A la fin des années 1950 tourne trois comédies sur les couples avec une distribution plus ou moins similaire d’un film à l’autre ; Mariti in città en 1957, en 1958 et Les surprises de l’amour en 1959). FEMMES DANGEREUSES évoque principalement la question de la fidélité. Tout commence avec Claudine, jeune fille plutôt naïve, qui ne peut imaginer que son mari, Federico, puisse lui être infidèle. Ses deux amie, Tosca () et Ornella (), affirment que tous les hommes sont volages et lui propose de parier qu’Ornella parviendra à séduire Federico. Voilà à peu près tous ce qu’il y a à noter dans ce film choral qui, même s’il a pour qualité de montrer les différents types de couple, n’est malheureusement pas très passionnant. Certes le film reste plaisant et pas désagréable, mais force est de constater qu’après visionnage on n’en retient qu’assez peu de FEMMES DANGEREUSES.

image de FEMMES DANGEREUSES

Là où Les surprises de l’amour parvint à dépasser son récit limité par le comique des situations et des dialogues, FEMMES DANGEREUSES se montre plutôt restreint à ce niveau-là. Bien sûr quelques séquences seront bien trouvées. Comme cette scène de l’ascenseur où Bruno, coincé avec « la jolie française du 6e étage », est obligé de siffler en continu pour prouver à sa femme Ornella (jalouse, mais à raison) qu’il ne fait rien d’inapproprié. Ou avec ce père qui désespère de voir son fils ne pas porter suffisamment d’attention à d’autres femmes que sa mère. Lorsqu’enfin il le verra flirter avec la pharmacienne, il ira jusqu’à se « sacrifier » en s’offrant à sa femme, très laide, pour ainsi l’occuper et éviter qu’elle ne gâche le moment de son fils. Des passages particulièrement amusants, portés en grande partie par les comédiens ; Dorian Gray, parfaite en femme suspicieuse, , toujours très drôle lorsqu’il s’agit de subir la foudre des femmes, ou encore Mario Carotenuto, génial en homme résigné et au caractère très italien. Trois comédiens qu’on retrouve donc dans Les surprises de l’amour (avec Sylva Koscina), et auxquels vient se greffer la délicatesse très touchante de (Mariti in città, Pauvres mais beaux) dans le rôle de Federico.

« Plaisant et pas désagréable, mais force est de constater qu’après visionnage on n’en retient qu’assez peu de FEMMES DANGEREUSES »

Cependant, si des scènes viennent, ici et là, nous divertir, c’est dans son ensemble que FEMMES DANGEREUSES peine le plus. Nous perdant dans des sous intrigues qui, bien que pertinentes puisqu’elles permettent à Comencini de montrer les subtilités des différentes relations, ne font in fine qu’alourdir le film. Chaque élément fonctionnant alors mieux lorsqu’il est pris séparément. On regrette de même que le réalisateur reste en surface de son histoire principale, au lieu de chercher à l’approfondir entièrement. Il y avait pourtant de quoi faire avec cette femme prête à tester la fidélité de son mari en jetant dans ses bras une grande séductrice comme Tosca. Et d’autant plus décevant que les sentiments qui dépasseront inévitablement ces deux protagonistes seront finalement mis de côté et oubliés. FEMMES DANGEREUSES se concluant à la va vite, mais avec toujours une pointe d’humour, c’est au moins ça.

Pierre Siclier

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