Présenté en compétition durant la 4e édition du Champs-Elysées Film Festival, APPLESAUCE est une comédie à la sauce new yorkaise, dans la manière des films de  – du moins dans ses grandes œuvres que sont Manhattan ou Hannah et ses sœurs. Le film précédent du réalisateur , Summer of Blood, fut d’ailleurs décrit en présentation d’APPLESAUCE comme « un film de vampire bizarre façon Allen ». Dans un esprit toujours décalé donc, et presque burlesque, Onur Tukel traite dans ce nouveau film des relations de couple, de l’infidélité partagée, tout en portant un regard sur les conflits nés des suites des événements du 11 septembre 2001 au Etats-Unis. S’il parvient à amuser sur l’ensemble de son œuvre, le réalisateur manque malheureusement de contenu pour maintenir notre intérêt durant une heure et demie.

Tous les mardis soir, l’animateur de radio Stevie Bricks invite ses auditeurs à appeler pour raconter leurs histoires. Et ce soir, Ron Welz est prêt à raconter la sienne. Mais très vite, il est rattrapé par son passé. Quand il reçoit des membres humains par la poste, sa vie s’écroule. Qui le tourmente ? Son étudiant insolent ? Son meilleur ami ? Sa femme ? Il y a huit millions de personnes à New York, huit millions de suspects…

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Avant la projection de son film, Onur Tukel expliquait avoir réalisé APPLESAUCE avec un très petit budget. Disposant de davantage de moyens que pour son précédent, cela reste un film réalisé avec peu de moyens. Et cela se remarque assez vite à la vue de son œuvre. Avec une qualité d’image plus que moyenne, le réalisateur nous balade dans les rues du vrai New York, en allant à l’essentiel dans sa mise en scène. Ayant conscience des contraintes qui s’imposent à lui, le réalisateur se lance dans une sorte de cinéma vérité par défaut. Son œuvre rappelle alors la série du comique du stand-up Louis C.K : Louis (2010- ). Une série qui fonctionne parfaitement dans un format d’épisodes de 25 minutes, mettant en image une histoire courte, une blague ou une situation comique pouvant être issue de l’un de ses shows. Dans cette optique, la chute est essentielle. On en retrouve d’ailleurs une excellente pour la conclusion d’APPLESAUCE. Malheureusement sur la durée d’un long-métrage, la blague semble étirée et finit par s’essouffler.

« Le film se contente de faire rire, beaucoup, mais avec une intrigue assez mince, on se lasse vite. »

Il s’agit là de mettre en scène la naissance d’un conflit au sein de deux couples après la révélation maladroite d’une « légère » tromperie. Comme souvent anodine pour certains (les trompeurs), moins pour d’autres (les trompés). De cette découverte les conséquences iront en s’aggravant. Les couples commencent à battre de l’aile, les amis menacent de se venger…Le film trouve donc son rythme dans les rebondissements et les révélations entre les quatre protagonistes. Pour compléter un peu l’ensemble, le réalisateur y va de son regard sur les conflits nés après les événements du 11 septembre 2001. Interprétant lui-même le rôle d’un instituteur, Onur Tukel trouve en une salle de classe le moyen d’émettre son opinion, mais sans aller plus loin dans la question. Le film se contente finalement de faire rire, beaucoup, grâce à des dialogues excellents et des situations hilarantes. Mais avec finalement une intrigue assez mince, on se lasse vite du quotidien des quatre amis au centre du film. APPLESAUCE reste agréable et amuse mais nous laisse sur notre faim.

APPLESAUCE est présenté en compétition au Champs-Élysées film Festival édition 2015.

INFORMATIONS

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– CEFF 2015 : ATMOSPHÈRES URBAINES : DETROIT
– CEFF 2015 : IMAGINAIRES AMERICAINS : DESERT
– CEFF 2015 : RETROSPECTIVE FRIEDKIN
– CEFF 2015 : SÉLECTION EMILIE DEQUENNE
– CEFF 2015 : la programmation
– CEFF 2015 : les films en compétition

 
Titre original :
Réalisation : Onur Tukel
Scénario : Onur Tukel
Acteurs principaux : Onur Tukel, ,
Pays d’origine : U.S.A
Sortie : prochainement
Durée : 1h30
Distributeur : –
Synopsis : Tous les mardis soir, l’animateur de radio Stevie Bricks invite ses auditeurs à appeler pour raconter leurs histoires. Et ce soir, Ron Welz est prêt à raconter la sienne. Mais très vite, il est rattrapé par son passé. Quand il reçoit des membres humains par la poste, sa vie s’écroule. Qui le tourmente ? Son étudiant insolent ? Son meilleur ami ? Sa femme ? Il y a huit millions de personnes à New York, huit millions de suspects…

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