Il y avait de quoi être surpris à l’annonce de cette suite : le retour du surfeur winner ascendant snowboarder était tout aussi inimaginable qu’incongru. Lui qui fut un véritable phénomène dans les cours de récré (et pas que ?!), le cultissime BRICE DE NICE semble être maintenant passé de mode. Inégal mais original, ce vaste sketch d’environ 1h30 avait fait complètement le tour du concept. Et l’on croyait surtout son interprète Jean Dujardin destiné à d’autres envolées cinématographiques depuis la période The Artist. Difficile alors de penser une seule seconde que le plus grand casseur de tous les temps reviendrait dans les salles obscures. Pourtant, ce BRICE 3 (Parce que le 2 il l’a cassé, et n’existe donc pas !) offre enfin à ce personnage bête mais drôle une vraie grande aventure : le niçois se retrouve en effet à des milliers de kilomètres de sa ville natale dans le but de sauver son meilleur ami Marius, incarné par Clovis Cornillac… L’occasion pour notre éternel adolescent de retrouver, par exemple, un certain Igor d’Hossegor (Bruno Salomone).

Photo du film BRICE 3

© Christine Tamalet / 2016 Mandarin Production – JD Prod

En n’en attendant rien de particulier, on finit par être surpris par l’effort fourni pour donner une suite convenable à un film vieux de 12 ans. Car dans BRICE 3, ils ne se sont donnés aucune limite : cela part très loin dans la farce, c’est du beau n’importe quoi, mais c’est cela qui donne un ton déluré et « con »plètement délirant à ce film que l’on pourra même trouver meilleur que l’original. De trop nombreux détails nous échappent parfois tandis que les situations débiles et décalées arrivent à nous décrocher quelques rires bien prononcés. L’humour est dans l’ensemble bien barré, à la limite du cartoonesque ou parfois bête et méchant… mais tout est entièrement assumé. Il y a du voyage et des couleurs, du sourire et du soleil, de la neige et des gros pouces, du manga et des Kass Contre Kass, des vannes et un générique de fin truffé de blagues.

”Il y a du voyage et des couleurs, du sourire et du soleil, de la neige et des gros pouces, du manga et des Kass Contre Kass”

On remarque par ailleurs très vite que les acteurs ont pris beaucoup de plaisir à retrouver leurs personnages. On y verrait presque même une thérapie pour Jean Dujardin qui a affirmé à plusieurs reprises s’être perdu durant ces dernières années. Alors, si l’on arrive à mettre son cerveau en veilleuse comme Brice sait si bien le faire, il se pourrait que l’on se prenne au jeu et que l’on ressorte de la salle de cinéma avec une énorme banane sur le visage. Car il faut bien avoir en tête que BRICE 3 n’a pas de grandes prétentions, simplement celle de n’être qu’une grosse blague. Même la morale du film finit par être « cassée » par le personnage, comme pour dire qu’il faut juste prendre le film comme il est, sans se soucier d’un quelconque message ou d’un but particulier derrière.

Photo du film BRICE 3

© Christine Tamalet / 2016 Mandarin Production – JD Prod

Malgré tout, le concept n’évolue pas, bien qu’il soit dépoussiéré et transposé dans un univers plus fun et exotique. Puisqu’il n’y a plus d’effet de surprise propre à tout premier opus, on y retrouve beaucoup de références et quelques lueurs de réchauffé. La dernière partie du film finit également par lasser, sans doute à cause du trop-plein de mégalomanie (on y voit du Brice et du jaune partout !) et des séquences moins efficaces qui cassent le rythme du début.
Là encore, on ne peut que constater que le concept offre ses limites. Tournant toujours autour des mêmes éléments et des mêmes personnages, il n’a finalement d’autre choix que d’offrir un faux-semblant de nouveauté. En cela, il faut alors appréhender ce BRICE 3 comme un film de retrouvailles, procurant cette sensation géniale de revoir après tant d’années un bon vieux pote qui est resté (un peu trop ?) le même.

Quoi qu’il en soit, ce film où le lâcher-prise doit être total, fait du bien. S’il sera peut-être difficile de faire mieux que les 4 millions d’entrées du premier volet, il se pourrait que ce BRICE 3 fun et ensoleillé arrive à trouver son public. Certains ne le comprendront pas, mais d’autres risquent une nouvelle fois de se laisser entraîner par la vague : les nostalgiques, les curieux, ou encore les jeunes qui ne connaissent pas encore Brice y mettront certainement beaucoup de cœur pour remettre au goût du jour le phénomène (les “j’t’ai casséééé” en cour de récré ou en pause clope)… Avec ça, une chose est sûre : on n’a pas fini de rire jaune !

Yohann Sed

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