Affiche du film ANNIE HALL

A l’aube de ses quarante ans, Alvy Singer fait le bilan de la situation. Une introspection sur sa dernière rencontre, Annie Hall, qui vient de le quitter, et un hommage à la ville qu’il aime, New York.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 7 septembre 1977
Réalisé par Woody Allen
Film américain
Avec Woody Allen, Diane Keaton, Tony Roberts
Durée : 1h33min
Bande-Annonce :

ARVE Error: id and provider shortcodes attributes are mandatory for old shortcodes. It is recommended to switch to new shortcodes that need only url

Annie Hall sort dans les salles huit ans et six films après le premier long-métrage de Woody Allen. Si un septième film situe la plupart des réalisateurs vers la fin de leur carrière, celui-ci ne fait que clore la parie introductive de la filmographie du réalisateur névrosé. Il est, en effet, un tournant majeur de l’épopée allenienne. Alors que ses premiers films sont uniquement humoristiques, Annie Hall est profond, personnel et toujours hilarant.

Photo (1) du film ANNIE HALL

Bien que nous nous intéressons ici au film en tant que tel, il n’est pas inutile de rappeler le contexte personnel de sa réalisation. Après une idylle, Woody Allen et Diane Keaton se séparent. Annie Hall est un grand moment de comédie et une œuvre initiatique quant au propos de Woody Allen, si familier aujourd’hui.

Le réalisateur écrit et met en scène leur histoire d’amour. Celle dont le vrai nom est Hall et le surnom Annie incarne courageusement son propre rôle biaisé par le regard de l’amant éconduit. Se prendre comme sujet d’analyse révèle égocentrisme, narcissisme et subjectivité, Woody Allen en est conscient et se dédouane de tout aveuglement en maniant la mise en abyme. Son personnage, Alvy Singer, met en scène une pièce de théâtre sur son histoire d’amour avec Annie Hall. Toute ressemblance avec des personnages réels n’est pas fortuite.

Photo (2) du film ANNIE HALL

Annie Hall est un grand moment de comédie et une œuvre initiatique quant au propos de Woody Allen, si familier aujourd’hui.

Maintenant, le film. Chose délirante, la réalisation est psychanalytique. La mise en scène en premier lieu ; Woody Allen met en miettes le 4ème mur et place le spectateur à mi-chemin entre le complice et l’analyste. Le montage ensuite ; Allen abandonne toute contrainte chronologique. La narration s’apparente à un saut de puces rappelant l’association d’idées et l’expression inconsciente. Bien que ses talents véritables de metteur en scène sont dévoilés plus tard dans sa filmographie (Manhattan – notre critique – et Match Point – notre critique -), Annie Hall propose une réalisation franchement  moderne et particulièrement plaisante.

Photo (3) du film ANNIE HALL

Ce film entame un discours que Woody Allen ne cessera d’étayer par la suite. En premier lieu, le couple. Durant tout le film, le couple à la sauce allenienne est la rencontre de deux égocentrismes, deux narcissismes qui, pour un temps, vont s’accorder et vibrer à l’unisson. L’alchimie sous la couette demeurant le seul indicateur fiable de la santé de la relation (freudien, non ?). Le couple ne peut donc pas être durable. Cette vision désillusionnée ne s’arrête pourtant pas là. Woody Allen termine le film (comme il l’a commencé) sur une histoire drôle (quelle audace !) : « this guy goes to a psychiatrist and says, “Doc, uh, my brother’s crazy; he thinks he’s a chicken.” And, uh, the doctor says, “Well, why don’t you turn him in?” The guy says, “I would, but I need the eggs.” Well, I guess that’s pretty much now how I feel about relationships; y’know, they’re totally irrational, and crazy, and absurd, and… but, uh, I guess we keep goin’ through it because, uh, most of us… need the eggs ». La vie est misérable et les relations sont une folie mais le réalisateur nous encourage au délire car l’amour dégage des espaces de bonheur. Ils sont d’ailleurs rendus de manière hilarante (scène des homards). L’Art est également un thème du film. Il est présenté comme l’outil permettant de se réapproprier une réalité souvent brutale et intolérable, la magnifier en quelques sortes. Le réalisateur reconstruit ainsi les scènes de ménages familiales de son enfance en tableaux truculents.

Si avec Annie Hall, Woody Allen gagne plus d’Oscars (film, réalisation, scénario, actrice) qu’avec n’importe lequel autre de ses films, nous lui préférons un sommet comme Manhattan. Il est néanmoins un grand moment de comédie et une œuvre initiatique quant au propos de Woody Allen, si familier aujourd’hui.

Je vous laisse avec quelques dialogues du film dans leur jus d’origine :

Alvy Singer: My grammy never gave gifts. She was too busy getting raped by Cossacks.


Annie Hall: So you wanna go into the movie or what?
Alvy Singer: No, I can’t go into a movie that’s already started, because I’m anal.
Annie Hall: That’s a polite word for what you are.


Alvy Singer: I don’t want to move to a city where the only cultural advantage is being able to make a right turn on a red light.


Annie Hall: Oh, you see an analyst?
Alvy Singer: Yeah, just for fifteen years.
Annie Hall: Fifteen years?
Alvy Singer: Yeah, I’m gonna give him one more year, and then I’m goin’ to Lourdes.

Alvy Singer: It’s mental masturbation!
Annie Hall: And you would know all about THAT, wouldn’t you?
Alvy Singer: Hey, don’t knock masturbation! It’s sex with someone I love.

Robin: There’s Henry Drucker. He has a chair in history at Princeton. Oh, and the short man is Hershel Kaminsky. He has a chair in philosophy at Cornell.
Alvy Singer: Yeah? Two more chairs they got a dining room set.

2
Laisser un commentaire

Please Login to comment
avatar
2 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
0 Comment authors
Maxime AntonyRomain Vasseur Recent comment authors
  S'abonner  
Récents Anciens Populaires
Notifications :
Romain Vasseur
Invité
Romain Vasseur

Un de mes Woody Allen préférés :)

Maxime Antony
Invité
Maxime Antony

Il est excellent mais n’atteint pas Manhattan (enfin en mon humble avis bien sûr)

[critique] Annie Hall

2