On a découvert Benjamin Rocher en 2010 grâce au film La Horde qu’il a co-réalisé avec Yannick Dahan, un zombie-movie à la française qui ne nous avait malheureusement pas convaincu. Nous le retrouvons 4 ans plus tard en compagnie de Thierry Poiraud pour la comédie horrifico-footballistique Goal of the Dead. S’agissant d’un film en deux parties, Rocher et Poiraud ont respectivement mis en scène la première et la deuxième « mi-temps » du film pour un résultat fun et barré. La sortie d’ANTIGANG est l’occasion de découvrir Benjamin Rocher s’essayer à un nouveau genre en vue d’un projet porté cette fois-ci en solo.

Serge Buren est un flic de légende, entouré d’une bande de jeunes flics aux méthodes peu conventionnelles.
Qu’importe qu’ils utilisent des battes de baseball ou « oublient » le règlement au cours d’arrestations spectaculaires, les résultats sont au rendez-vous ! C’est alors qu’un groupe de braqueurs meurtriers entre en scène, dévalisant avec une facilité déconcertante banques et bijouteries de la capitale, à coup d’armes de guerre et de scénarios imparables. Face à tant d’ingéniosité et de brutalité, Buren et son unité se retrouvent confrontés à une situation délicate :leurs méthodes expéditives suffiront-elles à arrêter ces criminels autrement plus machiavéliques ?

© SND

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Quand on se charge de la première partie d’un diptyque comme Goal of the Dead, c’est bien évidemment accepter de réaliser un film qui fait avant tout figure d’exposition au projet et qui ne basculera dans les choses sérieuses que dans son dernier tiers, là où la seconde mi-temps se montrera plus déjantée. Mais se retrouver seul aux commandes d’un film d’action a naturellement donné envie à Benjamin Rocher de nous dévoiler son savoir-faire en la matière. Des scènes de combats  à la fois dynamiques et stylisées où les poings cognent aussi forts que les battes de Baseball et autres béliers, des fusillades bruyantes et joliment orchestrées où les balles fusent impétueusement, des courses-poursuites intenses où la vitesse n’a d’égal que la tension ! Ce spectacle généreux, fluide et explosif s’accompagne d’une esthétique soignée où l’efficace mise en scène de Rocher accompagne la belle photographie de Jean-François Hensgens. Paris semble emprunt d’une nouvelle atmosphère, les plans sont bien sentis et certaines séquences sont sublimées par d’astucieux emplois du ralenti et du son.

“Un divertissement de haute volée, drôle et punchy !”

Bien que partant sur un postulat classique, le scénario d’ANTIGANG est loin d’être ennuyeux. Plutôt bien dicelé, il parvient à nous tenir en haleine durant cette enquête mais renforce également l’intérêt que l’on éprouve envers les personnages. Si le film démarre sur les chapeaux de roue grâce à une séquence d’action musclée et ludique, notre unité de choc se réunit ensuite dans un bar afin de fêter la réussite de cette mission. Ça boit, ça rit, ça se lance des vannes. L’attachement envers nos protagonistes est immédiat et l’on finit par ressentir une véritable cohésion de groupe. Une belle alchimie qui permet également au film d’afficher un bon équilibre entre action et humour. Ce résultat est rendu possible car Benjamin Rocher a su s’entourer du casting adéquat. La carrure imposante et le mojo de Jean Reno font qu’il s’impose sans forcer dans son rôle de flic vétéran devant gérer au mieux cette bande de cowboys qui forment son unité. Malgré tout, c’est bel et bien Alban Lenoir qui crève l’écran dans ce film. Le voir passer d’Un Français à ANTIGANG permet de constater davantage sa palette de jeu variée, et ici son personnage emporte immédiatement l’adhésion grâce à sa fraîcheur, sa drôlerie et ses habiliter à cogner !

Bien évidemment le reste du casting n’est pas en reste et qu’il s’agisse de la jolie Stefi Celma (très convaincante dans ce registre), Oumar Diaw (flic rookie au service de moments très drôles)  de Thierry Neuvic (excellent dans son rôle de patron au premier abord impassible) ou encore de Sabrina Ouazani (toujours irrésistible malgré ses apparaitions limitées), chacun apporte sa pierre à l’édifice et livre une bonne performance. Se voulant une comédie d’action dans la veine des productions américaines des années 80-90, Benjamin Rocher digère ses influences tout en conservant une ambiance propre au polar français. ANTIGANG s’impose au final comme un divertissement de haute volée, drôle et punchy et où la distribution excelle. Un plaisir !

LES AUTRES SORTIES DU 19 AOÛT 2015

INFORMATIONS

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Titre original : Antigang
Réalisation :  Benjamin Rocher
Scénario :  François Loubeyre, Tristan Schulmann
Acteurs principaux : Jean Reno, Alban Lenoir, Caterina Murino, Thierry Neuvic
Pays d’origine : France
Sortie : 19 août 2015
Durée : 1h30
Distributeur : SND
Synopsis :Serge Buren est un flic de légende, entouré d’une bande de jeunes flics aux méthodes peu conventionnelles.
Qu’importe qu’ils utilisent des battes de baseball ou « oublient » le règlement au cours d’arrestations spectaculaires, les résultats sont au rendez-vous !
C’est alors qu’un groupe de braqueurs meurtriers entre en scène, dévalisant avec une facilité déconcertante banques et bijouteries de la capitale, à coup d’armes de guerre et de scénarios imparables.
Face à tant d’ingéniosité et de brutalité, Buren et son unité se retrouvent confrontés à une situation délicate :leurs méthodes expéditives suffiront-elles à arrêter ces criminels autrement plus machiavéliques ? 

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[CRITIQUE] ANTIGANG

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