’est aussi un choc des cultures , avec en filigrane le colonialisme de la Belgique sur le Congo. Il démontre encore, depuis que le monde est monde, la puissance des forts sur les personnes en situation de faiblesse qui n’ont que leur corps pour marchander des services.

« TROISIÈMES NOCES se révèle un film très touchant, qui prouve que si l’amour prend bien des formes, les preuves d’amour aussi. »

Mais que l’on ne s’y trompe pas, TROISIÈMES NOCES est bien une dramédie, qui traite avec humour des situations dramatiques. Les personnages sont tous attachants, on rit du culot de Tamara et on est ému par la tristesse indicible que trimbale Martin. Le rythme est lent, laissant judicieusement au spectateur le temps de s’habituer à chaque nouveau pallier des relations, un peu comme le fait Martin. Chaque personnage évolue et trouve peu à peu sa place dans la maison de Martin, aussi tarabiscotée qu’encombrée de trop de souvenirs pour en créer d’autres. On n’est pas prêt d’oublier les larmes émouvantes de Bouli Lanners (Chien, Petit Paysan), preuve concrète d’un cœur qui saigne, mais surtout d’un cœur qui s’ouvre. TROISIÈMES NOCES se révèle donc un film très touchant, qui prouve que si l’amour prend bien des formes, les preuves d’amour aussi.

Sylvie-Noëlle

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Titre original : Troisièmes noces
Réalisation : David Lambert
Scénario : David Lambert, d’après l’oeuvre de Tom Lanoye
Acteurs principaux : Bouli Lanners, Rachel Mwanza, Virgine Hocq
Date de sortie : NP
Durée : 1h37min
3.5
Touchant

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