Affiche du film BROKEN

Après avoir été témoin d’une agression brutale, Skunk se rend compte que la maison où elle vit, son quartier, son école, lui sont devenus étrangers, presque hostiles. Les certitudes rassurantes de l’enfance ont laissé place à l’inconnu et à la peur. Et, alors qu’elle se tourne vers un avenir devenu soudain plus sombre, son innocence n’est plus qu’un souvenir. En cherchant le réconfort dans l’amitié muette de Rick, un garçon doux mais abîmé par la vie, Skunk va se trouver confrontée à un choix. Poursuivre un chemin dans lequel elle ne se reconnaît plus, ou quitter les ruines de son ancienne vie…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 22 août 2012
Réalisé par Norris
Film britannique
Avec , , ,
Durée : 1h30min
Titre original : Broken
Bande-Annonce :

Ah la jeunesse… Quand on est jeune, adolescent plus précisément, on en fait des erreurs. Et des erreurs qui peuvent amener à de gros problèmes. On pourra parler de règlements de comptes à base d’un mensonge d’ado qui éviter les problèmes avec ses parents. Ca arrive à tout le monde, et les situations qui en découlent sont le plus souvent horribles.
Quand l’enfant qui va bientôt arriver à l’adolescence est le point central du récit, le témoin de toutes les situations. Elle, qui est sage et espiègle, est témoin de la violence, de l’injustice, du mensonge et de la maladie qui règnent dans la vie adulte. Elle ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe autour d’elle, mais elle sait que le destin est cruel et les gens en sont les premiers conceveurs.

Mais ce n’est pas tout. Cette jeune fille pré-adolescente découvre aussi l’amour. Comme tout enfant de son âge, on commence à le vivre mais il faut aussi le comprendre. Pourquoi est-ce si compliqué ? Le programme du récit de est donc annoncé comme vaste.
C’est donc dans un cul-de-sac où résident trois familles pas vraiment amies où se déroule toutes ces situations injustes. Choix très habile tant le voisinage y vient apporter sa touche de curiosité qui crée les principales situations violentes.

On notera également cette incroyable mise en scène, où on pourra une nouvelle fois parler de « mise en scène à l’anglaise ». Ca se perçoit une fois de plus dans la direction d’acteurs. Ce n’est pas pour rien qu’on se prend d’affection pour la petite Skunk (où Eloise Laurence prouve qu’elle a surement une belle carrière qui l’attend).

Photo (1) du film BROKEN

Broken est un film qui montre ce qu’un père peut faire pour ses enfants dans une société où la violence, l’injustice, la maladie et le mensonge sont omniprésents.

Cependant, il y a un petit problème dans le film. A force de vouloir empiler la violence, l’injustice, le mensonge et la maladie, on a l’impression que Rufus Norris veut tout expliquer vite pour dire tout ce qu’il veut dire. Grosse erreur. Vaut mieux en couper et détailler que tout dire et ne pas partir en profondeur.
Mais heureusement pour son film, Rufus Norris n’use pas trop des flashbacks et permets ainsi une belle cohésion et le spectateur ne s’y perd pas. D’où le fait d’avoir choisi une pré-adolescente comme point central du récit et de voir toute l’histoire à travers elle.

En fin de compte, on pourrait presque résumer tout cela en disant que le film ne cherche pas à aller plus loin que le mélodrame. Des fois, on pourrait croire que le metteur en scène anglais va nous lâcher un instant d’horreur décalé mais non, il reste au drame et s’englue là-dedans.
On pourra noter que pour mieux accentuer les situations de violence, de maladie, d’injustice ou de mensonge, le metteur en scène anglais nous offre une bande originale magnifique à l’écoute. Rien que la scène d’intro nous plonge sa poésie mélodramatique et on sait qu’on ne restera pas insensible à l’amour porté dans le film.

Finalement, Broken est un film qui montre ce qu’un père peut faire pour ses enfants dans une société où la violence, l’injustice, la maladie et le mensonge sont omniprésents. Doté d’images éblouissantes et d’une bande originale douce à l’écoute, le film a tout de même le piège de se fixer sur son mélodrame en voulant aller trop vite. Le film s’échappe au déterminisme social qu’on a l’habitude de voir au cinéma, et ça fini par donner une claque au spectateur.

Photo (2) du film BROKEN