Affiche du film CHAIKA

C’est une histoire d’amour entre une prostituée et un marin raté. Cette histoire se lit et se déploie à travers deux saisons : l’éternel hiver de la Sibérie et l’été poussiéreux des steppes du Kazakhstan. Le jeune Tursyn revient sur son histoire familiale, dont le roman s’écrit en pointillés. Il revient à la maison pour voir sa famille, ou ce qu’il en reste : un vieux nomade à l’agonie et un père qui semble être devenu le naufragé de sa propre vie. Les deux hommes vont lui rappeler les vagues souvenirs d’enfant qu’il a gardés de sa mère.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : Inconnue
Réalisé par Miguel Ángel Jiménez
Film espagnol
Avec Salomé Demuria, Giorgi Gabunia, Bachi Lejava
Durée : 1h40min
Titre original : Chaika
Bande-originale :

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Quand le réalisateur Miguel Angel Jimenez et le co-scénariste Luis Moya vous disent que ce film est fait avec grande affection et qu’on voit le début du film, on se demande ce qui a dans leur tête. On se dit qu’ils ont l’air d’avoir un esprit sacrément tordu. Même si on sait que les espagnols aiment beaucoup les femmes. On aurait pourtant un peu de mal à parler de relève pour l’après Almodovar.

En effet, ce film a une femme et un homme comme protanogistes. Et ce film nous raconte leur histoire d’amour à travers un parcours semé d’obstacles. Des péripéties qui viennent avec le contraste amené par les portraits de deux pays. Un portrait social de la Russie et un portrait social du Kazakhstan.

On comprend peu à peu, et non pas tout de suite, qu’il s’agit en fait d’un jeune homme qui revient dans sa famille pour nous raconter son enfance. En voix-off et des fois en courte apparition, ce jeune homme nous retrace son passé dont il a de vagues souvenirs. Il essaie juste de se souvenir de sa mère, en vain.
Photo du film CHAIKA

Entre portrait social de deux pays et les passions au sein d’une famille, ce film qui se souvient de son passé reste tout de même une belle histoire d’amour.

Mais là n’est pas le plus important, étant un point qui occupe peu de minutes dans le film. Car ce film est plus centré sur l’histoire d’amour portée entre la prostituée et le marin raté. Déjà deux profils établis, deux caractères stéréostypés par les scénaristes. Et la mise en scène ne change cela en rien. C’est bien dommage, car il y avait beaucoup mieux à faire.

Miguel Angel Jimenez trace ici le portrait de deux pays souvent hostiles et qui amène tout un lot de malheurs. En intégrant évidemment les passions qui unissent et désunissent une famille quelconque. Quand des frères se disputent pour une seule femme, quand on retrouve ses parents, quand on ne veut pas quitter sa belle campagne pour la ville, quand on a un boulot de merde.

Bien que les années passent relativement vite dans ce film, l’histoire d’amour que l’on a vu des milliers de fois au cinéma n’en reste néanmoins charmante. Surtout dû, aussi dans ce film, au charisme des acteurs principaux qui font tout pour garder une complicité afin de ne pas perdre le spectateur dans la relation unissant les protagonistes et un amour tardivement avoué.

Ce film n’est pas seulement doté d’un scénario / récit en demi-teinte ni d’une mise en scène bancale. Il contient également une merveilleuse photographie. Des plans d’ensemble qui vont vous illuminer les yeux, des couleurs à faire passer les arcs-en-ciel pour de l’amateur, une lumière qui arrive pour éclairer avec grâce les personnages.

Finalement, Chaika est un film en demi-teinte. A la fois un peu cliché, il arrive à tirer un peu de charme avec ses acteurs au top de leur forme. Entre portrait social de deux pays et les passions au sein d’une famille, ce film qui se souvient de son passé reste tout de même une belle histoire d’amour. En rythme à dents de scie, le réalisateur espagnol a quand même su avoir une éblouissante photographie, première chose que l’on retient en sortant du film.