Affiche Beginners

Oliver, illustrateur a Los Angeles, collectionne les ex et les déceptions amoureuses. Quand son père, Hal, tire sa révérence après avoir fait son coming-out a 75 ans et rejoint avec entrain la communauté homosexuelle, Oliver se penche sur ses relations familiales et ses échecs sentimentaux. Et il hérite d’un chien philosophe et bavard. La dépression guette. Jusqu’au jour où il rencontre Anna…

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 15 juin 2011
Réalisé par
Film américain
Avec , ,
Durée : 1h44min
Bande-Annonce :

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Vous n’allez jamais voir de comédie romantique, la dernière ayant failli vous étouffer par trop-plein de guimauve et dégueulis de violons. Vous êtes d’ailleurs allergique à Hugh Grant et Julia Roberts. Vous avez bien raison, tant la grande majorité des « romcoms » (pour les intimes) est à pleurer. Pas d’émotion, juste de dépit devant de tels clichés à midinette. [pullquote]Le cinéma a cette qualité qui permet de livrer de belles œuvres dans n’importe quel genre… quand il est fait par des gens compétents.[/pullquote]

Mike Mills suit donc ici la voie ouverte par : ancien clippeur, il avait essayé de renouveler le genre avec « Eternal sunshine of the spotless mind », empreint d’une mélancolie rare. Largement autobiographique, «  » est un peu le pendant américain de « L’Un reste, l’autre part » de Claude Berri où ce dernier racontait, sous couvert de fiction, comment il avait rencontré l’amour au moment où son fils devient tétraplégique à la suite d’un accident de moto.

Ici, Ewan Mc Gregor, graphiste comme le réalisateur (on verra d’ailleurs dans le film beaucoup d’illustrations faites de sa main), plutôt effacé dans le film, rencontre la lumineuse Mélanie Laurent (le seul personnage réellement fictif et la meilleure idée du film) peu après la mort de son père (Christopher Plummer, formidable d’espièglerie jusqu’au dernier souffle) qui avait fait son coming-out à 75 ans. Le reste du casting est composé de deux incongruités: Goran Visnjic, le Croate échappé de la série « Urgences », est parfaitement ridicule en amant du père. On a la désagréable impression que s’il jouait un attardé mental, il ne s’y prendrait pas autrement. Deuxième bizarrerie: le chien, qui « parle », mais uniquement au travers de sous-titres, nous offre les scènes les plus drôles.

Pris entre ces deux évènements, un positif et un négatif, le héros oscillera tout au long de l’histoire entre hauts et bas, à l’image du film. Si la mise en scène emballe le tout avec ces bonnes idées (le chien, la première rencontre muette, la présentation des époques à travers des cartes postales…), le propos fait un peu du surplace et on laisse l’intrigue à la fin à peu près au même endroit qu’on l’a trouvée au début. C’est une volonté affichée, le film devant son titre à une théorie du réalisateur disant qu’en matière de relations humaines, nous sommes tous des débutants et qu’on doit régulièrement repartir de zéro. Il a aussi voulu brasser trop de thèmes, se voulant tour à tour romcom au 1er degré, manifeste gay, film sur le deuil, la dépression… sans aller toujours au bout de son sujet. On a envie de lui dire que « qui trop embrasse mal étreint », un comble pour le genre.

Cette oscillation entre deux genres, son humour sur des choses graves en même temps que son incapacité à être heureux même dans les bons moments n’efface pas les (nombreuses) qualités du film mais l’empêchent d’atteindre les fleurons du genre: pas assez lumineux pour emballer comme « (500) jours ensemble » et pas assez sombre pour toucher comme « Two lovers ».

Photo Beginners