Babes’ Not Alone est un beau morceau de cinéma qui joue d’un merveilleux équilibre entre drame et rire noir. Perfectible, mais lumineux.

L’art du « film sur rien » s’est beaucoup développé depuis le succès des séries à la Seinfeld dans les années 90. Le succès grandissant du stand-up, de la mise en scène du quotidien, a inspiré de nombreux cinéastes, notamment aux Etats-Unis. Encore récemment, c’est le brillant Paterson de Jim Jarmusch qui venait rappeler qu’il n’y a pas de « petit sujet ». Dans BABES’ NOT ALONE, Lee Yi-Shan poursuit cette tradition très occidentale, qui rappelle d’ailleurs Amélie Poulain et donc paradoxalement la poésie exotique des premiers Wong Kar-Wai.

Comme dans 100th Birthday Wish, lui aussi présenté aux Rencontres du cinéma taiwanais, BABES’ NOT ALONE c’est l’histoire d’un anniversaire. Un anniversaire qu’on oublie, qu’on gâche, qu’on tente de sauver. Il y a dans le film de Lee des émotions contradictoires : d’un côté ce sentiment d’abandon, de désespoir enfoui, et de l’autre ce relief de comédie grinçante et rugueuse.
BABES’ NOT ALONE se découvre comme une Odyssée. L’atmosphère n’est pas vraiment coennienne, mais l’idée l’est : on n’est pas si loin d’un Arizona Junior et des références homériques d’un O’Brother. Certes, la variable épique n’est pas la même, mais on retrouve chez ces cinéastes le même amour du décalage, de ces personnages situés quelque part entre la douce allégorie sociale et un véritable humanisme. Pour faire court, ils ont du cœur.

Il y a certes matière à citer beaucoup de muses, mais le film de Lee Yi-Shan possède une vraie personnalité, un charme très singulier. Jouissif et mélancolique, voilà un joli petit tour de force qui révèle au passage une cinéaste que l’on aimera retrouver à l’avenir. Une bien belle surprise.

À voir aux Rencontres du cinéma taïwanais, le 10 février 2017 à 20h

KamaradeFifien

Votre avis ?

BANDE-ANNONCE

Abonnez-vous !


D'accord ? Pas d'accord ?

Notifications :
avatar
wpDiscuz