L’histoire : Gabrielle (Isabelle Carré) est une mère célibataire. Sa fille de 17 ans  (Alice de Lencquesaing) décide un jour de faire un enfant “pour avoir un truc à elle” sans l’avis de son petit ami. Furieux, celui-ci (Thomas Soliveres) refuse de se voir imposer cette paternité. Convaincue qu’il acceptera l’enfant à naître quand lui-même aura été reconnu par son propre père, Gabrielle part à la rencontre de ce dernier (Ange, incarné par Patrick Bruel). Elle se heurte alors à un homme qui n’est pas pour lui déplaire mais qui n’a pas plus l’intention de s’intéresser à cet enfant que de mettre un terme à son statut de célibataire sans attache…

Inutile d’en dire plus, on risquerait de vous dévoiler les seuls rebondissements qui laissent espérer que le film prenne une tournure inattendue.

Car même sans avoir vu le film, impossible de ne pas penser que tout est déjà évident.
Dès l’affiche : des couleurs chaudes, un homme et une femme qui sourient sous la mention «comédie romantique », tout ça sent déjà le happy end et les bons sentiments… Puis avec un titre comme ANGE ET GABRIELLE qui mêle deux prénoms aussi sages et classiques (non sans rappeler l’ange Gabriel, bien qu’il n’y ait aucun rapport) on se demande d’abord si l’on aura à faire à un genre de téléfilm un peu gnangnan ou même à une comédie « marketing » qui miserait tout sur la présence d’acteurs « bankable » à défaut d’un scénario qui tient la route. On ne peut ainsi réprimer un « ENCORE ?!», en retrouvant Patrick Bruel dans un nouveau rôle de quinqua séducteur qui peine à s’engager, rappelant de facto le récent et assez peu glorieux Tu veux où tu veux pas ? aux côtés de la non moins «vendeuse » Sophie Marceau. Seule la présence d’Isabelle Carré, elle aussi largement reconnue mais dont le talent n’est plus à démontrer et les choix souvent bien inspirés, nous laisse espérer un peu plus de profondeur…

Pourtant ANGE ET GABRIELLE, est exactement ce que l’on peut en attendre !

Photo du film ANGE ET GABRIELLE

© Emilie de la Hosseraye / UGC Distribution

Pour peu qu’en plus vous ayez vu la bande-annonce, qui s’apparente davantage à un résumé du film qu’à un teaser, inutile de vous attendre à quoi que ce soit… Et pourtant… si Patrick Bruel est exactement là où on l’attend (ou espère, pour certaines), c‘est-à-dire séducteur avec une pointe d’ironie et beaucoup d’assurance, si l’on retrouve Isabelle Carré dans un rôle un peu redondant de petite chose fragile et maladroite mais déterminée, si les clichés s’enchaînent et que le tout manque parfois de crédibilité… On ne peut pas dire que l’on s’ennuie franchement.

Isabelle Carré réussi à nous émouvoir, non pas en tant que femme mais en tant que mère d’une adolescente enceinte, partagée entre plusieurs sentiments : d’une part la culpabilité d’être un peu à l’origine de la situation (par reproduction du schéma familial), d’autre part la contrariété de savoir les difficultés qui attendent sa fille et enfin l’amour inconditionnel qui pousse toute mère à vouloir aider son enfant. Patrick Bruel est quant à lui toujours aussi naturel dans un rôle qui paraît taillé pour lui mais qui ne révèle plus rien de ses talents d’acteur. Pour leur part, les seconds rôles, fort bien choisis et interprétés avec justesse, rattrapent un peu les lacunes d’un scénario assez prévisible : Alice de Lencquesaing  (remarquée dans Polisse) et Thomas Soliveres apportent une certaine fraîcheur, là où Laurent Stocker, ici affecté à un rôle de confident homosexuel, insuffle sensibilité et humour. Enfin, malgré les références évidentes et un peu grossières de certaines scènes au mythique Trois Hommes et un couffinimpossible de ne pas esquisser quelques sourires.

“Sans surprise ni déception, ANGE ET GABRIELLE est exactement ce à quoi on s’attend : une comédie romantique ultra light, qui fait sourire sans réfléchir.”

Au bout du compte, à travers ce film, la réalisatrice Anne Giafferi qui souhaitait proposer une autre image de la famille recomposée, faute de crédibilité à certains endroits, livre surtout un message aux plus endurcis des célibataires : il n’est jamais trop tard pour changer de cap ! Dans une vaine tentative de nous faire verser une petite larme, on a même le droit à un petit couplet sur le revers de la médaille, à savoir la solitude de ces hommes-là à Noël et à leurs anniversaires. La psychologie de comptoir ne nous est pas non plus épargnée, notamment lorsque Gabrielle tente d’expliquer le comportement du père ou du fils.

Ceci étant dit, les amateurs de comédies romantiques légères, autant que les fans de Patrick Bruel trouveront certainement leur bonheur dans ce film à l’esprit “bon enfant” et optimiste.

Par Stephanie

 

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Abel Magwitch
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Abel Magwitch

J’ai vu un quart d’heure, ça suffit ! Comment ? A aucun moment il n’est évoqué dans ce film, dans lequel une trop jeune femme est enceinte, la merveilleuse possibilité que la société contemporaine lui offre pour résoudre ses problèmes : avorter, détruire, dans son utérus même, la vie qui se développe. Alors, comment ne pas être choqué par un film carrément rétrograde, réactionnaire, fasciste même, où les personnages trouvent naturel de considérer la vie d’un embryon humain comme sacrée ?

[CRITIQUE] ANGE ET GABRIELLE

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