Sam & Grace forment un couple parfait et sont les parents de deux petites filles. Sam est envoyé par l’ONU en mission à l’étranger et confie à Tommy, son frère tout juste sorti de prison, le soin de s’occuper de sa famille. Lorsque Sam est porté disparu et présumé mort, Tommy et Grace se rapprochent contre toute attente. C’est alors que Sam revient du front…

Note de l’Auteur

[rating:3/10]


Date de sortie : 3 février 2010
Réalisé par Jim Sheridan
Film américain
Avec Jake Gyllenhaal, Tobey Maguire, Natalie Portman
Durée : 1h 45min
Bande-Annonce :

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J’attendais beaucoup de ce film pour une seule et unique raison, son réalisateur. Jim Sheridan est l’un des trop rares réalisateurs à m’embarquer entièrement dans des histoires intensément humaines, des balades irlandaises où l’homme est au centre des émotions comme l’ont été My Left Foot, Au Nom Du Père et The Boxer pour ne citer que ces trois-là. Mais en même temps, plutôt que de me jeter à pieds joints dans la gueule du loup comme je l’avais fait avec In America, j’avançais à reculons pour une seule et unique raison : Tobey Maguire. Je ne sais pas c’est peut-être physique mais je trouve cet acteur atrocement mauvais et dénué de crédibilité. Pour Spiderman par exemple il s’agit de la plus grosse erreur de casting de la décennie. Pour ainsi dire, la seule fois où je l’ai trouvé assez bon c’était dans Las Vegas Parano. Là c’était du Maguire dans toute sa splendeur ! Avec Brothers j’avais un peu peur que le monsieur sape l’ensemble et transforme une aventure humaine en un fiasco total et j’avais raison même si tout n’est pas forcément de sa faute.

Pour en revenir au cas Maguire, je dirai simplement qu’il est loin d’être convaincant en tant que père de famille et pas crédible pour un sou en tant que soldat. Il enchaîne les faux pas avec une facilité déconcertante, plongeant à chaque fois les deux pieds en même temps dans les clichés lamentables du genre. A mon humble avis, si les rôles avaient été changés entre les deux frères, le film aurait paru beaucoup plus convaincant. Et encore, Jake Gyllenhaal est le seul à maintenir un minimum l’embarcation à flot, donc laissons lui ce rôle de paumé tout juste sorti de prison. Concernant Nathalie Portman qui conclue se trio de tête nous ne dirons pas qu’elle est mauvaise mais nous dirons simplement qu’elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’on lui donne, c’est-à-dire pas grand-chose au final hormis une succession de phrases bateaux du style « emmène-moi avec toi » lorsque son mari part à la guerre ou « je t’en supplie ne t’en va pas », bref cliché, cliché et… surprise, encore cliché !

Et que dire de l’histoire de Brothers ! Car des choses à dire il y en a et pas qu’un peu. Indigeste et excessive dans ses propos, elle enchaîne avec une rapidité inimaginable les clichés du genre. Je commence réellement à arriver à saturation avec ces réalisateurs qui veulent à tout prix mettre leur grain de sel dans le conflit irakien et tout ce qui s’ensuit : l’horreur de la guerre, le traumatisme qu’elle engendre sur les hommes, le dur retour à la réalité… tout cela n’est qu’un ramassis de bons sentiments à deux sous un peu comme quand James Cameron prêche l’écologie en dépensant de centaines de millions pour des figurines fabriquées à base de pétrole pour ne citer que cet exemple. Pour en revenir au conflit irakien, il ne faut pas s’enlever de la tête que les Etats-Unis est une nation ne reposant que sur la violence, l’esclavage et la domination. On a besoin de pétrole ? Pas de soucis on va taper sur la tête des orientaux et hop problème réglé ! On doit fuir notre misère et trouver une nouvelle Terre plus propice à notre épanouissement ? Toujours aucun problème à l’horizon, on massacre les indiens et le tour est joué ! Je crois que je vais m’arrêter là car je m’égare un peu du sujet initial. En tout cas tout ça pour dire qu’un tel choix de la part de Sheridan me parait malvenu, le réalisateur ayant toujours pointé du doigt les vices de l’Homme et de la société, à ses débuts en tout cas.

Au final, Brothers est un peu comme une île flottante dont les œufs n’auraient pas été montés en neige, un ensemble casse-gueule auquel vient s’ajouter une histoire qui a bien du mal à capter toute notre attention du début à la fin. Pour le coup, Jim Sheridan, après avoir essuyé un méchant revers avec Réussir Ou Mourir, aurait mieux fait de retourner à un domaine de prédilection dans lequel il excelle : les drames irlandais.

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Elo
Invité
Elo

Je trouve cette critique excéssive et certainement pas juste!Tout d’abord, les acteurs sont brillants et j’ai justement trouvé que le réalisateur a su éviter les clichés. Peut être est ce une réalité que certains cherchent à éviter mais c’est comme ça!Cliché? C’est sûr que si votre mari ou femme part à la guerre vous allez lui dire “pense à me ramener un souvenir” et pas “ne pars pas”…?!Donc ça n’est pas du cliché, juste la réalité encore une fois!Je ne vais pas m’étaler mais avant de se permettre de critiquer de la sorte ce film, peut être devriez vous le revoir…il ne s’agit pas du conflit irakien mais AFGHAN ce qui n’a rien à voir!Si vous avez tout compris à l’envers dans le film cela explique sûrement pourquoi vous avez cet avis!

Wesley
Invité
Wesley

@ Elo : peut-être qu’une phrase comme “Ne t’en va pas” arrive à vous convaincre, moi pas et certainement pas celle qui la précédait et qui était simplement incompréhensible : “Emmène-moi avec toi”. Je me suis cru en présence d’une mauvaise réplique d’Audrey Tautou.

Pour votre part, je pense que c’est vous ou votre naïveté qui vous pousse à affirmer que le conflit irakien n’a rien à voir avec le conflit afghan. Alors certes ma phrase est pour le coup erroné mais le premier n’est que la continuité du premier si l’on se penche un minimum sur le sujet.

Ensuite, pour ma part le film et cliché et je l’affirme et haut fort, il n’est qu’une succession de tout ce que l’on a vu sur le sujet ces dernières années. Alors soit vous ne les avez pas vu (ce que je pense fortement) soit je ne comprend pas que vous n’avez pas eu le sentiment d’avoir déjà vu cent fois la même chose.

Et enfin, vous n’avez pas non plus vu la filmographie en entière de Jim Sheridan pour affirmer que le film est bon alors qu’il essai pendant plus d’heure trente de nous embarquer dans un pathos affligeant de médiocrité.

Chloé
Invité
Chloé

Je ne suis pas d’accord avec vous.
Je connais beaucoup de jeunes couples dont le mari est militaire, vocation qui en France est peu connue. Je parle de vocation, car c’en est une.
Nous voilà confortablement installés derrière nos ordinateurs à critiquer un film qui traite d’un sujet trop rarement évoqué : les soldats qui reviennent choqués, inadaptés auprès de leurs familles.
Considérez tout de même que ce vous trouvez cliché n’a que très peu été évoqué dans les récents films de guerre : on parle de guerre, d’armes, mais parle-t-on de ce qu’un jeune homme emporte dans son quotidien, à son retour?
Quant à sa crédibilité en père de famille, je ne comprends pas de quoi parlez, y a-t-il une façon d’être “crédible”, plus qu’une autre? Au contraire, j’ai beaucoup aimé cette jeunesse, cette pureté qui transparait de son visage frais et qui ressemble beaucoup à ces visages de jeunes pères de famille que l’on voit, crâne rasé, une ribambelle d’enfants, et leur jeunes femmes qui sacrifie beaucoup pour rester à leurs côtés.
J’ai été émue par ce film, car il me rappelle l’histoire de certaines de mes amies parisiennes qui se sont mariées avec des militaires qui sont eux aussi partis en Afghanistan, au Liban pendant de longs mois. Ces femmes quittent leur ville, leurs amis pour vivre auprès de leurs maris en province, et ce sont des choix incompréhensibles pour beaucoup d’entre nous, qui quittons nos compagnons au premier problème et vivons de façon individuelle. Elles attendent avec une angoisse profonde que leur homme revienne de terres en guerre.
Que savons nous de la guerre aujourd’hui en France?
Ces hommes sont les seuls à la vivre.
Ce film n’est pas un cliché, ce qui est un cliché aujourd’hui c’est de montrer des couples qui se déchirent, qui se trompent, des familles re re re re composées, et pour une fois on nous montre magistralement une famille qui se bat pour rester unie.
C’est bien là une qualité des films américains : ne pas avoir honte de valeurs qui ne sont pas “trendy”. Qui aujourd’hui parle de famille, de fidélité, de courage?
Pas en France en tout cas.

Hélène
Invité

Tout en respectant votre avis sur ce film, je me permet ici de vous signaler le mien, en opposition au vôtre.

Si le fait d’apprécier une personne qui vous soutient dans une épreuve aussi dure que le deuil est une atteinte aux valeurs familiales, qu’en est-il des films montrant des divorces comme de vulgaires banalités? Nathalie Portaman “ne se jette pas” dans les bras de Jake Gyllenhaal, le seul rapport physique entre les deux personnages étant un chaste baiser: c’est la souffrance qui est montrée dans cette scène. Grace est perdue, essaie de se retrouver en tant que femme, sa confiance en elle-même envolée.Pour les conflits militaires, c’est bel et bien une réalité dans la vie des américains: il est donc logique que les réalisateurs se penchent sur le sujet. De plus, le trio, qui ne manque pas de sensibilité, est au centre de l’intrigue, offrant un aperçu psychologique sur ce genre de situation si peu représentée au cinéma…L’originalité est au rendez-vous,réussie et enrichissante.

Voir ce film comme un brillant témoignage, pouvant servir de support à des réflexions plus élevées tels que la liberté, l’amour et l’espoir serait peut-être le meilleur moyen pour apprécier entièrement ce film. Le public ne doit pas forcément se croire le devoir de donner son avis sur la plupart des oeuvres cinématographiques.Jim Sheridan nous donne ici sa vision des choses, mieux vaut tenter de la comprendre pour comprendre la plupart des américains en deuil:ceux qui n’ont pas choisi d’être là, d’être la première puissance au monde, et qui n’ont pas voulu de tous ces conflits.

[critique] Brothers