Deuxième film de la sélection officielle du , de est, disons les choses simplement, une véritable catastrophe. Si l’on comprend toutefois pourquoi le film a attiré l’attention des sélectionneurs (l’histoire est forte et intemporelle et la notion de famille bien développée), on ne peut que mourir d’ennui pendant les 90 minutes qui composent 1982. Explications.

« En 1982, dans la ville de Philadelphie, un père de famille doit s’occuper seul de sa fille de 10 ans alors que sa femme sombre peu à peu dans l’addiction au crack. » Tel est le résumé de 1982. Et c’est finalement tout ce qu’il y a à retenir de ce film. Bien que tout cela parte d’une bonne intention, celle de raconter les dommages causés par la drogue, le film ne se démarque pas de ses prédécesseurs. Force est de constater que 1982 relate sans grande envergure ou prétention la descente aux enfers des plus banales d’une famille relativement heureuse. Grâce un cahier des charges minutieusement préparé, le réalisateur, qui est aussi le scénariste, Tommy Oliver, enchaîne les étapes liées à la prise de drogue. Ainsi, la femme de Tim (, LES EXPERTS MANHATTAN) commence à se faire distante, puis se met à mentir, quitte le foyer sans raison apparente, refait surface dès lors qu’elle a besoin d’argent, se prostitue pour pouvoir payer sa dose de crack, s’énerve dès lors que Tim tente de la raisonner ou de l’aider, va jusqu’à voler les cadeaux d’anniversaire de leur fille et, lorsque cette dernière est proche de la mort, décide enfin de se faire soigner. Bref, rien de bien passionnant au niveau du scénario, bien au contraire. Celui-ci ne surprend pas, ennuie et agace terriblement. On finirait presque par penser qu’il a été écrit pas n’importe qui ayant déjà vu un ou deux films sur le sujet. Bref, une énorme déception.

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Mais cela ne s’arrête pas là. Si le scénario est effectivement très convenu, il en est de même pour la mise en scène. Aucune surprise là non plus. Les plans sont lents quand ils se doivent d’être lents. Le réalisateur a utilisé, sans surprise, une caméra portée pour filmer les scènes de disputes entre Tim et sa femme Shenae (, DREAMGIRLS). Le film est d’une lenteur étouffante, vide et ne repose que sur son découpage en semaines et l’incroyable prestation de (alias Maya, la fille de Tim et Shenae). Pour remplir un petit peu son film, Tommy Oliver a eu la mauvaise idée d’incorporer un léger twist concernant l’identité du père de Maya. Un twist inutile que n’importe quel spectateur avait vu venir dans les quinze premières minutes du film. Cet atroce rebondissement, qui nous amène à un dénouement attendu et espéré tant l’ennui nous gagnait, achève ce qui ressemble à une énorme arnaque. Accompagnée d’une bande originale minimaliste (on doit se contenter de quelques notes de piano ici et là), la photographie de 1982 ne brille pas : quelques filtres empruntés aux clips de Lana Del Rey pour le côté vintage et beaucoup de scènes nocturnes pour insister sur la difficulté de s’en sortir face à la drogue et à l’addiction d’un être cher.

« Une énorme arnaque. »

Si l’on comprend aisément comment 1982 s’est retrouvé dans le Focus Afro-américain de la troisième édition du Champs-Elysées Film Festival, on ne peut être qu’être abasourdi par le manque total d’originalité d’un tel projet. Long, lent et pesant, le premier long métrage en tant que réalisateur de Tommy Oliver nous rappelle à tous que si l’on ne veut pas ennuyer et accabler sa famille, mieux vaut ne jamais toucher à la drogue. Avec sa morale un peu bancale, 1982 rate clairement son objectif et ennuie plus qu’il ne fait réfléchir.

CASTING
Titre original : 1982
Réalisation : Tommy Oliver
Scénario : Tommy Oliver
Acteurs principaux : Hill Harper, Sharon Leal, Troi Zee
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : PROCHAINEMENT
Durée : 1h30mn
Distributeur : N/C
Synopsis : En 1982, dans la ville de Philadelphie, un père de famille doit s’occuper seul de sa fille de 10 ans alors que sa femme sombre peu à peu dans l’addiction au crack.