L’année 2014 signe le grand retour de Keanu Reeves au cinéma, un come-back placé sous le signe des arts martiaux. Le 30 avril sortira dans nos salles MAN OF TAI CHI, film de kung-fu qui est par ailleurs sa première réalisation mais nous le retrouvons tout d’abord à l’affiche de 47 RONIN, film d’action fantastique inspiré de la célèbre légende japonaise contant le périple de 47 samouraïs décidés à venger la mort de leur maître condamné au seppuku, Lord Asano.

Connu pour son court-métrage THE GIFT et pour avoir frôlé la mise en scène de PROMETHEUS, Carl Rinsch se voit confié les rênes de cette superproduction par Universal et signe donc son premier long. Cependant des tensions émergent entre le réalisateur et les studios, ce dernier voulant concevoir un film de samouraï dans la noble tradition du genre quand les producteurs exigent un film plus mainstream. Et ce n’est que le début des ennuis: le casting majoritairement nippon a tout d’abord joué ses scènes en japonais avant d’apprendre ses répliques phonétiquement, le scénario continue d’être réécrit en phase de post-production, une conversion 3D est décidée à la dernière minute et oblige le réalisateur à faire des reshoots. Un tournage visiblement catastrophique où le budget aurait explosé entre 175 et 225 millions de dollars, la sortie du film est donc maint fois repoussée et une fois le produit finit débarqué dans les salles, c’est un échec cuisant aussi bien sur le plan critique que commercial.

Photo du film 47 Ronin

Véritable légende nationale au Japon, l’histoire des 47 ronin est ici dénaturée dans une volonté de plaire à un plus grand nombre. On crée d’abord un nouveau personnage mi-britannique et mi-japonais qui sera le héros de l’histoire, une sorte de “whitewashing” destiné à intégrer Keanu Reeves à la bande. Puis on gorge le film d’éléments fantastiques propres à l’utilisation d’effets spéciaux et à l’élaboration d’un bestiaire mythologique. Mais cette idée de film de samouraï dopé à l’heroic fantasy parvenait à éveiller notre curiosité, sans compter une bande-annonce rythmée promettant du grand spectacle. Soulignons tout d’abord la direction artistique du film tout bonnement superbe: 47 RONIN nous met en plein la vue grâce à une reconstitution historique impeccable où les décors, les costumes et les divers environnements sont plus chatoyants les uns après les autres. Véritable festival de couleurs et d’esthétique, la photographie n’est pas en reste et permet d’offrir au film de magnifiques plans comparables à des tableaux qui s’animent sous nos yeux. Visuellement solide, on aurait espéré des scènes d’action spectaculaires qui n’auraient fait qu’embellir ce spectacle, malheureusement elles ne sont pas assez punchy et le côté fantastique n’insuffle pas suffisamment d’épique à l’aventure. On se laisse charmer malgré tout par quelques effets stylistiques bien sentis ainsi qu’un assaut final efficace qui permet de relever le niveau.

“Un simple divertissement qui tient la route sans pour autant se montrer extraordinaire ou fulgurant.”

L’action manque donc de rythme à l’image d’un scénario classique ne présentant aucune surprise en plus d’être assez verbeux. Déjà long à démarrer l’ennui continuera de pointer le bout de son nez et accrocher tout du long devient au fur et à mesure un exercice difficile. Les deux scénaristes du film ne sont pourtant pas des novices: Hossein Amini (LES AILES DE LA COLOMBES, DRIVE) ainsi que Chris Morgan (CELLULAR, FAST & FURIOUS) mais les multiples réécritures du script ont peut-être leur gâché histoire originale. On retrouve néanmoins cet esprit de loyauté, d’honneur et de sacrifice présents chez les Ronin, plus que jamais déterminés à mener leur mission à terme.

Le casting a beau être majoritairement japonais, nous retrouvons quelques acteurs déjà aperçus dans des productions hollywoodiennes comme Hiroyuki Sanada (LE DERNIER SAMOURAÏ, WOLVERINE: LE COMBAT DE L’IMMORTEL) dans le rôle d’Oishi le leader dévoué des Ronin ainsi que Tadanobu Asano (THOR et sa suite) dans le rôle de Lord Kira, perfide seigneur de guerre responsable de la mort de Lord Asano. Mais celle qui tire son épingle du jeu et sans conteste Rinko Kikuchi (PACIFIC RIM): plus sublime que jamais, elle se glisse à merveille dans le rôle de Mizuki, une sorcière impitoyable capable de se transformer en dragon ! A l’aise dans les scènes d’action et toujours aussi sobre dans son jeu, Keanu Reeves parvient facilement à attirer notre sympathie. Contrairement à ce qui se dit, il ne s’agit pas du seul acteur occidental présent dans 47 Ronin: sont également présents Yorick van Wageningen (LES CHRONIQUES DE RIDDICK, MILLENIUM) ainsi que Rick “Zombie” Genest, vous savez ce mec tatoué de partout ! Mais si on pense cela c’est parce que les multiples changements opérés ont rendus leur présence complètement anecdotique, ils ne se contentent en effet que d’une apparition furtive et silencieuse. Bien que présent sur l’affiche avec un fusil, vous ne verrez donc jamais Tatoo-Man le brandir.

Photo du film 47 Ronin

A défaut d’être une véritable purge, 47 RONIN demeure tout de même un film aux lacunes bien visibles. D’une beauté éblouissante et d’un esthétisme probant, le film ne peut emporter pleinement notre adhésion à cause d’un flagrant manque de rythme, de tension et par ailleurs d’émotion. A consommer au final comme un simple divertissement qui tient la route sans pour autant se montrer extraordinaire ou fulgurant.

CASTING
Titre original : 47 Ronin
Réalisation : Carl Rinsch
Scénario : Hossein Amini, Chris Morgan
Acteurs principaux : Keanu Reeves, Hiroyuki Sanada, Rinko Kikuchi, Kô Shibasaki Tadanobu Asano
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 2 avril 2014
Durée : 1h59mn
Distributeur : Universal Pictures International France
Synopsis :Un perfide seigneur de guerre ayant tué leur maître et banni leur tribu, 47 samouraïs errants jurent de se venger et de restaurer l’honneur de leurs compatriotes. Arrachés à leurs foyers et perdus aux quatre coins des terres connues, cette poignée de rebelles se voit contrainte de recourir à l’aide de Kai – un demi sang qu’ils avaient jadis renié – lors de leur combat à travers un univers violent, peuplé de monstres mythologiques, de métamorphoses maléfiques et d’effroyables dangers. Cet exil sera l’occasion pour cet esclave rejeté de se révéler leur arme la plus redoutable, et de devenir la figure héroïque qui donnera à cette troupe d’insoumis l’énergie de marquer à jamais l’éternité.
BANDE-ANNONCE

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jerome albert
Invité
jerome albert

Coucou,

Bien que ce titre a connu pas mal de critiques à sa sortie, je trouve qu’il
n’est pas si mal que ça. C’est toujours un plaisir de retrouver Keanu Reeves au
top de sa forme. 47 Ronin n’est pas un long-métrage hors du commun, cependant,
il plaira certainement aux fans de film d’art martiaux.

jerome albert
Invité
jerome albert

Coucou,

Bien que ce titre a connu pas mal de critiques à sa sortie, je trouve qu’il
n’est pas si mal que ça. C’est toujours un plaisir de retrouver Keanu Reeves au
top de sa forme. 47 Ronin n’est pas un long-métrage hors du commun, cependant,
il plaira certainement aux fans de film d’art martiaux.

[critique] 47 RONIN

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