A 24 ans, Jack sort de prison où il a passé toute son adolescence pour un meurtre qu’il a commis lorsqu’il était enfant. Dès sa libération, Terry, assistant social, l’emmène le plus loin possible de ce scandale encore présent dans tous les esprits. Terry lui donne un autre nom, lui trouve un travail, une maison.

Dans cette ville d’Angleterre qu’il ne connaît pas, Jack se construit une nouvelle vie à laquelle il tente de se tenir. Mais si l’anonymat est un répit, il est aussi une douloureuse contrainte puisque Jack ne peut révéler à ses nouveaux collègues ou amis, et à la fille dont il tombe amoureux, la vraie nature de son passé. Jusqu’au jour où, par hasard, Jack devient un héros local et que sa photo apparaît à la une des quotidiens…

Note de l’Auteur

[rating:7/10]


Date de sortie : 25 février 2009
Réalisé par
Film britannique
Avec , , Katie Lyons
Durée : 1h 40min
Bande-Annonce :


BOY A Bande annonce
envoyé par pyramidedistribution. – Regardez des web séries et des films.

Le cinéma anglais fait une nouvelle fois des vagues et nous procure un moment de cinéma intimiste, à la fois pessimiste et optimiste, accusateur et salvateur, un drame à l’anglaise tout simplement.

Boy A est un film puissant, déroutant, qui nous entraîne sur les pas d’un jeune homme (Jack), tout juste sorti de prison pour un meurtre qu’il a commis alors qu’il n’était qu’un adolescent mais dont le spectateur ignore le fond réel. Qu’a-t-il réellement fait ? Est-il réellement coupable ? Est-il le monstre que les médias décrivent ? A-t-il changé ? Toutes ces questions naissent au sein de l’esprit des spectateurs qui découvrent devant eux un être déstabilisé, doux et chétif, un être perturbé, écorché vif, qui n’est pas ressorti indemne de cette adolescence massacrée, ratée, passée dans une prison.

Car Jack a désormais 24 ans et l’événement qui a secoué sa vie à tout jamais s’est déroulé lorsqu’il avait à peu près 11 ans.

Andrew Garfield, que l’on a pu retrouver dans et Lions Et Agneaux, réalise ici un véritable coup de maître en interprétant tout en nuance et retenue ce jeune écorché vif qui découvre la vie et qui rattrape petit à petit ces années perdues. On s’attache progressivement à cet être effacé, timide et l’on finit par oublier qu’il s’agit d’un meurtrier. On lui pardonne.

En ce point, le réalisateur John Crowley, dont c’est le deuxième film après Intermission, démontre un réel talent de dramaturge en oscillant entre le quotidien de Jack qui commence peu à peu à reprendre goût à la vie et sa personnalité passée révélée au compte-goutte pour multiplier l’impact de son acte. Le réalisateur met de ce fait en exergue des notions aussi importantes que contestables tels que le pardon et la réhabilitation sociale. Doit-on pardonner les actes d’un jeune adolescent naïf et influençable ? Peut-on et doit-on croire au changement ? Autant de questions qui émergent au fil des minutes et qui nous laissent perplexe quant à notre propre approche du problème. Car si la caméra est fixée sur le coupable et sur son évolution, les fantômes des proches de la victime rodent indiscutablement et rendent l’atmosphère du film asphyxiante.

Le final digne des plus grands drames britanniques tel que le trop méconnu en France finit d’enterrer le spectateur sous ce déluge d’émotions vives entre la dernière scène qui nous écarquille les yeux en nous touchant en plein cœur et la révélation de l’acte commis.

John Crowley bouleverse les codes du cinéma du genre en ne finissant pas son film sur un ton ni tout noir, ni tout blanc, en pointant du doigt ou en pardonnant au jeune héros avec une morale mielleuse mais met la lumière sur sa condition humaine tout simplement.

C’est véritablement le sujet principal de Boy A, sujet difficile à mettre en scène qui a vu bon nombre de réalisateurs foncer droit dans le mur : l’Homme dans son plus simple appareil, l’Homme sans artifices, l’Homme dans ce qu’il y a de plus pervers et de plus vertueux, nos voisins, nos amis, nos parents, nous.