Ayant découvert la série assez tard, via une première saison légèrement poussive qui a eu du mal à me happer entièrement (peu captivé durant les 5 premiers épisodes), je me suis senti obligé de “sortir la plume” tout juste après avoir englouti en un temps record assez inquiétant cette exceptionnelle deuxième cuvée.

Tout juste après un flash-forward diabolique nous condamnant d’emblée à faire vœu d’allégeance envers les 12 autres épisodes qui suivront (“12 semaines plus tôt”), la série reprend bel et bien là où elle s’était arrêtée, à savoir le génial coup de théâtre final de la précédente saison, fruit pourri du machiavélisme et de la manipulation du docteur Lecter (Mads Mikkelsen, de plus en plus perfide) à l’encontre de Will Graham (Hugh Dancy toujours aussi juste dans la peau de l’anti-héros torturé). En inversant les rôles par rapport aux films 1 et 3 de la trilogie, les scénaristes prennent un parti-pris très fort absolument réjouissant, ménageant suspense, fausses pistes et rebondissements, avec un remarquable sens de la narration. Tout en introduisant de nouveaux personnages, amenés inexorablement à enrichir l’intrigue ou à en lancer de nouvelles, mais dans un deuxième temps. Car cette saison 2 est construite en deux parties bien distinctes et il faut avouer que la première moitié est la plus passionnante et semble même s’amuser de terminer sur un deus ex machina scénaristique assez faiblard et décevant qui risque de nous faire sérieusement douter quant à la suite des événements…

© NBC

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Mais c’était enterrer un peu trop vite la roublardise de l’ensemble qui repart sur de nouveaux enjeux savoureux, entre vraies surprises ou autres révélations que l’on pouvait sentir venir plus facilement cette fois, jusqu’à ce que l’on nous assène le coup de grâce lors d’un final dantesque. Avec cette saison, HANNIBAL gagne en intensité et en noirceur, explorant toujours plus les sombres recoins psychologiques de ses personnages tout en étalant une intrigue nettement plus captivante grâce à un tempo narratif bien plus soutenu. C’est aussi le moment où l’on vient frapper à la porte de notre empathie.

« Une saison de très haute volée, qui nous scotche à notre fauteuil. »

Autour de cette écriture quasiment sans fausse note, on retrouve tout ce qui agaçait ou délectait le spectateur, à savoir une image, des costumes et décors sublimes contrastant avec des scènes de crime toujours plus inventives et baignant dans l’hémoglobine, ainsi que de délicieux dialogues bien qu’un brin verbeux et/ou prétentieux parfois.

© NBC

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On salue néanmoins à nouveau une direction artistique somptueuse (photographie en tête), dont la bande son lourde et dissonante en alternance avec un choix divin de morceaux musicaux classiques, contribue énormément à l’atmosphère si particulière de cette série devenue d’exception.

Cette saison 2 de très haute volée nous ferait presque oublier sa prédecesseure tout en signant peut-être malgré elle l’arrêt de mort d’une saison 3 qui aura très très fort à faire pour soutenir la comparaison. Mais quoi qu’il en soit, vous en reprendrez bien en gore un peu, tout de même ?

@LorisQuinto

INFORMATIONS



Titre original : Hannibal
Créateur : Bryan Fuller
• Nombre d’épisodes : 13
• Format : 42 Minutes
• Pays d’origine : Américain
• Date de 1ère diffusion US : 28 février 2014 (NBC)
• Date de 1ére diffusion FR: 4 mars 2014 (Canal+)
• Synopsis :La relation étrange entre le célèbre psychiatre Hannibal Lecter et l’un de ses patients, un jeune profiler du FBI nommé Will Graham, torturé par sa fascination dévorante pour les serial killers…

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