A

près avoir bombardé le réseau FOX de séries d’animation satiriques (LES GRIFFIN, AMERICAN DAD, THE CLEVELAND SHOW) Seth MacFarlane s’est tourné vers le cinéma en réalisant son premier film avec TED, une comédie hilarante qui a engrangé 503 millions de dollars au box-office. Alors qu’on aurait pu croire qu’une suite verrait rapidement le jour, le trublion comique a décidé de raconter une tout autre histoire pour son second long-métrage, une comédie sur fond de western intitulée ALBERT À L’OUEST.

Une galerie de plans qui subliment la Monument Valley sous une musique entraînante, l’introduction d’ALBERT À L’OUEST donne l’illusion d’assister à un western conçu dans la noble tradition du genre. L’illusion seulement car lorsque l’on aperçoit à plusieurs reprises le nom de Seth MacFarlane à l’écran (il est réalisateur, scénariste, producteur et rôle principal) on se rappelle que l’on aura affaire à une farce corrosive comme il sait si bien le faire. Malgré de magnifiques paysages et autres lieux emblématiques, il tend à casser l’image de cet univers trop souvent fantasmé et jugé en matière d’esthétique. Le personnage d’Albert Stark est là pour nous remettre les pieds sur Terre: quand on vit en plein cœur du Far West, on s’ennuie ferme, on ne peut aspirer à grand chose et surtout c’est la porte ouverte à la mort (d’où le titre V.O.). Ivrognes enragés, hors-la-lois impitoyables, animaux sauvages, maladies et accidents en tout genre…, l’Ouest américain est un labyrinthe mortel pour quiconque n’est pas sur ses gardes.

© Universal Pictures International Spain

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Face à cet environnement des plus dangereux, Albert ne parvient pas à trouver un quelconque épanouissement, sans compter qu’il vit toujours chez ses parents, qu’il possède un emploi sans extravagance (il est éleveur de moutons) et qu’il vient de se faire larguer par sa copine Louise (Amanda Seyfried), cette dernière ayant jeté son dévolu sur le célèbre Foy (Neil Patrick Harris), un homme beaucoup plus riche que lui. Désillusionné et bloqué sur sa relation amoureuse pourtant achevée, son quotidien va cependant être bouleversé par l’arrivée de la jolie Anna qui l’aidera à devenir un as de la gâchette, deviendra sa fidèle alliée et plus si affinités. Si les situations sont au premier abord assez convenues, les voir se dérouler à l’ère du Far West les rend plutôt intéressantes et sympathiques. Et surtout Seth MacFarlane insuffle à son film un torrent d’humour dont on aurait tort de se priver.

”Humour loufoque, situations déjantées et caméos surréalistes, la recette gagnante d’ALBERT À L’OUEST ”

ALBERT À L’OUEST multiplient en effet les répliques délicieuses qui font mouche à chaque moment, ainsi que bon nombre de vannes désopilantes et de situations complètement fêlées que le réalisateur a pris un malin plaisir à confectionner aux côtés d’Alec Sulkin et Welleswey Wild , ses deux comparses de longue date. Outre les excès de violence jouissifs et des apparitions pour le moins épiques, le film comporte sont lot de gags trash et scatos qui risques de rebuter ceux qui ne sont pas accoutumés à ce genre d’humour. A réserver donc à un public averti et amateur.

Seth MacFarlane s’en sort plutôt bien devant la caméra, son personnage est aussi drôle qu’attachant et son duo formé avec la sublime Charlize Theron en cow-girl badass est pour le moins séduisant. Les seconds rôles quant à eux ne sont pas en reste, à commencer par un autre duo formé par Giovanni Risibi et Sarah Silverman. Le premier se nomme Edward, chrétien naïf et puceau en couple avec Laurel, la prostituée la plus active du compté. Mais en bonne chrétienne, elle refuse naturellement d’avoir des relations sexuelles avec lui avant leur mariage au grand dam de ce dernier. Un rôle bien différent du stalker fou qu’il jouait dans TED, ce qui ne l’empêche pas de remaker sa danse tendancieuse en sirotant son breuvage. Comme dit plus haut, Amanda Seyfried et Neil Patrick Harris sont de la partie, ce qu’il y a de plus marquant chez la première est une vanne balancée à son égard et le second est juste excellent dans son rôle de dandy à la moustache impeccablement taillée. On retrouve enfin à l’affiche un acteur de taille, Liam Neeson qui ici joue un hors-la-loi du nom de Clinch Leatherwood (toute ressemblance serait purement fortuite) qui est par ailleurs le mari d’Anna. L’acteur irlandais est impeccable et donne l’impression d’être tout droit sorti d’un film de Sergio Leone.

© Universal Pictures International Spain

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Humour loufoque, situations déjantées et caméos surréalistes, voila la recette gagnante d’ALBERT À L’OUEST, un western comique complètement barje et hilarant où les comédiens s’amusent comme des petits fous et où Seth MacFarlane prouve qu’il est sérieusement atteint. Une mise en bouche savoureuse et outrageusement drôle avant de découvrir la suite des aventures de TED que nous attendons avec impatience !

CASTING
Titre original : A Million Ways to Die in the West
Réalisation : Seth MacFarlane
Scénario : Seth MacFarlane, Alec Sulkin, Wellesley Wild
Acteurs principaux : Seth MacFarlane, Charlize Theron, Neil Patrick Harris, Amanda Seyfried, Liam Neeson
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 2 juillet 2014
Durée : 1h57
Distributeur : Universal Pictures International France
Synopsis :La couardise d’Albert au cours d’une fusillade donne à sa fiancée volage la bonne excuse pour le quitter et partir avec un autre. Une belle et mystérieuse inconnue arrive alors en ville et aide le pauvre Albert à enfin trouver du courage. Des sentiments s’immiscent entre ces deux nouveaux alliés, jusqu’au jour où le mari de la belle, un hors-la-loi célèbre, découvre le pot-aux-roses, et n’a plus qu’une idée en tête : se venger. Albert aura-t-il le courage nécessaire pour venir à bout du bandit ?
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