Alors que vient tout juste de s’achever la saison 3 narrant les aventures de notre docteur cannibale préféré, l’heure du bilan a sonné. Présentée comme la dernière, principalement à cause de problèmes d’audience rencontrés lors de sa diffusion, cette cuvée débute de manière déconcertante car il faut attendre le troisième épisode avant de s’assurer que nous suivons bel et bien la suite des terribles événements du grand final de la deuxième saison. Pas de flash-back donc, comme nous pouvions nous le demander, mais une belle ellipse au cours de laquelle nous retrouvons le docteur Lecter, idéalement installé dans la très culturelle ville de Florence après sa fuite.

Il faut dès lors accepter de repartir à zéro, tant le changement de cadre est aussi brutal que radical et que les anciens personnages se font un peu attendre. De même que l’intrigue qui se traîne avant de véritablement se lancer et de nous dévoiler enfin ses enjeux, se révélant particulièrement alléchants. Cette première partie italienne (les 7 premiers épisodes), trouve finalement son rythme de croisière, et fait monter la sauce de plus en plus efficacement. Devenu l’homme à abattre, Hannibal fait l’objet d’une délicieuse chasse entre le tandem Jack Crawford-Will Graham, un inspecteur de police ripoux et le défiguré Mason Verger, qui attend patiemment l’heure de sa vengeance. Il aura d’ailleurs l’occasion de l’exercer lors du point culminant de cette troisième année, un épisode mémorable et jouissif dans l’antre de Verger, sa bien nommée “Muskrat Farm”. Finalement très divertissant, ce premier acte nous surprend également de fort belle manière, car malgré le fait de suivre principalement le déroulement du film de Ridley Scott (Hannibal, 2001), certains événements, personnages et rebondissements nouveaux sont bels et bien de la partie et s’avèrent assez appréciables.

Arrivée à mi-chemin, la série prend une autre tournure en décidant d’ouvrir un arc sur un nouveau méchant : le redoutable dragon rouge. Interprété par un méconnaissable et remarquable Richard Armitage, à des années lumières de son rôle de Thorin Ecu-de-Chêne dans Le Hobbit, il s’agira de l’une des rares très bonnes choses de cette deuxième partie, qui suit quasiment à la lettre le déroulement des adaptations cinématographiques déjà réalisées autour de cette figure. Que ce soit l’excellent Sixième Sens de Michael Mann en 1986, ou le correct Dragon Rouge (2002), seul bon film de Brett Ratner, l’intrigue, à très peu d’exceptions près, était déjà la même et c’est un constat qui se répète une troisième fois ici, au fur et à mesure que s’écoulent les derniers épisodes. Il apparaît ainsi regrettable d’assister à un spectacle connu et parfois languissant, du fait du rythme très particulier de la série, tout en étant malheureusement dénuée de surprises. Reste quelques faces à faces toujours très délectables, malgré les apparitions plus rares d’Hannibal Lecter et un sens esthétique une fois de plus intact.

“Une troisième saison inégale et parfois poussive, heureusement traversée de fulgurances et disposant d’une conclusion d’ores et déjà culte.”

Mais, alors que tout semblait perdu et que l’arrière-goût amer de la déception se faisait de plus en plus persistant dans notre palais, le show nous fait ses adieux au terme d’un ultime épisode sensationnel et d’ores et déjà appelé à devenir culte. Il s’achève dans un twist un tantinet grandiloquent, mais de toute beauté. Et lorsque surgit le générique, on ne peut que regretter de faire nos adieux définitivement trop tôt envers le lien si particulier qui unissait Will Graham à Hannibal Lecter. D’une complexité fascinante, il n’aura jamais cessé de les tourmenter, les faisant se haïr puis s’aimer, et nous spectateurs, témoins privilégiés de cette relation rare, de nous manipuler pour notre plus grand plaisir. Car c’est aussi ce qu’était cette série d’exception : un objet sublime, souvent difficile d’accès, mais véhiculeur de sensations qui auront rarement autant chamboulé notre catharsis, pour ceux ayant accepté de se perdre dans ses ténèbres.

suivre @LorisQuinto

INFORMATIONS



Titre original : Hannibal
Créateur : Bryan Fuller
• Nombre d’épisodes : 13
• Format : 42 Minutes
• Pays d’origine : Américain
• Date de 1ère diffusion US : Juin 2015 (NBC)
• Date de 1ére diffusion FR: Juin 2015 (Canal+)
• Synopsis :La relation étrange entre le célèbre psychiatre Hannibal Lecter et l’un de ses patients, un jeune profiler du FBI nommé Will Graham, torturé par sa fascination dévorante pour les serial killers…

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[CRITIQUE SÉRIE] HANNIBAL – SAISON 3

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