Ce serait un euphémisme que de dire que la série THE MANDALORIAN est attendue. Titre majeur pour le lancement de + aux USA, ce nouvel ajout à la mythologie part sur des bases élevées avec un premier épisode intense et révélateur de belles ambitions.

Si l’arrivée de Disney dans le monde du streaming est un événement, il ne faut pas s’attendre à voir pleuvoir les contenus originaux dès le premier jour. Et nous sommes tentés de dire, qu’en dehors de THE MANDALORIAN, rien ne semble fortement calibré pour déplacer les foules. M’enfin, un tel produit d’appel dérivé de l’univers Star Wars est déjà bien suffisant pour qu’on ait une envie folle d’y jeter un coup d’oeil. On passera aussi rapidement sur les écarts entre la mise en ligne américaine et française, aberration commerciale qui nous dépasse, pour entrer dans le vif du sujet. Car, ça y est, on a enfin pu découvrir ce que cette série Star Wars avait dans le ventre, après une phase de promotion qui a laissé entrevoir de belles choses. Ces 38 minutes inaugurales viennent-elles confirmer ce ressenti ?

Avant de répondre à cette question, rapide topo sur la situation. THE MANDALORIAN se déroule après que l’Empire ait été vaincu. Cette galaxie, en drôle d’état, est parcouru par un mandalorian, sans nom. Chasseur de primes redoutable, il agit en solitaire avec une éthique bien à lui. Nous n’irions pas jusqu’à le qualifier d’anti-héros, mais nous sommes face à quelqu’un de plus qui n’hésite pas à employer la force pour servir ses intérêts. La scène d’introduction le montre, lorsqu’il entre dans un petit bar et se retrouve au centre d’une querelle pour une proie.La violence, certes édulcorée pour ne pas choquer les plus jeunes, est présente. Dès lors, la filiation entre cette série et le genre du western saute aux yeux. Les trailers avaient déjà montré cette facette de THE MANDALORIAN et on se rend compte que nous sommes en plein dedans. Difficile de ne pas voir le héros comme un cow-boy qui débarque au saloon dans ces premières minutes. Que ce soit par la bande-son ou la mise en scène, on revient souvent au genre tout au long de l’épisode.

Une sensation qui n’est pas pour nous déplaire et qui montre que THE MANDALORIAN a trouvé son style, sans renier son appartenance à Star Wars. C’est d’ailleurs fort agréable de se laisser porter par la belle composition, moins consensuelle par rapport à ce qui se fait dans les films, qui confère à l’ensemble une ambiance cohérente avec le ton de la série. L’ambiance, justement, elle doit beaucoup aussi à la direction artistique. Pas bridée par des moyens financiers qui se voient à l’écran, elle nous emporte dans un univers qui sent bon Star Wars mais ne paraît jamais tomber dans la facilité pour faire des clins d’oeil aux fans – cette espèce si dure à contenter. Le final ne manquera d’ailleurs pas de les titiller.

Pour en revenir à la question initiale, et même si on ne peut pas donner une réponse complète après un épisode, cette entrée en la matière fait extrêmement plaisir. Menée à un rythme parfait pendant toute sa durée, elle laisse entr’apercevoir le potentiel d’une série qui place avec brio Disney+ sur la carte.

Maxime Bedini

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