Passion et complots dans l’Angleterre du XIIème siècle. Maud, la fille du monarque Henri 1er, se dispute la succession au trône avec son cousin, Stephen. Une lutte de pouvoir qui cause des tensions et déchire le royaume. L’évêque Waleran Bigot et les Hamleigh en profite pour tirer avantage de la situation et satisfaire leurs propres ambitions. Au milieu de cette guerre, le Prieur Philip doit surmonter les innombrables obstacles pour assurer la construction de la cathédrale de Kingsbridge. Face à l’ampleur de la tâche, il peut heureusement compter sur le maître-maçon Tom Builder, son beau-fils Jack, et jeune Aliena. Ensemble, ils vont se serrer les coudes pour réaliser leur rêve…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Saison : 1
Nombre d’épisode : 8
Format : 45 minutes
Date de première diffusion FR : 9 décembre 2010
Création : John Pielmeier
Avec : , , , , Hayley Atwell, , ,

Bande annonce :

ARVE Error: id and provider shortcodes attributes are mandatory for old shortcodes. It is recommended to switch to new shortcodes that need only url

La grande mode anglo-américaine des séries historiques, popularisée par le retour du péplum sur grand écran, brise la cage dans laquelle les séries de flics, de docteurs et d’avocats nous avaient enfermés. L’horizon de l’antiquité contient plus de fantasmes et de possibilités créatives qu’un pauvre règlement de compte à l’arme à feu pour de la drogue. De surcroît, la leçon de sur la fusion des genres (humour, drame, sexe) a plus de chien dans le passé.
Les Piliers De La Terre ont d’abord fait leur preuve à l’écrit et le succès dure depuis vingt ans grâce à , romancier plein de flegme et d’ambition.  L’adaptation télévisée de cette saga médiévale tourne autour de la construction d’une cathédrale, immense autel dédié à la gloire du divin et véritable objet d’art. Cette construction engage la vie d’un maître bâtisseur idéaliste, d’un apprenti sculpteur sauvageon, de sa mère honnie par l’église, d’un évêque diabolique, d’un prieur angélique et d’un couple de frère et sœur aristocrates rongés par le chagrin et l’obsession de restaurer leur dignité.
L’ascension de la cathédrale est sans cesse bloquée par le machiavélisme de l’évêque Waleran et de ses terribles associés pour qui cette antichambre du Paradis est une gêne aux intérêts politiques. Par des liens dramatiques qui rappellent le style d’, le chantier de l’édifice participe au destin mouvementé de la couronne d’Angleterre. Les soubresauts se correspondent et il ne faudrait qu’un secret révélé pour faire basculer le royaume, terrasser l’évêque et terminer l’antichambre…
Le format de la mini-série de huit épisodes s’applique parfaitement au besoin d’un récit trop dense pour un seul film, trop achevé pour une série à multiples saisons. On sent la volonté de la production d’adopter une cadence échevelée, le temps réduit des épisodes étant compté, et cette volonté voit juste. Ici, la préparation d’une intrigue puis son dénouement actif ne laisse pas au spectateur le loisir  de relâcher son attention, tout va très vite mais tout va très fort. Ken Follett lui-même, qui apparaît dans la distribution des figurants, ne renie pas cette formule.
Au fil des épisodes, la tension monte autant que se durcit l’attachement à certains personnages et la détestation de certains autres. Ian Mc Shane incarne l’évêque Waleran avec un calme saisissant, une conception de la méchanceté tranquille et stagnante qui donne froid dans le dos. A l’inverse, Eddie Redmayne qui incarne brillamment l’apprenti sculpteur Jack Jackson, pivot du récit, suit un parcours ascensionnel à l’image de la cathédrale. De brouillon d’homme, il devient homme au prix de nombreuses luttes. Ce jeune comédien presque inconnu au regard flamboyant est l’énième preuve qu’il existe bel et bien une corne d’abondance dans les école d’art dramatique anglaise.
Reconnaissons tout de même que l’ensemble des personnages n’est pas exempt de manichéisme : ainsi, les preux d’un côtés, les vils de l’autre. Tom Builder, le charismatique bâtisseur face à l’insupportable William Hamleigh, guerrier psychopathe élevé par une mère incestueuse digne de Lady Mcbeth. Cette simplicité de répartition, critiquable, a la chance de ne pas s’imposer, étouffée qu’elle est par la crédibilité des comédiens. La marque du producteur de la série, un dénommé Ridley Scott, imprègne la mise en scène chiadée, lumineuse et tonique. La sauvagerie des combats à l’épée et des écarts de mœurs bénéficient de l’œil d’un esthète.
C’est sale et c’est beau, le Moyen-Age. Enfin, la construction de la cathédrale de Kingsbridge sert de métaphore évidente au pouvoir créateur de l’être humain, à son goût des hauteurs et à la vertigineuse force de son esprit. Un petit rappel important de qui nous sommes dans un XXIème siècle qui par certains côtés est plus obscur que le XIIème. Merci monsieur Follett, merci monsieur Scott. Vos piliers sont solides.