L’annonce a eu l’effet d’un coup de foudre : BATMAN: THE KILLING JOKE, l’une des plus célèbres histoire dans la saga écrite par Allan Moore (Watchmen, V for Vendetta), allait être adaptée à l’écran sous format d’un film d’animation. Plus tard, on apprenait que Mark Hamill et Kevin Conroy serait ceux qui, une fois de plus, prêteraient leurs voix aux célèbres personnages Batman et le Joker. Il n’en fallait pas plus pour faire exploser Internet et pour que l’excitation soit à son comble.

Initialement prévu exclusivement sur DVD et Blu-Ray, l’effervescence autour de ce film a mené à ce qu’on lui trouve tout de même une petite place dans certaines salles de cinéma aux Etats-Unis, chose relativement rare pour les adaptations animées de bandes-dessinées. Aujourd’hui, après plus d’un an d’attente et malgré l’excitation initiale, le film reçoit des réactions mitigées de la part des fans mais aussi du public général.

BATMAN: THE KILLING JOKE nous raconte comment, une fois de plus, le Joker s’attaque au chevalier noir en prenant en otage et tentant de rendre fou le commissaire Gordon. Parallèlement, l’histoire revient sur une des origines potentielles du Joker. Futur père de famille, sa vie prend un mauvais tournant lorsque sa femme enceinte meurt dans un accident de voiture le même jour qu’il se fait piéger par des mafieux, ce qui le mène à sombrer dans une folie pure et permanente.

Photo du film BATMAN : THE KILLING JOKE

Malgré un synopsis relativement classique, The Killing Joke est en fait basé sur le conflit psychologique entre Batman et son ennemi juré. Le message du Joker est simple : n’importe quel esprit peut être brisé, même les plus résistants comme celui du commissaire Gordon. Ce combat psychologique est une des raisons pour laquelle cette bande dessinée est tant aimée par les fans. Allan Moore a pris plusieurs libertés, principalement avec le Joker qui se voit ici accordée une véritable origine.

Réalisée par Sam Liu, l’adaptation animée tente de retracer fidèlement l’histoire de base en s’accordant une certaine marge pour étoffer et rallonger cette histoire relativement courte. Le film contient donc une première moitié principalement focalisée sur le personnage de Barbara Gordon, la fille du commissaire qui assure également le rôle de Batgirl, dont le sort finira malheureusement entre les mains du Joker.

Même si elle permet de rendre plus longue l’histoire, c’est malheureusement cette première partie de l’adaptation animée qui finira par diviser les opinions. Certains y voient la possibilité de mieux connaître le personnage de Batgirl et arrivent à faire un lien direct avec l’histoire principale. D’autres, notamment les fans de la BD, considèrent cette première partie comme superflue et inutile. Beaucoup de personnes se posent la question : est-il vraiment nécessaire d’ajouter des éléments à une histoire pour avoir un film dont la durée dépasse l’heure ?

Deuxième polémique autour de cette première partie : Sam Liu nous propose une relation sexuelle entre Batman et Batgirl qui, en tant que tel, n’ajoute absolument rien à part attacher une certaine dimension sexiste à l’histoire. Après leur partie de jambes en l’air, Batgirl passe de femme forte à adolescente qui attend désespérément des nouvelles de son patron/amant. Ce qui, à la base, devait donc nous permettre d’emphatiser pour le personnage ne fait en réalité que la ranger dans une catégorie très stéréotypée de personnages secondaires féminins.

Photo du film BATMAN : THE KILLING JOKE

Evidemment, The Killing Joke possède ses points forts. Même si les premières trente minutes ne sont, en soit, pas tout à fait dégueulasse, le film décolle véritablement lorsque cette première partie se termine et que l’on passe « enfin » à la véritable histoire. C’est à ce moment là que l’adaptation prend tout son sens et que le film nous propose véritablement de quoi savourer. De plus, dans la version originale, Mark Hamill (le Joker) et Kevin Conroy (Batman) sont en terrain connu et sont donc tout à fait à l’aise dans leurs rôles. Les échanges entre les deux personnages sont riches et divertissants, et permettent de ramener l’audience dans des souvenirs d’enfance datant du célèbre dessin animé.

“Il ne suffit que d’une seule très mauvaise journée pour rendre complètement dingue une personne saine d’esprit.”

Il faut également souligner le caractère original de cette histoire qui permet de mieux comprendre la relation entre Batman et le Joker. Les deux sont inévitablement ennemis, mais se rendent bien comptent que leur relation est tout à fait atypique. L’histoire tourne véritablement autour de l’idée que la folie n’est pas un état mental réservé qu’aux personnes déjà instables. “All it takes is one bad day to reduce the sanest man alive to lunacy” (il ne suffit que d’une seule très mauvaise journée pour rendre complètement dingue une personne saine d’esprit). C’est une des rares occasions où le Joker fera preuve de clarté. Il est tout à fait conscient de son état mental mais parvient à s’expliquer avec beaucoup de lucidité.

BATMAN: THE KILLING JOKE n’est pas un échec sans néanmoins être une réussite. Les attentes des fans de la source originale étaient peut-être trop grandes, menant à d’inévitables déceptions. L’opinion générale semble néanmoins s’accorder sur le fait que cette première partie du film n’a que très peu d’utilité, mettant des bâtons dans les roues de cette histoire pourtant adorée à la base.

Le film sort en DVD et Blu-Ray le 3 aout en France et en Belgique.

Kieran Sparks
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Sérieux c le Batman le plus pourris que j’ai vu

Gaëtan
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Gaëtan

Pour moi c’est juste l’adaptation animée des “DC Comics Animeted Movies” mettant en scène Batman la plus mauvaise sortie à ce jour… Et ce final… Wow, c’est sûr que je suis resté bouche-bée mais peut-être pas pour de bonnes raisons :(

[CRITIQUE] BATMAN : THE KILLING JOKE

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