Demi-frères, Joël et Régis n’ont en commun que leur père qu’ils connaissent à peine.
Joël est au chômage et pas vraiment dégourdi. La France, « pays raciste » selon lui, est la cause de tous ses échecs et être noir est l’excuse permanente qu’il a trouvée pour ne pas chercher du travail ou encore payer son ticket de bus.
Régis est de son côté totalement intégré. Tant et si bien, qu’il renie totalement sa moitié noire et ne supporte pas qu’on fasse référence à ses origines. Délinquance et immigration vont de pair si l’on en croit ses paroles.
Réclamés au chevet de leur père mourant aux Antilles, ils reçoivent pour tout héritage l’acte d’affranchissement qui a rendu la liberté à leurs ancêtres esclaves, document qui se transmet de génération en génération.
Faisant peu de cas de la richesse symbolique de ce document, ils le déchirent.
Décidée à les punir pour le geste qu’ils viennent de faire, une mystérieuse vieille tante qui les observait depuis leur arrivée aux Antilles décide de leur faire remonter le temps, en pleine période esclavagiste ! Parachutés en 1780, ils seront vendus au marché comme esclaves. Les deux frères vont alors devoir s’unir, non seulement pour s’évader de la plantation mais aussi pour trouver le moyen de rentrer chez eux, au XXIe siècle.

Note de l’Auteur

[rating:3/10]

Date de sortie : 6 juillet 2011
Réalisé par , ,
Film Français
Avec Fabrice Eboué, Thomas Ngijol, ,
Durée : 1h34min
Titre original :
Bande-Annonce :

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Voilà, résumé en quelques phrases, tout ce qu’il y a à retenir des grandes lignes de Case Départ : Le racisme, c’est mal. Non, la France entière n’est pas guidée par une volonté de discrimination au faciès. Il ne faut pas renier ses origines sous prétexte d’intégration. Les esclaves sont des gens qui ont beaucoup souffert, ne les oublions pas.

Dommage qu’il n’y ait là que des banalités brassées dans le fond commun. Quand on veut traiter d’un sujet aussi délicat que l’intégration en France, et des préjugés que les uns et les autres véhiculent autour de ça, il faut beaucoup de profondeur et de finesse. Case Départ, lui, ne remue que du vent. L’intention originelle est certes louable, mais Case Départ est porté par trois réalisateurs : Thomas Ngijol, Fabrice Eboué, et Lionel Steketee. Deux des ces réalisateurs (Fabrice Eboué et Thomas Ngijol) sont également les scénaristes et les acteurs principaux. A partir de là, conserver du recul sur sa propre création devient délicat. C’est un échec pour Case Départ.

[pullquote]Cette comédie aligne laborieusement les gags potaches, sur un fond historique des plus approximatifs, portée par un ton moralisateur exaspérant.[/pullquote] Les deux premières minutes du film nous annoncent instantanément son intrigue, son déroulement, et sa résolution. Thomas Ngijol campe un banlieusard voleur, menteur, fainéant et souffrant légèrement du syndrome de persécution. Pascal Eboué nous apparaît dans le rôle d’un fonctionnaire, métis, prêt à toutes formes de xénophobie et d’intolérance pour se sentir français. Assumés, ces personnages exacerbés trouveraient leurs places au sein d’une comédie fraîche et bien rythmée, mais c’est ici loin d’être le cas. Les acteurs se prennent au sérieux dans une situation qui se prend au sérieux. La mise en scène tourne en rond, et certaines scènes frôlent régulièrement le vulgaire. Cerise sur le gâteau, faut-il le préciser, les dialogues sont « lourdingues ».

Au milieu de tout ça, les deux acteurs tentent comme ils peuvent de mener à bien leur visée pédagogique. Ils schématisent et expliquent. Le spectateur, lui, s’ennuie. La comédie est trop gentille pour être ambitieuse, les propos tenus trop simplifiés pour être mordants. En voulant éviter les clichés, le film les multiplie. Pascal Eboué et Thomas Ngijol nous offrent pourtant un jeu sincère et prometteur, on les sent investis de bons sentiments. Mais rien n’y fait, le courant ne prend pas, et les autres comédiens ont l’air de s’être perdus chacun dans la mauvaise ébauche de personnage qu’on leur a proposé. En bref, Case Départ ne se révèle qu’être la copie studieuse de deux élèves qui valent pourtant mieux.