LITTLE JOE poursuit l’exploration d’une sélection dominée par le cinéma de genre auteurisant, le panache en moins.

L’autrichienne passée par la section un Certain Regard en 2004, 2009 et 2014, et chez Michael Haneke, se lançait à son tour dans la compétition Cannoise.

Notre avis sur

L’argument initial avait de quoi séduire sur le papier : dans un laboratoire de recherche, des apprentis sorciers s’amusent avec la génétique afin de créer ex-nihilo des fleurs aux propriétés étonnantes dans le but de commercialiser un parfum qui rendrait quiconque heureux. Et bien évidemment, l’expérience va mal tourner, de singuliers effets secondaires viendront se déclarer et briser dans son élan, la prouesse scientifique.

Premier faux pas à signaler dans cette compétition, LITTLE JOE se lance à corps perdu dans une mise en scène qui bande les muscles sous le poids du cliché « film d’auteur Cannois » dépassé. Jessica Hausner abuse de ses travelling avant, arrière, rotatifs – il y en a pour tous les goûts – exécutes dans des volumes béants, à l’image du creux qui traverse l’écriture des personnages. Pourtant, le long métrage ne se prive pas de nous aguicher dans son exposition qui, en réalité, n’en finit jamais. Dès lors, les minutes défilent au compteur et s’affolent devant tant d’immobilité. Puis, LITTLE JOE emboîte le pas de ses héritiers qu’il cite à répétition, L’Invasion des profanateurs de sépultures en tête, piégé à l’intérieur de son bulbe rétréci depuis duquel il se regarde évoluer tout en restant à la surface de ses idées.

Dans ce discours abscons qui vrille dans tous les sens, l’amertume domine. Jessica Hausner ne prend jamais le temps d’explorer les nombreuses questions qui émaillent sa composition, elles auraient eu pourtant le mérite d’être saisies, encadrées, tournicotées et analysées par la voie du genre. Alors, LITTLE JOE abandonne aussitôt son charme de petit film de science fiction percutant pour se recentrer sur le minimum syndical : une bande sonore agaçante, usée jusqu’à l’écœurement, et de petits cadres soignés. Le film est ainsi fidèle à son tableau : un enrobage feutré iconique qui tourne désespérément dans le vide.

Palmomètre

Passé les traditionnels et courtois applaudissements de clôture en projection officielle, les festivaliers placés en hauteur se ruaient en masse vers les portes de sortie dans un silence de plomb, signe d’une indifférence partagée. En toute logique, les membres du jury devraient résister sans difficultés aux appels de phares indécents lancés par Jessica Hausner au prix de la mise en scène.

publiée lors de l’édition 2019 du Festival de Cannes.

Sofiane

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LITTLE JOE, mauvaise récolte pour Jessica Hausner - Critique
Titre original : Little Joe
Réalisation : Jessica Hausner
Scénario : Jessica Hausner,, Géraldine Bajard
Acteurs principaux : , ,
Date de sortie Prochainement
Durée : 1h45min
1.0TAPE A L'OEIL
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