Dans , l’abandon ne mène pas au tire-larme mais à un cirque doux-amer poussant des cris de douleur étouffés.

Le culte de « l’ancêtre » a toujours été bien plus présent dans les cultures est-asiatiques qu’il ne l’est dans la plupart de nos sociétés occidentales actuelles – la mondialisation ayant pour effet une certaine uniformisation des mœurs, il n’est donc nullement surprenant de voir le cinéma taïwanais s’inquiéter de l’abandon de ces coutumes : c’est en effet bien de cela que 100th BIRTHDAY WISH traite, de la fin d’une tradition familiale qui semble ici être vue comme la perte d’un lien social central.

Photo du film 100th BIRTHDAY WISH
possède une patte certaine. On ressent un amour du décalage, d’un humour grinçant – si ce n’est glacial – qui vient ponctuer un récit pourtant écrit à fleur de peau. C’est de son concept simple, celui de résumer une réunion de famille du point de vue d’une centenaire, que le film de Lien retire toute a force : il ne s’égare pas, dessinant par petites touches le portrait d’une solitude.
En traitant ce sujet de société bien réel (l’abandon des personnes âgées), Lien trouve un mobile pour se livrer à la farce douce-amère. 100th BIRTHDAY WISH n’est pas foncièrement drôle, mais il dérange avec beaucoup de sarcasme. Le cinéaste installe une gêne, un contraste émotionnel qui reformule son fond : on ne s’apitoie pas plus sur le personnage principal qu’on ne se moque de sa famille.

100th BIRTHDAY WISH c’est l’histoire d’un vœu. Le vœu d’un tabou, d’une solution terrible trouvée au meurtre des mœurs. Si Lien sait si bien filmer des personnages, ce n’est pas seulement parce qu’il croit aux mêmes choses qu’eux, c’est aussi parce qu’il sait filmer comme eux-mêmes se seraient filmés. On ne vire jamais au tire-larme, ici tout est fin, pensé, précis. Une belle réussite.

À voir aux Rencontres du cinéma taïwanais, le 10 février 2017 à 20h

KamaradeFifien

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