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Photo du film VIOLENT NIGHT
Crédits : 2022 Universal Studios. All Rights Reserved

VIOLENT NIGHT, deadly night ? – Critique

David Harbour en Père Noël tueur. John Leguizamo en criminel sadique. Il n’en fallait pas plus à VIOLENT NIGHT pour attiser la curiosité. Et le film de Tommy Wirkola se révèle comme une semi bonne surprise, entachée de quelques fautes de goût bien pardonnables.

Le cinéma de genre s’est attaqué au Père Noël à de maintes reprises au fil des décennies. De Silent night, Deadly night à Père Noël : origines, en passant par Don’t open till Christmas, à l’écran, le bon Saint-Nicolas a déjà écoulé pas mal de litres de sang. Toutefois, rarement un Père Noël tueur n’aura statué du bon côté de la morale. Et c’est peut-être à la fois la force et l’originalité de ce VIOLENT NIGHT – conçu comme un divertissement grand public. Le soir du réveillon, le véritable Père Noël doit se battre pour libérer une petite fille et sa famille aux prises avec des preneurs d’otage. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la dentelle.

Photo du film VIOLENT NIGHT
Crédits : Universal Studios

Adepte du défonçage de crânes à coup de masse, David Harbour joue son rôle habituel. Comme dans Stranger Things, il incarne une ancienne figure d’autorité acariâtre, ému par le sort d’une jeune enfant… Si le costume semblait parfaitement taillé pour lui, il arrive encore à nous surprendre par le plaisir sadique qu’il prend visiblement à massacrer du grand bandit. On regrette cependant un premier quart d’heure franchement vulgaire où le Père Noël pisse, rote et vomit – une obsession américaine. Passé cet outrage, VIOLENT NIGHT regorge de bonnes surprises et tient efficacement ses promesses.

La dinde est servie

En effet, s’il reste loin de l’effusion sanglante d’un The Sadness, le film témoigne d’une violence graphique et relativement osée pour son packaging commercial. Déjà rôdé à l’exploitation opportuniste, le réalisateur Tommy Wirkola s’était précédemment illustré avec le film de zombies-nazis Dead Snow en 2009, Hansel & Gretel : Witch hunters en 2013, et plus surprenamment, avec Seven sisters en 2017. Bon tâcheron du genre, Wirkola s’en sort avec les honneurs – si l’on excepte un ou deux plans séquences visant à l’économie, pour le coup assez peu lisibles. Du reste, VIOLENT NIGHT témoigne d’une esthétique dans la moyenne de ce type de productions : ni laide, ni révolutionnaire.

Sur le fond, la blague du Noël sanglant sonne grasse et bébête. Néanmoins, on trouve ce qu’on est venu y chercher. Et la dinde est servie. John Leguizamo cabotine comme jamais en antagoniste d’une méchanceté imbécile et crasse. On l’attendait, bien sûr, sur ce registre, mais force est de constater qu’il rejoue sa partition à merveille. VIOLENT NIGHT offre, de plus, une jouissance particulière en la personne de Leah Brady, une enfant-actrice que l’on emploie à un autre rôle que celui de l’éternelle petite fille modèle. Cela ne dispense toutefois pas le long-métrage de verser par instants dans la mièvrerie et les bons sentiments…

Die Hard, j’ai raté l’avion

Si l’on aurait aimé une sortie de piste un peu plus radicale, VIOLENT NIGHT réserve tout de même quelques bonnes surprises. Pour un divertissement destiné à un plus large public qu’une comédie bis fauchée, il ose et se distingue même par une certaine modernité. On pourrait, certes, reprocher à ce Père Noël de sauver les riches au détriment des pauvres – une position difficile à défendre dans le contexte actuel. Mais ce serait s’acharner à intellectualiser le propos. Au même titre que Die Hard, qu’il cite sans vergogne, VIOLENT NIGHT se savoure pour ce qu’il est : une variation sur un modèle préétabli – le génie de McTiernan en moins (n’exagérons rien).

Photo du film VIOLENT NIGHT
Crédits : Universal Studios

D’ailleurs, dans sa dimension méta, le film de Tommy Wirkola assume ses références et les exploite même plutôt bien. On apprécie les clins d’œil plus ou moins appuyés à Maman, j’ai raté l’avion, Super Noël, voire même Silent Night, deadly night. Nul doute qu’au scénario, Patrick Casey et Josh Miller s’en sont donné à cœur joie, tout en ne perdant pas de vue la dimension commerciale du projet, à grands renforts de guirlandes et cotillons. Si l’ensemble manque parfois de subtilité, VIOLENT NIGHT n’en demeure pas moins un joyeux bordel, qui ravira autant les amateurs du genre que les non-initiés. Un chouette moment pop-corn à partager entre potes.

Lily Nelson

Simon
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Titre original : Violent Night
Réalisation : Tommy Wirkola
Scénario : Patrick Casey, Josh Miller
Acteurs principaux : David Harbour, John Leguizamo, Alex Hassell
Date de sortie : 30 novembre 2022
Durée : 1h52min
2.5
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