Wùlu, parcours initiatique brutal d’un jeune homme taiseux qui sauve sa sœur au risque de se perdre.

Ladji (Ibrahim Koma, dont la forte présence est remarquable) est un jeune homme malin, taiseux, qui observe tout. Ce qui rend le film touchant, c’est cette belle relation entre la grande sœur Aminata (lumineuse Inna Modja, dont c’est le premier rôle), et son “petit frère” Ladji, qu’elle a élevé. Celui-ci se perdra pour la sauver et lui permettre une ascension sociale inespérée.

Le réalisateur Daouda Coulibaly a souhaité situer l’intrigue de son premier long-métrage en 2012, insistant sur la part de responsabilité du trafic de drogue dans la faillite du gouvernement malien. Le fil de l’histoire ne lâche pas le spectateur une seconde et le maintient dans un état de tension permanent. On est sur l’épaule de Ladji, on l’accompagne avec empathie. Travaillant pour un homme sans scrupules (toujours parfait Olivier Rabourdin), le réalisateur ne nous épargne rien sur la façon dont Ladji lui-même fera fi des siens.

wulu- (Copier)

La mise en scène de WÙLU , plutôt originale, donne accès à l’univers des contes africains, faisant voyager aussi bien physiquement que métaphoriquement. Les images fortes des vaches sacrifiées dans les abattoirs renforcent ainsi le propos des actes marquants dans la vie de Ladji. Dans la communauté Bambara, le dernier niveau du rite initiatique auquel un homme peut prétendre, définissant sa place dans la société, est le Wulu-chien. En suivant la vie de Ladji et de Aminata, WÙLU offre une analogie puissante avec ce rite et questionne habilement sur les sacrifices et les renoncements que chacun est prêt à faire pour s’affranchir des conventions sociales et choisir sa vie.

Sylvie-Noëlle

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[CRITIQUE] WÙLU
Titre original : Wùlu
Réalisation : Daouda Coulibaly
Scénario : Daouda Coulibaly
Acteurs principaux : Ibrahim Koma, Inna Modja
Date de sortie : 14 juin 2017
Durée : 1h35min
4.0Note finale
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